Dieu était fatigué. Il voyait cette terre et ce qu'elle était devenue. Les hommes l'avaient anéantie. Il décida d'envoyer un nouveau Dieu sur terre, mais un Dieu fait à leur image, et digne d'eux..." Cela sur une île grecque, à la fois anonyme et tout à fait reconnaissable, où le nouveau Messie se trouve, à son insu, être le policier du lieu, chargé d'enquêter sur une inquiétante série de meurtres et de disparitions, tant parmi la population locale que dans la colonie étrangère, haute en couleur, qui hante à sa façon cet impossible paradis. Une tour de Babel où les langues, les rapports humains, et surtout les sexes sont brouillés et troubles - image de notre monde dissolu qui va éclater dans la chaleur, alors qu'au même moment va disparaître ce nouveau fils de Dieu, le somnambule. Elle-même issue de cette île où elle s'est retirée pour écrire, la romancière participe des deux communautés dont elle saisit les contrastes et démêle la complexité des rapports avec un humour saccageur, et une profonde humanité dont un certain romantisme libertaire et mystique n'est pas absent.
Nombre de pages
216
Date de parution
13/10/1987
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070710669
Titre
Le Somnambule
Auteur
Karapanou Margarita
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
19871013
Nombre de pages
216,00 €
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L'être humain est tellement retors qu'il se raconte des demi-vérités, même lorsqu'il soliloque. Peut-il être absolument sincère en mentant à autrui ? En voulant dire la vérité, n'est-on pas véridique en partie seulement ?Les personnages de roman ont aussi de ces duplicités, a fortiori si la narratrice vous raconte deux fois son histoire d'amour défunt : laquelle des deux versions est le remake de l'autre ? Serait-ce parce que la narratrice est romancière qu'elle s'invente un véritable passé avec Alcibiade, son mari vétérinaire, chaque fois qu'elle veut tout nous révéler, en serrant sa chienne Lyne sur son coeur ? Comment savoir : seuls les animaux ne mentent jamais, et pour cause ! S'ils pouvaient parler, nous apprendrions peut-être lequel de ces deux monstres a terrassé l'autre.
Le recueil de poèmes d'Anila Kananasi Karapidou et son "Adieu" exprime la nostalgie de la séparation, mais interroge également sur l'intimité de l'exil et la complexité de cette expérience individuelle et collective. La poésie par sa forme courte interroge la langue. L'enjeu n'est pas de dire la vérité mais de choisir de transcrire avec sensibilité une voie nouvelle, permettant de vivre et d'aimer.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.