Cet ouvrage collectif constitue le second volume des " Cahiers Castoriadis ". Selon Castoriadis, " l'histoire est création, ce qui veut dire : position de nouvelles formes et figures, de nouvelles significations, c'est-à-dire auto-institution ". Ce que Castoriadis nomme " imaginaire social " est une puissance de création à l'œuvre dans l'histoire. Chaque société s'auto-institue par la création d'un monde propre irréductible à l'effectuation de possibles prédéterminés. Affirmation qui conduit à refuser toute continuité immanente à l'évolution historique et même toute relecture a posteriori de la précursion d'une époque par une autre. Cette position est-elle tenable pour les sciences humaines comme pour la philosophie de l'histoire ? Le souci de saisir la nouveauté ne conduit-il pas Castoriadis à un certain irrationalisme ?
Date de parution
03/01/2007
Poids
436g
Plus d'informations
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EAN
9782802801733
Titre
IMAGINAIRE ET CREATION HISTORIQUE
ISBN
2802801732
Auteur
CAUMIERES/KLIMIS/VAN
Editeur
FUSL
Largeur
0
Poids
436
Date de parution
20070103
Disponibilité
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Cet ouvrage collectif constitue le quatrième volume des "Cahiers Castoriadis" . Envisager conjointement la praxis et l'institution conduit au coeur même du travail de Castoriadis, permettant ainsi de le saisir dans sa dimension la plus novatrice, laquelle ne va toutefois pas sans risques. Son originalité tient pour partie à sa capacité à affronter sans fard l'aporie que manifeste le rapprochement de ces deux notions.
Que peut signifier la notion de vérité pour une pensée de la création ? Telle est, brutalement exprimée, la question qui se pose à la lecture de l'oeuvre de Castoriadis. L'un des aspects les plus novateurs et stimulants de celle-ci est sans doute d'avoir montré que la société, toujours auto-instituée, est à saisir à partir de significations imaginaires qu'elle crée, et qui la structurent en retour : source de sens, elles spécifient notamment ce qui est juste et ce qui est injuste, indiquant par là ce qu'il convient de faire ou non - de telle sorte que leur légitimité semble hors de tout questionnement. Cette remarque, qui suffit à manifester la possibilité de leur mise en cause, souligne que nous vivons dans une société pour laquelle la vérité se comprend, non comme reconnaissance d'un ordre particulier ou accueil d'une révélation, mais bien comme objet de recherche. Le deuil accepté de la saisie de l'Absolu ne conduit pourtant pas Castoriadis à réduire l'objectivité à l'ordre de l'intersubjectivité. La pensée humaine structurée par la logique classique, qu'il nomme ensemblisteidentitaire, est à même d'énoncer des vérités, assure-t-il. Ainsi, bien qu'échappant à toute structuration possible, l'être serait partiellement appréhendable par un logos spécifique, fruit d'une création historique ; ce qui laisse quelque peu perplexe. N'est-ce pas le lot de toute grande pensée qui, chaque fois, porte unregard neuf sur les domaines du pensable ?
Venu du marxisme, dont il a constaté très tôt les impasses, Cornelius Castoriadis a voulu réinventer la révolution. Selon lui, la modernité voit s'affronter deux projets de société : celui d'une maîtrise rationnelle du réel et celui d'une autonomie de toutes et de tous. Le premier a donné des résultats désastreux en engendrant le règne de la technique et de l'économie. Le second reste encore à construire pour qu'advienne une société vraiment démocratique dans laquelle le peuple se gouverne lui-même, se passant de toute classe dirigeante. Castoriadis a mis en lumière les origines de ce projet d'autonomie qui remontent à la Grèce antique. Il en a analysé les expressions modernes, de la révolution russe de 1917 aux révoltes des années 1960. Mais surtout, il en a examiné les conditions pour que se développe une politique émancipatrice aujourd'hui : auto-organisation des luttes, pratique de l'égalité et sens des limites. Ce projet d'autonomie n'est pas un programme clés en main. Il est un imaginaire autant qu'une expérience. Il est un horizon, celui d'une société consciente du fait que le pouvoir est l'affaire de tous. C'est cette réflexion multiforme et souvent complexe que présente et questionne ce livre qui offre pour la première fois une synthèse claire, accessible et percutante de la pensée politique de Castoriadis.