48 Jimmy Dolan s?est frayé un chemin jusqu?à l?université en travaillant sur des chantiers de construction. Aujourd?hui il est responsable des relations publiques du maire de New York, un Républicain bon teint. Mais son destin va basculer lors d?un petit déjeuner de travail à la mairie, où il est pris à partie par Frankie Keefe, le patron de la section locale du syndicat des camionneurs, qui est aussi l?instrument de la Mafia. Jimmy Dolan ne peut s?empêcher de riposter et envoie Keefe au tapis ce qui lui vaut d?être limogé. Au c?ur de l?altercation entre les deux hommes, il y la réélection du leader des camionneurs, poste auquel Mike Dolan, le père de Jimmy est aussi candidat. Un candidat gênant. Toute sa vie, il s?est battu pour un syndicalisme propre, délivré de l?emprise du crime organisé, et il ne bénéficie pas de la moindre protection, comme il l?apprendra à ses dépens. Pris dans une nasse d?intérêts contradictoires, Jimmy Dolan devra-t-il risquer sa vie et celle de sa fiancée, l?officier de police Tara O?Neil, pour défendre ses convictions ? En exergue du roman figure cette citation de Jimmy Hoffa, qui fut le patron des Teamsters, le syndicat des camionneurs américains, personnage réel bien connu des lecteurs d?Ellroy : « Chaque homme a son prix ; le vôtre, c?est combien ? » Le sujet du livre est là, dans cette simple phrase : la corruption de toutes les valeurs, politiques, civiques, humaines, par l?argent. Racketter les uns pour acheter les autres, faire pression en coulisse pour étendre son pouvoir sur le devant de la scène, c?est cette lutte sournoise et violente du fort contre le faible, de l?homme intègre contre les gangsters que dépeint Thomas Kelly. C?est le plus vieux sujet du roman noir, revisité avec force et talent, car au-delà de l?histoire de cette élection syndicale truquée, des luttes d?influence et des enjeux financiers, il y a aussi l?histoire d?une ville que Thomas Kelly continue de narrer, comme il l?avait entrepris dans Le Ventre de New York (Rivages/Noir n° 396). Plus encore que la vie des puissants, il veut évoquer celle des fils et petits-fils d?émigrés irlandais ? policiers, pompiers, dockers, ouvriers ? les vrais bâtisseurs de la cité. C?est à travers la description des lieux ? bars irlandais peuplés d?ivrognes « kamikazes », chantiers, salles de réunion etc. ? et une approche subtile des dialogues ? chaque personnage évolue dans le registre qui lui est propre ? que le monde de Kelly prend vie, se déploie en une fresque aux couleurs violentes et contrastées. Rackets est un roman noir qui tient en haleine, une vraie histoire de gangs et de Mafia, un document sur le syndicalisme américain, mais c?est aussi une élégie à la gloire de la classe ouvrière italoirlandaise, avec ses contradictions, ses crimes et ses compromissions, son énergie, sa loyauté, et son humanité. L?auteur a le sens de la tragédie et de l?épopée, et il confirme dans ce livre ambitieux, aux ramifications nombreuses, le souffle de romancier qu?on avait admiré dans Le Ventre de New York. S?il se fait le chroniqueur d?un monde en voie de disparition, il est, lui, bien vivant en tant que porte-parole du roman social et urbain d?aujourd?hui.
Nombre de pages
392
Date de parution
03/10/2003
Poids
495g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782743611644
Titre
Rackets
Auteur
Kelly Thomas ; Bondil Danièle ; Bondil Pierre
Editeur
RIVAGES
Largeur
155
Poids
495
Date de parution
20031003
Nombre de pages
392,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Issus d'une famille irlandaise émigrée à New York, les frères Adare ont grandi dans le quartier du Bronx. L'aîné, Paddy, est un ancien boxeur devenu le bras droit de Jack Tierney, qui contrôle les jeux du quartier Hell's Kitchen et le racket du bâtiment du West Side. Le cadet, Billy, pour finir de payer ses études universitaires, est devenu ouvrier dans la construction d'un gigantesque tunnel qui doit alimenter la ville en eau potable. L'entrepreneur de ce projet, Joe Harkness, est un patron impitoyable qui contrôle une multinationale. Il a toujours su corrompre ou opposer les différents syndicats pour payer des salaires au rabais. Mais les ouvriers du tunnel possèdent un syndicat unique et ses dirigeants sont incorruptibles. Pour les intimider et les obliger à signer un accord défavorable, Joe fait appel à la mafia italienne, puis au gang de Jack Tierney. Quelle sera l'attitude des frères Adare lorsqu'ils vont se retrouver dans des camps opposés ? Tom Kelly, qui a lui-même travaillé dans le bâtiment et connaît bien le monde syndical américain, signe un premier roman réaliste et social, structuré autour de la famille Adare. Rude et solide, c'est un témoignage saisissant sur le racket dans la construction et les méthodes musclées utilisées pour combattre les syndicalistes durant les années quatre-vingt, à l'époque où Ronald Reagan était président. Dans une atmosphère de corruption et de meurtres, ce récit reflète les liens obscures qui unissent les entrepreneurs, la politique et le crime organisé. --Claude Mesplède
Les frères Adare ont grandi dans une famille ouvrière du Bronx. A la mort du père, Paddy Adare est élevé par son oncle et devient le bras droit d'un chef de gang irlandais. Son frère Billy suit une autre voie et entre à l'université. Pour financer ses études, il travaille au creusement d'un tunnel qui doit alimenter la ville de New York en eau potable. Deux itinéraires, deux mondes incompatibles qui vont s'affronter. Thomas Kelly plante son décor dans les années quatre- vingt à New York où l'essor du bâtiment voit aussi celui des dessous de table, des commissions occultes et des emplois fictifs. Le tout orchestré par la mafia. Mêlant étroitement fiction et réalité, Thomas Kelly dépeint l'univers hallucinant des tunnels où des hommes- taupes creusent au péril de leur vie, un univers qu'il a côtoyé de près pour y avoir lui- même travaillé. Ce premier roman a étonné la critique américaine et française par sa maturité et l'ampleur de sa vision. --Ce texte fait référence à l'édition Poche.
New York, 1930. Comme un pied de nez à la Grande Dépression, commence l'édification du plus haut gratte-ciel du monde, l'Empire State Building. Sur ce chantier colossal se pressent des milliers de vies minuscules, simples pions entre les mains des politiques et des puissances d'argent. Michael Briody, immigré irlandais déchiré entre son désir de refaire sa vie dans ce pays neuf et son devoir d'amasser armes et argent pour la cause républicaine dans sa patrie, s'échine sur le monstre d'acier. Il n'échappe pas longtemps à la mafia irlandaise, par laquelle il rencontre Grace, qui vit de ses talents de peintre dans une petite maison flottante. Briody s'en éprend, mais elle entretient une liaison avec un homme redoutable : Johnny Farrell, l'homme du maire de New York, son relais auprès de la douteuse machine du parti démocrate. Plus l'Empire State s'élève vers le ciel, plus Briody prend conscience que ses fondations reposent sur un bourbier d'argent sale... Après Le ventre de New York puis Rackets, Thomas Kelly poursuit sa chronique de la ville du roman noir par excellence : démesure, déshumanisation, violence et corruption caractérisent l'histoire de cette métropole où pègre et politique ont souvent régné côte à côte. Fasciné par les grands chantiers de construction, Kelly nous fait partager cette aventure humaine dans un roman foisonnant, érudit, émouvant, palpitant.
Né dans une famille paysanne de l'Ohio, Thomas R Kelly (1893-1941) enseigna la philosophie dans plusieurs universités américaines, cherchant à faire se rencontrer les pensées occidentales et orientales. Parallèlement il constitua des modèles de fraternités pour développer son type de spiritualité.
L'Andorra du roman obsédant de Peter Cameron est inspiré d'une principauté isolée dans les Pyrénées. Transformée en un paradis éclaboussé de soleil, chacun y a quelque chose à cacher. C'est là que vient Alexander Fox, pensant y trouver réconfort et refuge, alors qu'il n'y rencontre que des souvenirs inquiétants de son passé. Andorra est un roman brillant et inventif sur le mensonge, le désir, et la tromperie de la mémoire.
Un trafiquant d'armes de Miami veut rapatrier clandestinement aux États-Unis l'argent qu'il a placé aux Bahamas. Il charge Jackie Burke, une hôtesse de l'air qui a déjà pas mal d'heures de vol, de rapporter à chacun de ses voyages quelques paquets de dollars. Jusqu'au jour où, arrêtée par des agents du FBI, elle est incarcérée pour importation illégale de devises. Contre sa libération, elle accepte d'aider les fédéraux à coincer le trafiquant. Mais afin de se ménager une autre porte de sortie, elle sympathise avec Max, venu verser sa caution, et lui propose un plan pour gruger police et truand. Ce récit plein d'humour d'un des maîtres du roman noir a inspiré Jackie Brown, le film de Quentin Tarantino. À cinquante ans passés, Jackie et Max, attirés l'un vers l'autre, retrouvent leur candeur d'adolescents pour s'engager dans un gros coup joyeusement immoral. Cette histoire d'arnaque, qui reste un modèle du genre, est soutenue par des dialogues réalistes et brillants. --Claude Mesplède
Ce petit recueil de 4 contes nous permet de découvrir différents aspects de l’œuvre de Madame de Murat qui explore, à travers le merveilleux, les limites du genre et contrebalancent les caractéristiques du féminin et masculin. Une liberté d’expression et une rébellion face aux archétypes sociétaux qui est à l’image de sa vie que nous pouvons découvrir grâce à la préface de Sylvie Robic. Savoureux, ces Contes de fées queer démontrent une modernité absente des contes classiques et nous rappellent le pouvoir subversif de l’imaginaire.
Nudités rassemble en une série de brefs essais les motifs au coeur de la recherche de Giorgio Agamben : depuis la fête, qu'il met de manière inattendue en relation avec le phénomène contemporain de la boulimie, jusqu'à la nudité, dont les implications théologiques cachées sont soumises à l'enquête archéologique ; depuis le problème du corps glorieux des béats, qui ont un estomac et des organes sexuels mais qui ne mangent pas et ne font pas l'amour, jusqu'à la figure nouvelle d'une identité impersonnelle imposée à l'humanité par les dispositifs de la biométrie. Le point de fuite vers lequel convergent tous ces thèmes est le désoeuvrement. Non comme oisiveté ou comme inertie, mais comme le paradigme de l'action humaine et celui d'une nouvelle politique.