Saturne et la Mélancolie. Etudes historiques et philosophiques : nature, religion, médecine et art
Klibansky Raymond ; Panofsky Erwin ; Saxl Fritz ;
GALLIMARD
80,50 €
Epuisé
EAN :9782070715664
De ce livre devenu presque légendaire, on ne sait ce qui, aujourd'hui, contribue davantage au prestige : l'intense et sombre rayonnement du sujet, qui plonge au plus profond de la civilisation occidentale et du coeur humain ; l'envergure chronologique et géographique de l'étude ; l'ampleur et la richesse d'analyses qui en font le monument le plus accompli de la méthode iconologique de E. Panofsky, laquelle consiste à déchiffrer la signification d'une oeuvre d'art par l'exploration historique et culturelle de ses formes ; la constellation des trois auteurs aux noms illustres dont le concours donne un sommet d'érudition dans des domaines aussi divers que la médecine, l'astrologie, la poésie, la métaphysique, sans même parler des arts visuels. Ou bien encore l'histoire du livre qui résume à soi seule celle du XXe siècle. Ses origines remontent en effet à 1923, l'année du putsch de Hitler à Munich, avec la publication par E. Panofsky et Fr. SaxI de Dürers "Melencolia I". Le livre étant épuisé, les deux historiens d'art s'adjoignirent, dans le cadre de la bibliothèque de Warburg, la collaboration de R. Klibansky, spécialiste de la philosophie antique et médiévale. L'arrivée de Hitler au pouvoir, l'exil obligé des auteurs interrompirent le travail. Puis vint le bombardement de Hambourg qui détruisit l'original allemand de l'ouvrage prêt à sortir dans l'été 1939. La version anglaise, autrement dit le nouvel original, ne put paraître qu'en 1964. Elle comprend quatre parties. La première, "La notion de mélancolie et son évolution historique", traite de la mélancolie dans la littérature physiologique des Anciens et dans la médecine, la science et la philosophie du Moyen Âge. La deuxième, "Saturne, astre de la Mélancolie", étudie l'idée et l'image de Saturne dans la tradition littéraire et picturale. La troisième partie est consacrée à la Melancholia generosa des Florentins du Quattrocento. La quatrième enfin s'occupe de Dürer, de sa mystérieuse gravure et de sa longue postérité. La traduction française, prévue depuis des années, a été elle-même retardée par la perte de l'illustration d'origine, qu'il a fallu reconstituer. Les ultimes compléments de R. Klibansky en font une édition définitive.
Nombre de pages
738
Date de parution
26/09/1989
Poids
1 378g
Largeur
176mm
Plus d'informations
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EAN
9782070715664
Titre
Saturne et la Mélancolie. Etudes historiques et philosophiques : nature, religion, médecine et art
Auteur
Klibansky Raymond ; Panofsky Erwin ; Saxl Fritz ;
Editeur
GALLIMARD
Largeur
176
Poids
1378
Date de parution
19890926
Nombre de pages
738,00 €
Disponibilité
Epuisé
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De Paris à Heidelberg et Hambourg, de Hambourg à Paris et Londres et de Londres à Montréal, la vie de Raymond Klibansky traverse notre siècle et l'entraîne dans des activités qui ne sont pas le lot ordinaire des intellectuels ou des savants. De ces études à Heidelber auprès de Jaspers, en contact étroit avec les disciples du poète Stefan George, R. Klibansky tire son intérêt pour la pensée négative, qui l'amène à Nicolas de Cues, à Maître Eckhart et, par-delà, à la tradition platonicienne. Les premiers chapitres de ces Entretiens, passionnant tableau de la vie intellectuelle en Allemagne dans les années vingt, éclairent la montée du Nazisme. Ses premiers travaux aboutiront, dans le sillage de A. Warburg et E. Cassirer, à un livre devenu classique, écrit en collaboration avec E. Panofsky et F. Saxl : Saturne et la mélancolie, dont l'histoire résume un peu celle de R. Klibansky lui-même. Durant la seconde guerre, R. Klibansky fut actif au sein du Political Warface Executive en Grande Bretagne. Il nous donne ici un témoignage saisissant d'activités peu communes pour des savants. Devenu en 1946 professeur à l'Université Mc Gill (Montréal), il s'engage dans la vie philosophique internationale et cherche à stimuler les échanges entre intellectuels de l'Est et de l'Ouest, à une époque où cela était un véritable défi, tout en défendant les droits de penseurs comme le philosophe tchèque Jan Patocka, initiateur de la Charte 77, dont il fait ici un vibrant éloge.
L'Institut international de philosophie est un lieu d'échanges. Il rassemble des philosophes de tous les pays et de toutes les tendances. Dans ses séances de travail ou dans ses publications, toutes les branches de la philosophie sont abordées : métaphysique et philosophie analytique, esthétique et logique, éthique et méthodologie des sciences. L'ouvrage cerne l'essentiel de la pensée de chaque philosophe cité, tout en s'efforçant de montrer l'homme derrière le penseur, qu'il soit poète, activiste luttant pour la cause des réfugiés, médecin ou maharadjah.
Klibansky Raymond ; Despoix Philippe ; Leroux Geor
Ce volume, qui souligne le dixième anniversaire de la mort de Raymond Klibansky (1905-2005), rassemble les principaux textes que le philosophe a écrits sur plus de six décennies. Ces textes illustrent les étapes du parcours exceptionnel de ce grand érudit de la tradition platonicienne formé à Heidelberg et réfugié à Londres à partir de 1933. Proche d'Ernst Cassirer, collaborateur à Hambourg de la Bibliothèque Warburg puis à Londres du Warburg Institute, pour lequel il coédita, entre autres ouvrages, le Corpus Platonicum Medii Aevi (1940-1962) latin et arabe ainsi que le fameux Saturn and Melancholy (1964), Klibansky devint professeur à l'Université McGill à Montréal en 1946. S'ouvrant sur sa conférence inaugurale de 1932 qui traite du rapport entre philosophie et histoire, le recueil convoque près de 25 siècles d'histoire de la pensée, de l'Antiquité à la Renaissance et de l'époque moderne jusqu'à la fin du XXe siècle. Il offre des textes parus à l'origine dans quatre langues différentes ainsi qu'un document d'archive et propose également une biographie intellectuelle de l'auteur préparée par les directeurs de l'ouvrage. Un riche appareil de notes ainsi qu'une bibliographie des travaux de Raymond Klibansky complètent cet ouvrage.
Puisque vous me demandez mon opinion sur la tolérance réciproque entre les chrétiens, je vous répondrai en peu de mots que c'est, à avis, le principal critère de la véritable Eglise... La tolérance à l égard de ceux qui ont des opinions religieuses différentes est si conforme à l'Evangile et à la raison qu'il semble monstrueux que des hommes puissent n'y point voir une si claire lumière." La question de la tolérance était, à cette époque, au centre des discussions entre philosophes, théologiens et hommes de lettres. De nombreuses polémiques ont suivi la publication de cette Lettre, qui, au cours des siècles suivants, servit de point de départ à toute réflexion sur la tolérance. Cette édition bilingue, traduite et introduite par Raymond Polin, reprend le texte latin de l'editio princeps, elle est complétée par la préface que William Popple apporta à sa traduction anglaise.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.