Tunisie : le délitement de la cité. Coercition, consentement, résistance
Khiari Sadri
KARTHALA
21,00 €
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EAN :9782845864016
La Tunisie de Ben Ali serait-elle en crise ? Depuis la fin des années 1990, l'opposition démocratique retrouve un second souffle. Au sein de la population, le malaise est également croissant, mais il tarde à s'exprimer sous une forme active et organisée. Ce paradoxe persistant, qu'on ne peut expliquer par la seule répression, inquiète Sadri Khiari, Son analyse met l'accent sur les défaites successives du mouvement populaire depuis les années 1980. Elle souligne les responsabilités des oppositions et leurs ambivalences politiques, malgré la pugnacité dont elles font preuve aujourd'hui L'auteur passe en revue les différentes forces qui contestent le régime du président Ben Ali et souligne la spécificité du mouvement islamiste tunisien. Selon lui, les difficultés de la mobilisation populaire s'inscrivent également dans un processus de désocialisation, consécutif au désengagement économique de l'Etat dont le caractère bureaucratique et policier ne cesse de s'affirmer. L'auteur se garde de donner une recette pour mettre un terme au délitement de la Cité tunisienne. Mais, tout au long de son ouvrage, un impératif se dégage, que l'on peut exprimer dans les termes du philosophe Walter Benjamin : si l'opposition démocratique veut que la Tunisie s'arrache au cercle infernal de l'autoritarisme, elle doit apprendre à brosser l'histoire à rebrousse-poil. Autrement dit, à entreprendre d'abord un retour critique sur elle-même.
Nombre de pages
200
Date de parution
01/11/2003
Poids
290g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782845864016
Auteur
Khiari Sadri
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20031101
Nombre de pages
200,00 €
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Si le parcours personnel de Malcolm X rencontre un écho profond parmi ceux qui, en France comme aux Etats-Unis, se vivent comme des "colonisés de l'intérieur", c'est qu'ils y trouvent, en même temps qu'un modèle pour leurs luttes, l'expression d'une oppression raciale partagée et d'une même exigence de dignité. Au-delà de l'aspect biographique, on oublie trop souvent l'effort permanent de Malcolm X pour développer une stratégie politique qui puisse encadrer les résistances, dans une perspective de libération. C'est à ce travail d'élaboration stratégique, ancré dans une longue pratique de résistance et dans sa propre condition de Noir dans une Amérique ségrégationniste, que cet essai se veut une introduction. Convaincu que le cheminement politique de Malcolm X est riche d'enseignements pour les populations qui subissent le racisme, Sadri Khiari, à partir des enjeux spécifiques au champ politique hexagonal, ouvre à une réappropriation critique de la pensée de Malcolm X.
C'est pendant la révolte des quartiers populaires et en pleine controverse sur le rôle de la France dans ses colonies qu'a été écrit cet essai par Sadri Khiari.Il propose une réflexion sans tabous sur le legs colonial, l'insertion des populations issues de l'immigration, la place de l'Islam dans la République... Et ce dans l'esprit des thèses développées par l'Appel des indigènes de la République : des questions qui sont au coeur de l'élaboration d'une nouvelle identité de gauche en France.S'inspirant d'Albert Memmi, de Frantz Fanon ou encore de Malcolm X, l'auteur revient de manière critique sur l'histoire des luttes de l'immigration et des mouvements antiracistes.Il ébauche alors les contours de ce que représenterait une «politique de la racaille», autonome et spécifique mais insérée dans une dynamique plus large d'émancipation. Elle-même fondée sur la contestation des logiques postcoloniales toujours à l'oeuvre, selon lui, dans le champ social et politique.
Où l'on verra quand et comment l'esclavage de type américain a engendré le système racial. Où l'on comprendra pourquoi le développement de rapports d'égalité à l'intérieur de la communauté blanche a favorisé la cristallisation de rapports sociaux spécifiquement raciaux. Où l'on assistera au lancement de la contre-révolution coloniale en France par le général de Gaulle. Où l'on saisira que le combat anticolonialiste des Arabes palestiniens et le combat antiraciste des Arabes et des Noirs en France ont un même adversaire, la domination blanche occidentale. "Nous voyons la haine que nous suscitons, l'islamophobie, la négrophobie; nous voyons se multiplier les corps de police, s'étendre la répression, se consolider les mécanismes de contrôle et de surveillance, foisonner les dispositifs de corruption et de clientélisation, se développer les instances d'intégration et d'encadrement, mais nous n'en apercevons pas la cause, ou l'une des causes, qui n'est autre que la menace que nous faisons peser sur l'ordre blanc."
La dépouille de Toussaint est le personnage principal de cette histoire. Cet essai graphique est, pour une part importante, l'adaptation d'un livre publié en France à la fin des années 1920 aux éditions Berger-Levrault. Intitulé Histoire de la captivité et de la mort de Toussaint-Louverture. Notre pèlerinage au fort de Joux, il a pour auteur le colonel Alfred Auguste Nemours, un diplomate haïtien, fervent admirateur de Toussaint Louverture, qui s'est livré à une enquête minutieuse pour restituer le calvaire du héros haïtien, incarcéré au fort de Joux jusqu'à ce que le froid et le désespoir ne l'emportent et que son corps ne disparaisse, broyé par la machine bureaucratique et militaire.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.