Vladislav Khodassévitch a retrouvé aujourd'hui, en Russie, la place que lui prédisait Nabokov dès 1939. Il en va cependant autrement à l'étranger, notamment en France, où les autres grandes voix de la poésie russe du vingtième siècle ont été souvent traduites et éditées (Mandelstam, Tsvetaïéva, Essénine, Maïakovski, Khlebnikov, Pasternak, Akhmatova), alors que Khodassévitch ne figure encore que par quelques poèmes dans deux ou trois anthologies.C'est à combler cette lacune que veut s'employer la présente édition bilingue, structurée en deux parties : la Nuit européenne, recueil repris dans sa quasi-totalité car il est, comme le dit Sergueï Gandlevski à la suite de beaucoup d'autres, le « sommet de son ?uvre », puis un choix chronologique des meilleures poésies de ses livres précédents : Jeunesse, La Maisonnette heureuse, Tel le grain, Pesante lyre. « Ce poète, le plus grand poète russe de notre temps, descendant littéraire de Pouchkine, dans la lignée de Tioutchev, restera la fierté de la poésie russe aussi longtemps que cet art vivra dans notre mémoire.» Vladimir Nabokov
Nombre de pages
353
Date de parution
19/05/2016
Poids
364g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782842424015
Titre
Poésie
Auteur
Khodassévitch Vladislav ; Abril Henri
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
364
Date de parution
20160519
Nombre de pages
353,00 €
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Vladislav Khodassevitch - sans conteste le plus grand des postsymbolistes russes - participa activement à l'effervescence intellectuelle qui régnait en Russie au début de ce siècle, et dans ces Mémoires passe en revue, mêlant souvenirs personnels et témoignages, ses compagnons d'écriture de l'époque. Gorki, Blok, Biely, Sologoub, Brioussov, Essenine et d'autres sont ici évoqués comme les figures marquantes de leur génération, dont l'élan et le talent bientôt furent brisés par la censure, les pressions, les dénonciations. Sur ces destins malmenés Khodassevitch rétablit la vérité travestie par les biographies officielles. Une rigueur sans faille, une ironie poignante et une rage contenue confèrent à son livre sa résonance singulière. Nina Berberova ne s'y trompe pas, qui rappelle que "dans le crépuscule généralisé de l'art des années trente, quand disparaissaient (ou avaient déjà disparu) les grands avec lesquels avait commencé notre siècle, Nécropole de Khodassevitch occupe une place immortelle".
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.