La stature humaine. Sur des peintures de Jean Hélion
Klébaner Daniel
L'HARMATTAN
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EAN :9782738453853
Les hommes et les choses de Jean Hélion appartiennent aux "prodiges ordinaires" de la vie quotidenne : une citrouille, un homme au travail, un piéton... Le regard que Daniel Klébaner porte sur eux en dégage ce qui, fondamentalement, concerne notre présence au monde, ce qu'il nomme "stature humaine". Position menacée dans sa verticalité, et que Jean Hélion, à travers la représentation de ses figures, s'attache à retenir, à relever d'une chute originaire, obtenant en retour une solidité proclamée. Le monde est ici un songe grave, que seule une langue poétique est capable de déclarer. Aussi le texte de Daniel Klébaner se construit-il en glissements comparables à ceux du demi-sommeil. Un regard poétique qui manifeste la bévue nécessaire pour que les heurts, les cassures, les colmatages produisent la juste tension qui fait tenir la peinture.
Nombre de pages
42
Date de parution
15/06/1997
Poids
90g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738453853
Titre
La stature humaine. Sur des peintures de Jean Hélion
ISBN
2738453856
Auteur
Klébaner Daniel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
90
Date de parution
19970615
Nombre de pages
42,00 €
Disponibilité
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Je veux parler d'un art où l'homme trouve l'éclat dans le terne, l'audace dans la prudence, la pérennité dans le précaire, l'excellence dans le quelconque." Voilà définies admirablement par l'auteur les trois parties composant son recueil de proses. La voix humaine, le haïku japonais, la nature morte dans les gravures de Morandi en sont les thèmes, exposés avec une science rare de l'économie et du fugace, médités avec une passion profonde pour la litote et le resserrement de l'expression. L'exploration nue de la voix, sur laquelle s'ordonne l'art ombrageux et réservé du luth, du clavecin, de la viole au XVIIe siècle en France, la forme brève du poème japonais, les objets suggérés laconiquement dans l'oeuvre de Morandi, finissent par couvrir cet ouvrage volontairement pudique du plus riche réseau de pensées qui soit, prolongé par autant de reflets et d'échos éclatants.
Qu'est-ce que la notion de "dérive" ? C'est l'éternel point de fuite d'une pensée qui veut incessamment se libérer d'elle-même en cédant à ses propres scintillations. Il y a d'innombrables formes de "dérives", marquées par la fascination de l'humble, le texte porteur, la trace qui s'efface, la parole détournée par le vent, la dérive utérine de l'oeuf vers la matrice, semblable à une lente navigation... Mais, aux yeux d'un écrivain qui se voue à l'exploration du langage, de l'histoire des hommes et des choses, la poétique de la dérive se transforme en une somptueuse structure que l'on pourrait nommer dérive de la poétique. Et l'on y trouve tout au long de ses éclats flottants la Chine et ses peintres, Çri Aurobindo, Claude Lorrain, Francis Ponge, Jung, Borges, Pablo Neruda, Mircea Eliade ; éclats réfléchis allumant le plaisir à la fois bougeant et raffiné du lecteur, entraîné dans un superbe filet de méditations.
L'instant insaisissable où l'on verse de la veille au sommeil, les techniques du sommeil et ses instruments (de l'appui-tête des sociétés traditionnelles au mol oreiller), mais aussi le rêve, la rêverie et l'imagination : tels sont ici les sujets de ré? exion.