Monsieur le Préfet. Incarner l'Etat dans la France du XIXe siècle
Karila-Cohen Pierre
CHAMP VALLON
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EAN :9791026709732
L'image traditionnelle que l'on se fait de l'autorité préfectorale au XIXe siècle est celle d'une autorité martiale exercée par un haut fonctionnaire doté d'immenses pouvoirs, véritable "empereur au petit pied". En réalité, construire une autorité considérée comme légitime par les Français, en premier lieu par les élites départementales, a nécessité un travail institutionnel et individuel permanent. Dans ce siècle de révolutions, préfets et sous-préfets se sont situés aux avant-postes de la conquête morale du territoire afin d'enraciner le régime qu'ils servaient et, au-delà, de faire accepter l'Etat aux populations. Il s'agissait pour eux de "gagner les sympathies" et de pratiquer "l'art de plaire" pour imposer leur autorité et celle du gouvernement. A rebours des clichés sur les préfets "pachas" du XIXe siècle, ce livre entend analyser ce travail de conquête négligé par l'historiographie. Fondé sur le dépouillement de dizaines de dossiers de carrière, la lecture de Mémoires et de correspondances, celle, aussi, de la volumineuse littérature contemporaine consacrée à "Monsieur le Préfet", cet ouvrage dissèque la construction de ce charisme de fonction à partir de terrains originaux, notamment le corps physique du préfet, vecteur d'une incarnation de l'Etat, ou encore le bal de la préfecture, moyen de séduction et de gouvernement. Il établit comment l'art de représenter a pu faire et défaire des carrières, réservant aux figures "agréables" et aux plus sociables des administrateurs les postes les plus en vue. Il montre aussi comment la littérature et le théâtre ont su démonter point par point les constructions étatiques du rôle préfectoral, fait de modération et de séduction. Enfin, il éclaire la popularité réelle que certains préfets ou sous-préfets du XIXe siècle ont su acquérir, déclenchant alors de véritables manifestations au moment de leur départ du département ou de l'arrondissement.
Nombre de pages
366
Date de parution
08/04/2021
Poids
600g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791026709732
Titre
Monsieur le Préfet. Incarner l'Etat dans la France du XIXe siècle
Auteur
Karila-Cohen Pierre
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
600
Date de parution
20210408
Nombre de pages
366,00 €
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Comment mesurer l'opinion publique? Comment saisir et comprendre ses évolutions? Comment comprendre la distribution des adhésions politiques selon les milieux sociaux, l'appartenance professionnelle, l'environnement rural ou urbain? En France, ces questions, dont on peut souligner la modernité et l'actualité, se sont posées pour la première fois de manière durable sous la Restauration et la monarchie de Juillet lors de l'avènement du parlementarisme, qui favorise une réflexion approfondie sur "l'art de gouverner" et les relations nouvelles entre État et société après la chute du pouvoir autoritaire et personnel de Napoléon. Le livre de Pierre Karila-Cohen présente et analyse l'invention des premières véritables enquêtes gouvernementales sur l'opinion publique et les opinions politiques. Il les suit de leur conception à leur réception et montre comment les préfets et les autres agents de l'État s'improvisent enquêteurs, collectent des renseignements, au gré de longs voyages, de tournées départementales et de rencontres avec de grands et petits notables, et forment un savoir nouveau sur "l'état des esprits". Des pratiques et un savoir, dont Stendhal a donné un aperçu dans Lucien Leuwen, et qui se trouvent à la source aussi bien des Renseignements généraux que de la science politique et des sondages. Biographie de l'auteur Pierre Karila-Cohen, ancien élève de l'École Normale Supérieure (Ulm) et agrégé d'histoire, est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Rennes 2.
Un ouvrage novateur sur le rôle des préfets dans la Grande GuerreImmense effort militaire, la Première Guerre mondiale a nécessité aussi l'engagement sans faille des autorités civiles. Déjà rodés avant 1914 à l'intervention de l'Etat, préfets et sous-préfets durent affronter avec le déclenchement du conflit une somme de problèmes considérable, dont la résolution était vitale pour la nation : mobilisation, ravitaillement, accueil des réfugiés, surveillance du territoire ? Certains départements du Nord et de l'Est étaient occupés ou directement exposés au feu, ce qui rendait les enjeux militaires et civils encore plus sensibles. Réunissant douze contributions, cet ouvrage est le premier qui cherche à explorer les diverses situations auxquelles furent confrontés ces hauts fonctionnaires français, représentants de l'Etat, de l'invasion du territoire à la victoire, en Bretagne comme dans le département d'Alger, au centre de la France comme dans le Nord et le Pas-de-Calais. Il présente en outre le journal inédit d'un jeune sous-préfet au front.
Résumé : Cet ouvrage se propose de présenter de manière synthétique et pédagogique, à l'usage des élèves de classes préparatoires, de premier et de deuxième cycles universitaires, mais aussi de tous les lecteurs curieux d'histoire, les acquis récents de la recherche historique et sociologique sur le syndicalisme en France depuis les premières organisations ouvrières du XIXe siècle jusqu'à la crise actuelle des grandes confédérations et ses conséquences pour le système social français. Existe-t-il un modèle spécifique de syndicalisme français ? Quelle place les organisations professionnelles ont-elles tenu dans l'histoire de ce siècle ? Quelle interprétation peut proposer l'histoire de la crise actuelle du syndicalisme ?
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...