To be or not to be, Ernst Lubitsch. Un classique dans l'histoire
Kleinberger Alain ; Nacache Jacqueline
BORD DE L EAU
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EAN :9782356873330
To Be Or Not To Be a suscité une abondante littérature critique au cours de ces trente dernières années, et la récente mise au programme du film au baccalauréat a accru encore cette production. Mais le film d'Ernst Lubitsch est une matière inépuisable, surtout lorsqu'on l'approche avec un faisceau de méthodes capables de révéler ce qui était jusqu'ici resté dans l'ombre. Le lecteur amateur ou spécialiste, l'enseignant et l'étudiant de cinéma trouveront dans ce livre non seulement tout ce qu'on attend d'une étude du film en termes d'histoire, d'esthétique, de style, de contenu, mais ils trouveront bien davantage, grâce à des spécialistes d'histoire, d'histoire culturelle, de sociologie, de génétique, de philosophie, d'études germaniques. Tous analysent le film avec la précision critique qu'on devrait toujours attendre de la passion cinéphilique. Le sociologue Jean-Marc Leveratto nous révèle ainsi la version radiophonique du film, grâce à laquelle Lubitsch entrait dans le quotidien du grand public américain de l'époque. Jean-Pierre Esquénazi examine tout ce qui inscrit To Be Or Not Be dans la descendance du Dictateur, mais aussi tout ce qui l'en sépare ; Clélia Zernik passe pour sa part le film au filtre du thème de la répétition envisagée comme un motif philosophique. Le film a souvent été étudié sous l'angle de la théâtralité, mais l'influence du célèbre couple de théâtre formé par Alfred Lunt et Lynn Fontanne n'avait jamais jusqu'ici été étudié de façon aussi détaillée que le fait Marguerite Chabrol, comme une matrice possible du couple formé par Joseph et Maria Tura. Le riche point de vue de François Genton et Matthias Steinle permet d'approcher le versant germanique du film, parfois sacrifié à sa dimension de comédie "américaine". La question de l'engagement des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale est de nouveau mise sur le métier : Katalin Por examine en détail le contexte d'écriture et de production du film, Alain Kleinberger brosse un panorama des comédies qui constituent le cadre culturel, générique et cinématographique du film de Lubitsch, Jacqueline Nacache se demande si Lubitsch avait pour but d'expliquer le nazisme ou d'en exposer l'incompréhensible nature. Enfin, le film étant proposé à l'analyse des lycéens, Barbara Laborde examine le film à la lumière de la nouvelle épreuve du baccalauréat et en déploie les ressources esthétiques et théoriques que permet la confrontation des photogrammes. Au terme de cette lecture, on n'aura certes pas fini de découvrir tous les sens, exposés ou voilés, de ce film exceptionnel. Mais To Be Or Not To Be apparaîtra sous un nouveau jour à tous ceux qui l'aiment et l'admirent depuis longtemps, et ne manquera pas d'émerveiller ceux qui le découvrent et l'analysent pour la première fois.
Alain Kleinberger, maître de conférences HDR en études cinématographiques (Université Paris-Ouest Nanterre la Défense). Auteur d'une vingtaine d'articles de référence, il publie à l'automne The Dark deadline, un essai sur le cinéma et la Shoah. Philippe Mesnard est professeur de littérature générale et comparée (UBP Clermont-Ferrand 2) et directeur de la Fondation Auschwitz à Bruxelles. Depuis vingt ans, il consacre ses recherches aux questions testimoniales et mémorielles en littérature, théâtre et cinéma. Parmi ses livres: Primo Levi, Le passage d'un témoin, Fayard, 2012 (Prix de l'Académie française 2012; Prix biographie Le Point 2012); Témoignage en résistance, Stock, 2007; Consciences de la Shoah, Kimé, 2000.
Ce volume présente huit études sur le film Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville (1970), par des chercheurs en études cinématographiques qui ont publié des travaux sur le cinéaste en langue anglaise, ou qui proposent une lecture du film guidée par leur champ disciplinaire: gender studies, star studies, étude des genres cinématographiques, esthétique, études intermédiales... L'ouvrage vise autant à proposer un nouveau regard sur l'oeuvre de Melville, encore relativement peu envisagée par la recherche française, qu'à approfondir à partir d'un exemple privilégié des champs de réflexion tels que l'histoire du cinéma français d'après-guerre, les relations entre cinéma de genre et cinéma d'auteur, la cinéphilie, la postérité de Melville, la notion de tragique au cinéma, la cohérence du récit cinématographique... Plusieurs questions transversales parcourent ainsi l'ensemble de l'ouvrage, et offrent de nouveaux éclairages, révélant toutes les ambiguïtés de l'oeuvre d'un cinéaste qui a suscité des interprétations contradictoires, pour ce qui concerne notamment ses influences françaises et américaines, son idéologie ou son rapport au temps et à la modernité.
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...
Jouez à cache-cache avec les réalisateurs cultes du cinéma ! De fourmillantes images, réalisées par Alexandre Clérisse, dépeignent les paysages des imaginaires de grands cinéastes, comme une radiographie de leurs univers cinématographiques. Dans chacune, l'un d'entre eux est planqué : à vous de le retrouver !
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Capter les paroles que l'on entend peu, celles des internés, des paysans, des repris de justice, garder trace des dialectes sur le point de s'éteindre, libérer un espace pour les faire entendre : dégager l'écoute, c'est une exigence esthétique, politique mais aussi technique. Une exigence que Claudine Nougaret et Raymond Depardon ont mis au coeur de leur travail documentaire commun. L'une au son. L'autre à l'image. De l'hôpital psychiatrique de San Clemente à la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, du chipaya à l'occitan. Délicatesse, vigilance, discipline, pudeur, en font une oeuvre cinématographique indispensable. 70 photos et un texte inédits ouvrent la porte de leur atelier. Quand la prise de son est au coeur d'une façon d'être au monde : un manifeste et une boîte à outils.
Michael Chekhov, acteur, directeur de théâtre et professeur d'art dramatique, est le neveu d'Anton Tchekhov. Né en Russie en 1891, il fut membre du Théâtre d'Art de Moscou, alors dirigé par Constantin Stanislavski, qui fut son premier maître. En 1914, Chekhov participa à la fondation du Premier Studio du Théâtre d'Art de Moscou qui, sous sa direction, devint le Deuxième Théâtre d'Art de Moscou. Après avoir quitté la Russie, il travailla longtemps en Europe. En 1936, il fonda en Angleterre, à Darlington Hall, l'Ecole d'Art dramatique Tchekhov, qui fut transférée aux Etats-Unis peu de temps avant la deuxième guerre mondiale. Le théâtre et le cinéma américain lui doivent le plus clair de leur art. Maître, incontesté, il donna aux différentes formations d'art dramatique une empreinte d'une valeur inégalée, jusqu'à sa mort en Californie, en 1955. Si l'on peut dire que Chekhov est le prolongement de Stanislavski, on doit aussi reconnaître que, par son contact intime avec les théâtres anglais et américain, il a considérablement actualisé, virilisé, adapté à la vie, un enseignement qui nous devient ainsi plus immédiatement accessible. La méthode que nous présente Chekhov est un juste mariage de la psychanalyse du métier "psychique intérieur" et de l'exercice physique, de la gymnastique, indispensables à sa parfaite connaissance.