« On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d'origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l'heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pedigree » alors que l'injonction est de choisir un camp ? À travers une série de mots, notions et expressions « politiquement correctes », Rachel Khan pose un regard tant critique que malicieux sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances. Elle condamne les « mots qui séparent » ? souchien, racisé, afro-descendant, intersectionnalité, minorité... : présentés comme des outils indispensables pour combattre le racisme, ils enfoncent en fait le couteau dans les plaies qu'ils prétendent cicatriser. Puis les « mots qui ne vont nulle part » : vivre-ensemble, diversité, mixité et non-mixité, etc., qui appauvrissent le langage et, dans une « bienveillance inclusive », alimentent la haine et les silences. Mais elle défend avec force les « mots qui réparent » ? intimité, création, désir ? qui, eux, rétablissent le dialogue, favorisent la pensée non unique et unissent notre société, gangrénée par les crispations identitaires et les oppositions stériles entre les genres.
Nombre de pages
158
Date de parution
10/03/2021
Poids
186g
Largeur
132mm
Plus d'informations
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EAN
9791032907788
Titre
Racée
Auteur
Khan Rachel
Editeur
L'OBSERVATOIRE
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132
Poids
186
Date de parution
20210310
Nombre de pages
158,00 €
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Nina Gary a 18 ans ; alors qu'elle tente de devenir une femme, elle réalise que quelque chose cloche. Entre son père gambien qui marche comme un tam-tam, son grand-père à l'accent de Popek qui boit de la vodka, entre le trop d'amour de sa mère cachée pendant la guerre, le rejet de la fac et la violence de la rue, elle est perdue. Noire, juive, musulmane, blanche et animiste, elle en a gros sur le coeur d'être prise pour une autre, coincée dans des cases exotiques où elle ne se reconnaît pas. Alors, elle court. C'est la solution qu'elle a trouvée pour échapper aux injustices et fuir les a priori d'une société trop divisée pour sa construction intime. Elle fait le choix de la vitesse pour se prouver qu'elle a un corps bien à elle et se libérer de l'histoire de ses ancêtres, trop lourde pour ses épaules. Un mouvement permanent pour s'oublier, et tout oublier de la Shoah, de l'esclavage, de la colonisation et de la reine d'Angleterre. Courir pour se perdre, s'évader, se tromper, être trompée, se blesser, se relever peut-être. Ne plus croire en rien, seulement au chronomètre et en l'avenir des 12 secondes qui vont suivre. Sentir ses muscles, pour vivre enfin l'égalité - tous égaux devant un 100 mètres, à poil face au temps. Entre les grandes et les petites choses, c'est l'histoire de Nina Gary, une jeune fille qui court pour devenir enfin elle-même.
« Islamophobie », « violences policières », « wokisme »? Entretenant la victimisation, la peur et la lâcheté politique, certains mots, employés à tort et à travers, divisent notre société et fragilisent notre démocratie dans un monde profondément heurté. Rachel Khan épingle avec ironie tous ceux qui en usent et en abusent, et les appelle à la barre d'un tribunal imaginaire. Coupable, l'extrême gauche victimaire qui ne sait qu'accuser ses adversaires de « racisme systémique » ou de « sexisme ». Coupable, l'extrême droite qui entretient la peur du « grand remplacement » et de la « crise de civilisation ». Coupable, les technocrates qui, par lâcheté, privilégient toujours le « pas de vague ». Au milieu de ces démagogues (ou de ces opportunistes), Rachel Khan offre une vibrante plaidoirie en faveur des universalistes, qui chérissent et défendent avec courage la « laïcité », la « fraternité », la « liberté d'expression », l?« humanisme » et l?« humour ». Pour elle, ce sont ces mots-là qui tiennent la République encore debout. Ils prouvent que nous ne sommes un peuple ni ethnique, ni religieux, ni racial, mais bien politique. Il est là, notre pacte, notre contrat, notre avenir.
Guy Marchant a réfléchi, c'est lui, l'homme providentiel. Il veut offrir à la France le meilleur. Il est prêt à négocier, au plus haut sommet du monde, avec ses homologues internationaux. Il est prêt à se battre pour relever les défis de toutes les crises : sanitaires, économiques, sociales, environnementales et culturelles. En un mot, il est prêt à entrer dans l'Histoire. Mais avant, il y a cette épreuve majeure qu'est la campagne électorale. Un passage ultime en démocratie, un temps à part avant les grandes affaires. Affiches, meetings, annonces, porte-à-porte, communiqués de presse, discours, poignées de main, slogans... Pour mettre toutes les chances de son côté, notre homme et son équipe vont suivre, tant bien que mal, mais à la lettre, les codes décalés d'une partie de campagne. Votez Guy Marchant !
Noire, gambienne, d'origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, Rachel Khan est fière de se dire "racée". Mais comment vivre cet excès de "races" à l'heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? A travers une série de mots, notions et expressions "politiquement correctes", Rachel Khan pose un regard tant critique que malicieux sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances. Elle condamne les "mots qui séparent" ? souchien, racisé, afro-descendant, minorité... et les "mots qui ne vont nulle part" : vivre-ensemble, diversité, mixité, etc., qui dans une " bienveillance inclusive ", alimentent la haine et les silences. Mais elle défend avec force les " mots qui réparent " ? intimité, création, désir ? qui, eux, rétablissent le dialogue, favorisent la pensée non unique et unissent notre société. Prix littéraire des droits de l'Homme, Prix du livre politique et Prix de la Laïcité 2021.
De Camus, Hannah Arendt disait en 1952 qu'il était "sans aucun doute pour le moment le meilleur homme en France" parmi ses pairs qu'elle trouvait "tout juste supportables" . Comment expliquer un jugement aussi tranché à l'encontre d'un milieu intellectuel où l'écrivain algérois côtoyait pourtant Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty ou encore Georges Bataille ? C'est que l'auteur de L'Homme révolté a su incarner, à une époque d'extrême polarisation du débat d'idées, le difficile équilibre de la nuance. Sa lucidité, dont son ami Char disait qu'elle est la blessure la plus rapprochée du soleil, face à la réalité de l'idéologie totalitaire et son refus obstiné de céder aux sirènes du manichéisme ont fait de lui un penseur souvent caricaturé et incompris. Les Justes, Lettres à un ami allemand, Le Mythe de Sisyphe, La Chute... A l'heure de l'immédiateté numérique et de la polémique permanente, il importe plus que jamais d'entendre cette pensée exigeante, tendue comme un fil d'Ariane entre des extrêmes mortifères.