La littérature nationale n'a plus guère de sens à présent l'ère de la littérature universelle est à l'ordre du jour, et chacun doit à présent contribuer à accélérer l'avènement de cette ère". Ainsi s'exprimait Goethe dans un entretien avec Eckermann daté du 31 janvier 1831. Dans le contexte cosmopolite de la vie littéraire de l'époque, allemande à l'origine, et dont l'activité de traduction importante constitua un témoignage manifeste, Goethe écrivait, quelques année plus tôt, au traducteur des classiques italiens, Karl Steckfuss: "je suis persuadé qu'une littérature universelle va se constituer", et il se faisait prophète en disant "l'Allemand peut et doit y contribuer, il aura un beau rôle à jouer dans cette entreprise" Le concept, fluctuant et ambigu, de "Weltliteratur" ou de "littérature universelle" était né. Victor Klemperer (1881-196o), dans cet essai éclairant, écrit dans les moments de tribulations de quelqu'un qui voit se briser un à un les fondements de la culture européenne suit les avatars de l'évolution de cette idée, de l'humus qui l'a rendue possible à son sens dernier. En forgeant le terme et le concept de littérature universelle, Goethe fut le premier à pressentir, à nommer, à véritablement montrer et à porter ainsi à la conscience générale, quelque chose qui a une réalité ensuite: la littérature européenne. Klemperer fait ressortir les liens et les différences caractéristiques existant entre les concepts de littérature transnationale avant Goethe, à son époque et après lui. Un parcours dans lequel se retrouve, illuminée, une idée morale de l'Europe.
Nombre de pages
121
Date de parution
22/09/2011
Poids
138g
Largeur
120mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782842423179
Titre
Littérature universelle et littérature européenne
Auteur
Klemperer Victor ; Stroz Julie
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
138
Date de parution
20110922
Nombre de pages
121,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Victor Klemperer (1881 - 1960), cousin du célèbre chef d'orchestre Otto Klemperer, fils de rabbin, converti au protestantisme, était professeur de romanistique à Dresde. En 1934, il est destitué de ses fonctions en tant que juif et n'a plus le droit d'enseigner. Il n'émigre pourtant pas. Sa femme, Eva, elle-même protestante, pianiste, ne l'abandonne pas. Il va survivre, échapper à la déportation. Toutes ces années, il a tenu son journal, 5 000 feuillets d'une petite écriture serrée qu'Eva portait régulièrement chez une de leurs amies. Ce sont des notes, plus ou moins rédigées, des réflexions, des récits. Le souci de Victor Klemperer : "témoigner jusqu'au bout", rapporter, non pas les événements de la guerre, qu'il ne pouvait pas connaître, ou très mal, et qui font partie de l'Histoire, mais "la tyrannie au jour le jour, celle que l'on va oublier". Un document sans équivalent sur la vie quotidienne des Juifs, prisonniers de l'intérieur dans l'Allemagne du IIIème Reich.
Plutôt une fin épouvantable qu'une épouvante sans fin". Tels sont les mots d'un homme accablé par la déchéance physique et morale ; celle d'un intellectuel juif allemand, témoin de la montée en puissance et de l'avènement monstrueux du IIIe Reich. Converti au protestantisme mais persécuté en raison de ses origines hébraïques par le régime nazi, Victor Klemperer restera en Allemagne jusqu'à la fin du second conflit mondial et trouvera dans ses prises de notes quotidiennes le moyen de résister en Homme au tourbillon de brimades qui s'abattent sur la communauté juive dès 1934. Ces cahiers, qu'il parvint à conserver tant bien que mal au milieu des persécutions, ne furent jamais retouchés et nous offrent aujourd'hui un récit aussi authentique qu'effroyablement précis de la descente vers l'enfer de la Shoah. De la sorte, puissance littéraire et intérêt historique se combinent dans ces journaux de bord où l'émotion prend souvent le pas sur le témoignage atone de l'universitaire. Mémoires d'un être revenu de la nuit noire et dont l'écriture en porte encore les cruels stigmates. --J-S Félix
Victor Klemperer (1881 - 1960), cousin du célèbre chef d'orchestre Otto Klemperer, fils de rabbin, converti au protestantisme, était professeur de romanistique à Dresde. En 1934, il est destitué de ses fonctions en tant que juif et n'a plus le droit d'enseigner. Il n'émigre pourtant pas. Sa femme, Eva, elle-même protestante, pianiste, ne l'abandonne pas. Il va survivre, échapper à la déportation. Toutes ces années, il a tenu son journal, 5 000 feuillets d'une petite écriture serrée qu'Eva portait régulièrement chez une de leurs amies. Ce sont des notes, plus ou moins rédigées, des réflexions, des récits. Le souci de Victor Klemperer : "témoigner jusqu'au bout", rapporter, non pas les événements de la guerre, qu'il ne pouvait pas connaître, ou très mal, et qui font partie de l'Histoire, mais "la tyrannie au jour le jour, celle que l'on va oublier". Un document sans équivalent sur la vie quotidienne des Juifs, prisonniers de l'intérieur dans l'Allemagne du IIIème Reich.
Klemperer Victor ; Guillot Elisabeth ; Combe Sonia
Le philosophe allemand Victor Klemperer s'attacha dès 1933 à l'étude de la langue et des mots employés par les nazis. En puisant à une multitude de sources (discours radiodiffusés d'Adolf Hitler ou de Joseph Paul Goebbels, faire-part de naissance et de décès, journaux, livres et brochures, conversations, etc.), il a pu examiner la destruction de l'esprit et de la culture allemands par la novlangue nazie. En tenant ainsi son journal il accomplissait aussi un acte de résistance et de survie. En 1947, il tirera de son travail ce livre : "LTI, Lingua Tertii Imperii, la langue du IIIe Reich", devenu la référence de toute réflexion sur le langage totalitaire. Sa lecture, à cinquante ans de distance, montre combien le monde contemporain a du mal à se guérir de cette langue contaminée ; et qu'aucune langue n'est à l'abri de nouvelles manipulations
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.