Que peut signifier la notion de vérité pour une pensée de la création ? Telle est, brutalement exprimée, la question qui se pose à la lecture de l'oeuvre de Castoriadis. L'un des aspects les plus novateurs et stimulants de celle-ci est sans doute d'avoir montré que la société, toujours auto-instituée, est à saisir à partir de significations imaginaires qu'elle crée, et qui la structurent en retour : source de sens, elles spécifient notamment ce qui est juste et ce qui est injuste, indiquant par là ce qu'il convient de faire ou non - de telle sorte que leur légitimité semble hors de tout questionnement. Cette remarque, qui suffit à manifester la possibilité de leur mise en cause, souligne que nous vivons dans une société pour laquelle la vérité se comprend, non comme reconnaissance d'un ordre particulier ou accueil d'une révélation, mais bien comme objet de recherche. Le deuil accepté de la saisie de l'Absolu ne conduit pourtant pas Castoriadis à réduire l'objectivité à l'ordre de l'intersubjectivité. La pensée humaine structurée par la logique classique, qu'il nomme ensemblisteidentitaire, est à même d'énoncer des vérités, assure-t-il. Ainsi, bien qu'échappant à toute structuration possible, l'être serait partiellement appréhendable par un logos spécifique, fruit d'une création historique ; ce qui laisse quelque peu perplexe. N'est-ce pas le lot de toute grande pensée qui, chaque fois, porte unregard neuf sur les domaines du pensable ?
Date de parution
06/01/2011
Poids
276g
Plus d'informations
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EAN
9782802802006
Titre
CASTORIADIS ET LA QUESTION DE LA VERITE
ISBN
2802802003
Auteur
KLIMIS/CAUMIERES/VAN
Editeur
FUSL
Largeur
0
Poids
276
Date de parution
20110106
Disponibilité
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L'importance de la Grèce ancienne dans la pensée de Castoriadis imposait que nous consacrions entièrement à cette thématique au moins une édition de nos Journées d'études annuelles. "Castoriadis et les Grecs" fut donc le thème choisi en 2008, à l'occasion de la parution de La cité et les lois, second volume reprenant les séminaires consacrés à la Grèce ancienne de Castoriadis à l'EHESS, et troisième tome de La Création humaine. Si l'étude de la Grèce ancienne n'émerge comme thématique centrale dans l'oeuvre de Castoriadis que dans les années 1970, le lien avec son engagement politique de toujours est néanmoins patent. En effet, pour Castoriadis étudier la culture grecque, c'est "se demander comment, dans quelles conditions, par quelles voies la société humaine s'est montrée capable, dans un cas particulier, de briser la clôture moyennant laquelle, en règle générale, elle existe" . Car cette attitude n'est aucunement universelle, mais tout à fait exceptionnelle dans l'histoire des sociétés humaines. Dès lors, Castoriadis situe son rapport aux Grecs bien au-delà de la simple interprétation. Il ne s'agit pas simplement d'érudition théorique mais d'un travail politique : "Quand nous abordons la naissance de la démocratie et de la philosophie, ce qui nous importe, c'est notre propre activité et notre propre transformation (de la société et du sujet), c'est la Grèce qui a créé la possibilité de ce projet de compréhension : comprendre sa propre histoire pour se transformer soi-même". Si Castoriadis s'est attaché à étudier "ce qui fait la Grèce" des poètes, des historiens, des philosophes, mais aussi des institutions politiques, c'est donc parce qu'il la considère comme un germe d'autonomie politique et philosophique, à réinventer, interminablement. Ce sont les multiples facettes de ce "germe grec" que nous nous sommes efforcés de thématiser dans le présent recueil. Avec les contributions de Myrto Gondicas, Stéphane Vibert, Antonio Dabdab Trabulsi, Jean-Marie Vaysse, Sylvain Delcomminette et Klaas Tindemans
Cet ouvrage collectif constitue le second volume des " Cahiers Castoriadis ". Selon Castoriadis, " l'histoire est création, ce qui veut dire : position de nouvelles formes et figures, de nouvelles significations, c'est-à-dire auto-institution ". Ce que Castoriadis nomme " imaginaire social " est une puissance de création à l'œuvre dans l'histoire. Chaque société s'auto-institue par la création d'un monde propre irréductible à l'effectuation de possibles prédéterminés. Affirmation qui conduit à refuser toute continuité immanente à l'évolution historique et même toute relecture a posteriori de la précursion d'une époque par une autre. Cette position est-elle tenable pour les sciences humaines comme pour la philosophie de l'histoire ? Le souci de saisir la nouveauté ne conduit-il pas Castoriadis à un certain irrationalisme ?
Cet ouvrage collectif constitue le quatrième volume des "Cahiers Castoriadis" . Envisager conjointement la praxis et l'institution conduit au coeur même du travail de Castoriadis, permettant ainsi de le saisir dans sa dimension la plus novatrice, laquelle ne va toutefois pas sans risques. Son originalité tient pour partie à sa capacité à affronter sans fard l'aporie que manifeste le rapprochement de ces deux notions.
Ce volume reproduit les actes du Colloque organisé aux Facultés universitaires Saint-Louis les 3 et 4 mai 1974 en hommage à Mgr Van Camp. Il veut apporter une contribution aux problèmes de la rencontre inter-disciplinaire en sciences humaines. Trois domaines sont abordés : Psychanalyse et création littéraire et plastique. Epistémologie des sciences sociales. Réflexion philosophique sur l'égalité en droit et en morale. Littéraires, économistes, sociologues, juristes, psychanalystes et philosophes y trouveront matière à réflexion et à discussion.
Mort pour nos péchés". Cette antique formule exprime le sens que prend pour la foi l'événement historique de la mort de Jésus. Elle est liée à un ensemble de catégories archaïques (sacrifice, expiation, substitution, rachat, rédemption, etc.) dont l'homme contemporain ne semble plus pouvoir faire usage. Comment faut-il donc la comprendre aujourd'hui ? C'est à cette question que tente de répondre ce volume, résultant d'une session théologique pour enseignants et universitaires, tenue en 1975 à l'Ecole des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles. La démarche est pluridisciplinaire et comporte quatre moments : enquête exégétique, analyse anthropologique, ethnosociologie des religions et réflexion théologique.