Dans la chaleur moite d'un pays blessé à vif, en Cisjordanie occupée, soldats et jeunes Palestiniens s'affrontent à combat ouvert dans les rues. Les femmes, dans la pénombre des maisons embaumées du jasmin et de myrte, s'attardent devant le narguilé. Une nuit, le couvre-feu contraint Samar, universitaire de vingt-six ans, à se réfugier chez Nouzha. Mais la jeune prostituée n'est pas seule : elle a recueilli Houssam, un résistant du quartier, grièvement blessé. Tandis que résonnent au-dehors les cris des enfants et le tapage des soldats, les femmes, au fil de la nuit, s'ouvrent aux confidences, dévoilant leurs craintes. Bientôt se joignent au trio Sitt Zakia, la sage-femme du quartier, et Oum Azzam, désireuse d'échapper à la violence de son mari. Comment pourront-elles fuir l'Impasse et rejoindre leur famille sans être dénoncées ... A travers le destin de ces quatre protagonistes, c'est la difficile condition de femme et de Palestinienne que dénonce Sahar Khalifa dans un récit saisissant de réalisme. Son écriture, actuelle, au rythme syncopé et rapide, traduit l'urgence de la situation tout en puisant aux sources savoureuses de l'imaginaire arabe.
Nombre de pages
202
Date de parution
01/11/1998
Poids
210g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080674555
Titre
L'impasse de Bab Essaha
Auteur
Khalifa Sahar
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
210
Date de parution
19981101
Nombre de pages
202,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Voici le récit d'une romancière arabe, écrit en Palestine occupée, publié en arabe par un éditeur israélien, à Jérusalem. Sahar Khalifa décrit la vie quotidienne de ces Arabes des territoires occupés par Israël, ces silencieux du malheur que tout le monde essaie d'utiliser à ses fins. Ce ne sont pas des héros, ni des militants. Ils sont occupés, torturés, bafoués, injuriés, méprisés. Et un jour ils meurent. C'est tout. Ils ont eu le temps, auparavant, de prendre dans leurs bras une petite fille israélienne dont le père, officier de l'armée d'occupation, vient d'être abattu par un résistant. Eux ne résistent pas, ils vont travailler dans les usines d'Israël pour survivre". Bulletin Gallimard, mai-juin-juil. 1978.)
C'est, dans la partie arabe d'Israël, la vie de tous les jours qui nous est décrite ici, faite de déchirements et de drames, de craintes renouvelées et d'espoirs déçus, de résignation patiente mais aussi de violences infligées ou subies. Si les hommes, tels Bassel al-Karmi, révolutionnaire sorti de prison, et son frère Adel, journaliste, cherchent à atteindre par des voies différentes le même but, l'indépendance et la paix, la condition des femmes nous est montrée dans sa plus grande complexité, incarnée par la jeune Rafif, amoureuse d'Adel, collaboratrice à la même revue, et qui ne peut supporter d'être traitée en quantité négligeable par les hommes dont elle partage les risques. A cette figure typique de notre époque fait pendant celle de Saadieh, la paysanne, qui a tout perdu en perdant son mari et qui, travaillant pour élever ses nombreux enfants, est en butte aux sarcasmes et aux calomnies de ses voisines. Saadieh n'a qu'une idée en tête : gagner assez d'argent pour acheter un terrain dans la montagne et y construire une petite maison. Et c'est là que nous nous trouvons soudain confrontés aux brutalités des occupants qui, à coups de bulldozer, dépouillent et chassent les paysans, méprisent la loi et font régner le droit du plus fort. "Les choses n'ont pas qu'un seul aspect", dit l'un des personnages. Aussi le mérite de ce livre est-il de nous montrer les malheurs des paysans, le désarroi des intellectuels, la cruauté du fait accompli qui n'apporte aucune solution durable, le conflit entre les moeurs traditionnelles et la pensée moderne avec une profonde sensibilité et une lucidité toujours en éveil.
Dans la chaleur moite d'un pays blessé à vif, en Cisjordanie occupée, soldats et jeunes Palestiniens s'affrontent à combat ouvert dans les rues. Les femmes, dans la pénombre des maisons embaumées de jasmin et de myrte, s'attardent devant le narguilé. Une nuit, le couvre-feu contraint Samar, universitaire de vingt-six ans, à se réfugier chez Nouzha dont la mère a été assassinée par les combattants palestiniens parce qu'elle était accusée de collaborer avec les Israéliens. Mais la jeune fille n'est pas seule : elle a recueilli Houssam, un résistant du quartier, grièvement blessé. Tandis que résonnent au-dehors les cris des enfants et le tapage des soldats, les femmes, au fil de la nuit, s'ouvrent aux confidences, dévoilant leurs craintes. Bientôt se joignent au trio, Sitt Zakia, la sage-femme du quartier, et Oum Azzam, désireuse d'échapper à la violence de son mari. Comment pourront-elles fuir l'impasse et rejoindre leur famille sans être dénoncées ? A travers le destin de ces quatre protagonistes, c'est la difficile condition de femme palestinienne dont nous parle Sahar Khalifa dans un récit saisissant de réalisme.
Sahar Khalifa est née à Naplouse. Après avoir enseigné à l'université de Bir Ait, en Palestine, elle suit des études de littérature anglo-saxonne aux États-Unis, puis revient en Palestine où elle fonde le Centre des études féminines qu'elle dirige depuis. Elle est considérée comme la plus grande romancière palestinienne et, en 2006, l'Université américaine du Caire lui a décerné le prix Naguib Mahfouz de littérature. Ses romans sont traduits dans le monde entier.