Sélim Takla 1895-1945. Une contribution à l'indépendance du Liban
Khoury Gérard
KARTHALA
35,00 €
Epuisé
EAN :9782845865495
La République libanaise est l'aboutissement d'un processus que certains historiens libanais veulent rattacher à l'Émirat de Fakhreddine II Maan au XVIIe siècle, mais qui s'est sûrement affirmé au XIXe siècle avec le régime d'autonomie du Mont-Liban ou Moutassarifiya à l'intérieur de l'Empire ottoman. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, au moment où les grandes puissances procèdent au découpage des provinces arabes de l'Empire ottoman, ce processus trouve son achèvement, grâce à l'action des nationalistes libanais soutenus par la France, et va conduire à l'indépendance du pays en 1943. Ce livre a fait le pari de choisir pour objet d'étude Sélim Takla, ministre des Affaires étrangères de l'indépendance. Un personnage qui n'apparaît pas aujourd'hui comme central - alors qu'il l'a été - pour éclairer une époque essentielle de l'histoire contemporaine du Liban, celle des débuts de l'indépendance en 1943. Sélim Takla représente l'émergence d'une nouvelle élite urbaine qui trouve ses racines dans le traditionnel Mont-Liban rural, à l'époque de la longue paix de la Moutassarifiya. Il symbolise aussi la formation d'un fonctionnaire d'État et d'un homme politique parallèlement à la consolidation de l'État national à l'époque du mandat français. C'est un des rares moments dans l'histoire d'un pays où l'individu et le groupe suivent la même trajectoire et se renforcent l'un l'autre. Aux côtés de Béchara El-Khoury, président de la République, et de Riad El-Solh, président du Conseil, Sélim Takla est une figure emblématique de cette période. Il a fallu un Béchara El-Khoury, avec son parti le Destour et sa lutte pour l'indépendance du Liban, et un Riad El-Solh, avec son passé de nationaliste arabe et son influence aussi bien auprès des masses musulmanes libanaises que dans les pays arabes, pour que prenne forme et se consolide le Pacte national qui, rappelons-le, est resté un pacte non écrit. Le rôle de Sélim Takla considéré comme le " cerveau du parti destourien ", comme le rapporte un témoin, Nasri Maalouf, s'avère être celui de l'inspirateur des deux acteurs majeurs de l'indépendance.
Nombre de pages
556
Date de parution
02/09/2004
Poids
790g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845865495
Auteur
Khoury Gérard
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20040902
Nombre de pages
556,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Quelles ont été les fondements et les conséquences de la politique française au Levant après la Première Guerre mondiale ? La correspondance et les notes inédites de Robert de Caix qui fut chargé par Clemenceau de traiter des questions d'Orient avec l'émir Faysal, avant d'être secrétaire général du Haut-Commissariat à Beyrouth, et dont l'action et les conseils ont directement inspiré la politique du Quai d'Orsay, apportent un éclairage nouveau sur cette période capitale de l'histoire du Moyen-Orient. Le refus de l'unité arabe, le découpage des provinces de l'Empire ottoman en autonomies locales, fondées sur les divisions communautaires et les particularismes régionaux, sont à l'origine des problèmes actuels des pays arabes, quand bien même ces derniers ont leur part des responsabilités dans leur destin face aux menées hégémoniques des grandes puissances. - Une longue introduction qui analyse de manière neuve les racines des événements entre 1919 et 1939 au Moyen-Orient, le rôle des grandes puissances, le poids des religions et des structures familiales, l'échec du nationalisme arabe. - Un tableau de la diplomatie française dans son fonctionnement quotidien et le processus des prises de décision. - Une peinture vivante des grands acteurs de cette période : l'émir Faysal, le colonel Lawrence, Clemenceau, le général Gouraud. - Une actualité étonnante du sujet : les Américains ont largement repris les idées de Robert de Caix sur le refus de l'administration directe, l'émiettement de l'ensemble proche-oriental, l'appui donné aux minorités pour briser toute tentation unitaire et asseoir son influence.
Que l'on évoque le temps des Croisades, les grandes heure de l'Empire ottoman et son démembrement au XXe siècle, l'éveil du nationalisme arabe ou l'émergence du projet sioniste, on est chaque fois confronté, avec les " questions d'Orient ", à une histoire complexe où le religieux imprègne le politique. Dans ce livre à trois voix, les auteurs, ardents partisans de la paix au Moyen-Orient, s'interrogent sur le désarroi actuel du monde arabe en retraçant les grandes étapes du siècle écoulé : la naissance des États du Levant, la politique des mandats, les luttes d'indépendance, la création de l'État d'Israël, la succession des conflits israélo-arabes, la guerre au Liban, les guerres du Golfe, les Intifadas, le choc du 11 septembre et l'exacerbation du terrorisme. Compte tenu de sa double identité d'acteur et de témoin de ces multiples crises, Ghassan Tuéni enrichit ce débat de sa propre expérience et d'éléments historiques. Le grand espoir de " Renaissance arabe " n'a connu qu'un élan éphémère. L'incapacité des nouvelles nations à relever les défis de l'indépendance et à surmonter leurs archaïsmes, le jeu hégémonique des grandes puissances, jalouses de leurs routes impériales et de leurs ressources pétrolières, ainsi que la radicalisation constante de la politique expansionniste israélienne vont conduire l'arabisme et la cause palestinienne d'impasses en échecs et favoriser tous les intégrismes.
À la fin de la Première Guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne se disputent l'héritage ottoman au Levant, et d'emblée l'Angleterre semble maître du jeu, car elle a largement profité en Orient de la faiblesse des moyens matériels et militaires des autres puissances européennes. Traditionnellement protectrice des Lieux saints et des chrétiens d'Orient, la France doit contrer l'hégémonisme britannique, les complicités anglo-arabes et le radicalisme des mouvements indépendantistes et en même temps ménager ses relations avec ses alliés et ses protégés. Elle va tenter de concilier ses acquis et ses intérêts de puissance coloniale avec les contraintes d'un nouvel ordre diplomatique, mais le départ de Clemenceau en 1920 marquera la fin des accords entre la France et l'émir Faysal. Dès lors, le rôle de la France en Orient se réduira à sa prépondérance au Liban. Fondée sur une documentation exceptionnelle, anglaise, française et arabe, qui révèle de nombreux inédits, l'enquête de Gérard D. Khoury éclaire ce moment si complexe du temps des mandats, quand la France fonda les Etats du Liban et de la Syrie.
Louis Massignon (1883-1962) fut un des plus grands islamologues français et un des principaux acteurs de l'établissement d'un dialogue entre islam et Eglise catholique. Ami de Charles de Foucauld, de Lawrence d'Arabie et de Gandhi, ce professeur au Collège de France, spécialiste du monde arabe, était aussi un homme de terrain. Il participa à de très nombreuses missions commanditées par le ministère des Affaires étrangères. Le tour de force de Gérard D. Khoury est d'avoir réussi à rassembler la plupart des rapports - jusque-là inédits - des missions de Massignon au Levant (de 1907 à 1955), et de mettre en valeur ses analyses politiques et culturelles, souvent en avance sur son époque, et en particulier ses considérations sur le monde et l'islam arabes. La foi fervente de Massignon le conduit à souligner de façon prémonitoire, dès les années 1920, la question des Chrétiens d'Orient, mais également celle des autres minorités, notamment les Alaouites de Syrie. Il comprit aussi très tôt que les Arabes et les musulmans, humiliés, seraient acculés à se radicaliser, et il ne dissimula pas ses craintes à cet égard. Réunis pour la première fois, ces rapports de mission éclairent, à côté du parcours spirituel de Louis Massignon, la facette politique, méconnue, de l'oeuvre de cette grande figure du XXe siècle.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
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