Tout en relevant incontestablement du même genre interactionnel que les précédents débats de l'entre-deux-tours des présidentielles françaises, le débat Le Pen/Macron du 3 mai 2017 apparaît comme inédit par la nature des deux parties en présence, ainsi que par le contexte politique bien particulier dans lequel il se déroule. Dans quelle mesure ce débat peut-il donc être qualifié, comme l'ont fait certains commentateurs, de "disruptif" ? C'est à cette question que cherche à répondre la présente étude, qui s'inscrit dans le droit fil de l'ouvrage précédent de Catherine Kerbrat-Orecchioni sur les six premiers débats de l'entre-deux-tours (de 1974 à 2012). Ce sont les mêmes aspects que celle-ci envisage successivement à propos de ce nouveau duel présidentiel : le déroulement du débat ; les caractéristiques stylistiques et rhétoriques ; la nature de l'affrontement ; et les trois registres de la persuasion : logos, éthos, pathos. Mais l'étude est complétée par deux contributions consacrées, d'une part, aux exploitations argumentatives du discours rapporté (Domitille Caillat), et d'autre part, au matériel non verbal (Hugues Constantin de Chanay), le comportement vocal et posturo-mimo-gestuel du candidat et surtout de la candidate venant renforcer l'effet de singularité que produit ce débat particulièrement "animé". Les trois auteurs de cet ouvrage appartiennent ou ont appartenu à l'Université Lumière Lyon 2.
Nombre de pages
313
Date de parution
08/01/2019
Poids
490g
Largeur
155mm
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EAN
9782343164731
Titre
Le débat Le Pen/Macron du 3 mai 2017. Un débat "disruptif" ?
Résumé : Pourquoi ne parle-t-on pas toujours directement, ce serait tellement plus simple ? Et corrélativement : pourquoi cherche-t-on à décrypter dans les énoncés d'autrui, au prix d'un surplus de " travail interprétatif ", ce qui s'y dit entre les lignes, ces sous-entendus et ces arrière-pensées qui en constituent en quelque sorte la partie immergée ? L'ouvrage tente de répondre à ces questions, en même temps que d'apporter quelque lumière dans le maquis terminologique fait de " présupposés ", de " sous-entendus ", d' " implications ", d' " insinuations ", d' " allusions ", de " valeurs illocutoires dérivées " et autres " tropes " - notions dont il propose une synthèse théorique nécessairement provisoire. L'implicite, sa vie, son ?uvre : sa genèse et ses effets pragmatiques ; comment les sujets parlants opèrent pour extraire de l'énoncé les contenus implicites, et comment ceux-ci opèrent sur les sujets parlants. A ce titre, cet ouvrage s'adresse non seulement aux spécialistes de linguistique, mais aussi à tous ceux qu'intéresse le fait que les discours agissent (discours littéraire ou " ordinaire ", politique ou publicitaire), et qu'ils agissent en grande part, subrepticement mais efficacement, grâce à ces " passagers clandestins " que sont, dans les messages, les contenus implicites.
Le concept d'énonciation fait figure de symbole et de catalyseur de la "mutation" qui caractérise la recherche linguistique aujourd'hui. L'auteur tente de définir et de circonscrire ce concept de manière extensive d'abord puis restrictive: l'essentiel de son étude consiste à décrire systématiquement, à partir d'exemples concrets, les traces de l'inscription du sujet parlant dans l'énoncé, c'est-à-dire "la subjectivité dans le langage" (Benveniste), subjectivité en un sens strictement linguistique, mais qui ne cesse de côtoyer et d'interpeller les usages communs de ce terme aussi problématique qu'indispensable. Revenant ensuite à une conception plus large et plus diversifiée des phénomènes énonciatifs, l'ouvrage s'achève sur une introduction à la "pragmatique du langage". Faire de la linguistique, c'est toujours faire "l'anatomie d'un rapport", c'est rendre compte de la façon dont les "sens sont appariés aux sons". Or, ils le sont par des sujets fort diversement "compétents": il est temps de réintroduire le sujet parlant dans la formulation de ces règles de correspondance. Telle est en tout cas l'idée centrale que cet ouvrage défend et illustre. Biographie de l'auteur Catherine Kerbrat-Orecchioni, ancienne élève de l'ENS, est agrégée de grammaire et docteur d'État. Elle est actuellement professeur en sciences du langage à l'université Lumière-Lyon II et titulaire de la chaire "Linguistique des interactions" à l'Institut Universitaire de France.
Résumé : Quand dire, c'est faire. La parole est une forme d'action : telle est l'hypothèse centrale de la pragmatique linguistique. Sont ici présentés les aspects classiques de cette théorie ainsi que ses enrichissements interactionnistes : dire, c'est faire, mais c'est aussi faire faire ; parler, c'est échanger, et c'est changer en échangeant. Cet ouvrage envisage le fonctionnement de la langue dans la communication et applique la notion d'acte de langage à divers types de discours : dialogue littéraire, conversations naturelles, échanges médiatiques.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
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L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.