Le 29 décembre 1991, Mohamed Chara est mort en prison, après quatorze années de détention. Qui, normalement, s'en serait jamais soucié ... Condamné à mort, puis à perpétuité pour le meurtre d'une femme et de sa petite fille âgée de cinq ans, il n'avait cessé de clamer son innocence. Mais ils sont si nombreux, derrière les hats murs, à hurler ainsi... De fait, le cas Mohamed Chara est devenu l'affaire Chara lorsque Daniel Karlin et Rémi Lainé, de passage au centre de détention de Toul dans le cadre d'une série télévisée sur la justice, ce sont peu à peu convaincus que cet homme rencontré par hasard était bel et bien innocent. Un film en est sorti, diffusé le 9 octobre 1991 : Mohamed Chara est en prison depuis quatorze ans pour un crime qu'il n'a pas commis. Ce film a bouleversé la France. Le principal intéressé n'a pu en recueillir les fruits. Usé par la prison et la maladie, il est mort à 33 ans, deux jours après le dépôt d'une demande en révision de son affaire. Daniel Karlin et Rémi Lainé ont voulu continuer le combat pour que justice soit enfin rendue et que soit « ?déchargée la mémoire du mort » (Code de procédure pénale, article 625). Pour cela, ils ont décidé d'exposer dans un livre l'intégralité du dossier. Ils y racontent leurs recherches, leurs découvertes, leurs doutes et leurs certitudes. Le résultat est terrifiant : enquête orientée, témoignages manipulés, instruction bâclée, et, au bout du compte, deux condamnations successives à la peine maximale. On souffre pour Chara. On a honte. Et l'on est saisi par la poignante obstination ? ses lettres l'attestent ? d'un jeune homme retiré de la vie à dix-neuf ans.
Nombre de pages
324
Date de parution
09/09/1992
Poids
401g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782020182287
Titre
L'affaire Chara. Un innocent meurt en prison
ISBN
2020182289
Auteur
Karlin Daniel ; Lainé Rémi
Editeur
SEUIL
Largeur
153
Poids
401
Date de parution
19920909
Nombre de pages
324,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le film Et si on parlait d'amour, sorti en salles en avril 2002, a provoqué des réactions très violentes et suscité la polémique. On a accusé Daniel Karlin d'être un obsédé du sexe, de réduire l'amour à la copulation. Tout cela... à cause des quelques minutes au cours desquelles tous les personnages du film ont accepté d'être montrés dans des moments dits de sexe explicite. Poursuivant une démarche qu'il mène depuis une trentaine d'années, il a tenté dans Et si on parlait d'amour, de faire le point sur de nouveaux espaces de liberté conquis par la population de ce pays. Comme toujours, il a présenté des gens ordinaires, capables aujourd'hui d'assumer des conduites qu'ils auraient craint d'avouer il y a quelques années. Au cours de ce travail, il lui est apparu que l'avancée principale est la fin du silence et du secret sur des désirs, des fantasmes et des comportements très largement répandus chez nos concitoyens. Qu'il est difficile en France de n'être ni du côté des intellectuels branchés, qui découvrent dans le cinéma pornographique le nec plus ultra de la liberté sexuelle ni de ceux pour qui le retour à l'âge des bordels, des faiseuses d'anges et des procès pour attentats aux m'urs garantirait à nouveau "l'ordre public" ! Tout au long de ces pages, Daniel Karlin n'a parlé que d'amour. C'est sans doute pour cela qu'il a pris tant de plaisir à les écrire. Plaisir ô combien communicatif.
Daniel Karlin a troqué son rôle d'interviewer pour celui de conteur. Avec la sensibilité et la force d'observation qui l'ont fait connaître, il nous propose des récits où en permanence se mêlent réalité et fiction, intime et universel, petite et grande histoire. Sa palette est large: on croise dans ce livre des personnages attachants ou odieux, des situations drôles ou désespérées. Une belle nostalgie guide parfois sa plume, comme lorsqu'il évoque avec tendresse la vie de Broussilovski, vieux militant du Parti communiste, ancien camarade de cellule et personnage infiniment romanesque. Ou au contraire une colère froide résonne, celle de l'homme qui, toute sa vie, a combattu l'injustice. C'est le cas dans le récit sans concession qu'il fait de sa relation avec Monseigneur Di Falco, ci-devant évêque auxiliaire de Paris, accusé de pédophilie par un de ses anciens élèves. Dans ces histoires qui résonnent comme le "off" de ses films, Karlin, à son habitude, ne cesse d'explorer ce qui nous préoccupe tous: la curieuse mécanique de l'âme humaine. Biographie de l'auteur Daniel Karlin, réalisateur d'émissions et séries, tenues pour des moments importants de l'histoire de la télévision française. Entre autres Portrait de Bruno Bettelheim, La Raison du plus fou, L'Amour en France. Écrivain, auteur de nombreux ouvrages, souvent avec le psychiatre Tony Lainé, parmi lesquels La Mort du père, Les Violences de l'amour.
Trois ans durant, Daniel Karlin et Tony Lainé ont filmé des hommes et des femmes, des enfants, des hétérosexuels, des homosexuels, des gens qui s'aiment. Ainsi sont nés, tout ensemble, une monumentale série télévisuelle de dix heures trente minutes diffusée par la Sept et Antenne 2 - et aussi ce livre, narration de tout ce qu'aucune caméra ne pourra jamais montrer : toutes les subjectivités, invisibles et silencieuses, l'évocation des scènes jamais tournées ou de celles qui, tournées, ne seront finalement pas montrées à l'écran. {L'Amour en France} est une formidable collection de portraits qui, tous réunis, constituent la radiographie du coeur et du sexe des Français. Au fil des pages, c'est le vrai roman des cinquante dernières années qui s'écrit, où chacun de nous, pris individuellement, devient héros, nu et tremblant, impudique et touchant.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...