Qu'est-ce que naître en 1938, dans une Europe devenant jour après jour le théâtre de la barbarie, des assassinats, et du plus terrible des crimes contre l'humanité ? À première vue, ce pourrait être l'histoire de cette petite fille juive grandissant dans ce drame que nous restituerait ici Monique Jutrin, en évoquant les souvenirs d'un passé qui s'éloigne indéfiniment. Pourtant, il faut bien reconnaître qu'il n'est jamais ici question de faire de tous ces événements, de toutes ces expériences et ces vicissitudes, une histoire de plus. Il s'agirait plutôt d'en faire, absolument, une histoire propre, puisée, pétrie dans le commun et la matière de ces époques et de ces lieux à présent si lointains qu'ils en semblent disparus. Un récit, en somme, que l'on se doit à soi-même comme aux êtres qui nous ont été et nous seront éternellement chers. En ce sens, Retour vers le château de Là-bas n'est aucunement le récit d'un ailleurs, d'un là-bas, d'un tout là-bas, même d'un au-delà. C'est le récit d'un ici, devrait-on dire, d'un ici tout à fait vivant, vivace, au plus près de soi, comme si tout ce là-bas, du plus lointain qu'il puisse faire appel, était au fond ce qui demeure le plus proche et le plus intime. C'est là sans doute la leçon majestueuse de ce récit tout intérieur.
Nombre de pages
82
Date de parution
17/10/2025
Poids
130g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782493282675
Auteur
Jutrin Monique
Editeur
WAKNINE
Largeur
155
Date de parution
20251017
Nombre de pages
82,00 €
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Alors que l'on redécouvre aujourd'hui l'oeuvre de Panaït Istrati, la vie de ce conteur roumain devenu écrivain français est encore peu connue. Pourtant, sa personnalité a profondément marqué ceux qui ont croisé sa route. Parmi ceux qui se souvenaient de cet "homme exquis", de cette "âme ardente" : Romain Rolland, Victor Serge, Nikos Kazantzaki, Joseph Kessel, Frans Masereel, Henry Poulaille, Jean-Richard Bloch... Défenseur des opprimés, Istrati a sympathisé avec la révolution russe à ses débuts. Mais pour avoir critiqué durement le régime mis en place par Staline en 1929, il est calomnié et abandonné par ceux-là mêmes qui s'extasiaient devant sa puissance littéraire quelques années plus tôt. Ne conservant que de trop rares amis, il s'éteint en 1935, oublié de tous, à Bucarest. Roumaine par ses racines, française par sa forme, universelle par son caractère foncièrement humain, l'oeuvre d'Istrati, à l'image de ses haïdoucs, bandits des Balkans, n'a cessé de se heurter aux cadres établis. De l'étoffe d'un Cendrars, d'un Kessel, d'un Gary, il fut homme avant d'être homme de lettres, conteur plus qu'écrivain.
Lire Benjamin Fondane, c'est approcher un poète, ET ATHÈNES dramaturge, critique et cinéaste majeur du xxe siècle. Lire Benjamin Fondane, c'est découvrir une personnalité hors norme, interrogeant son identité et son appartenance au judaïsme. Lire Benjamin Fondane, c'est mieux connaître Marc Chagall, Shalom Alechem, Martin Buber, Franz Kafka, Jacques Maritain. Dans le présent ouvrage, ses écrits de jeunesse, traduits du roumain, précèdent ses écrits en langue française. Des textes qui portent sur la confrontation entre l'expérience biblique et la pensée existentielle. Tour à tour littéraires, philosophiques ou politiques, ils nous font plonger dans le monde de l'entre-deux-guerres où se cherchait l'Europe et ils manifestent la condition du Juif au sein de la modernité. Voici, préservé par Monique Jutrin, « l'Ulysse juif ». Textes réunis, présentés et annotés par Monique Jutrin Juif français né en Roumanie, Benjamin Fondane meurt à Auschwitz en 1944. Professeure de littérature à l'université de Tel-Aviv, Monique Jutrin est fondatrice et présidente de la société d' études Benjamin Fondane dont elle dirige la publication des Cahiers.
Prise au piège de l'Histoire à l'orée de la Seconde Guerre mondiale, Rachel Bespaloff relit l'Iliade à la lumière des évènements contemporains. Scrutant la pensée grecque avant qu'elle ne devienne dialectique, elle y distingue une forme de pensée particulière, essentiellement éthique et proche de la pensée biblique. Elle la définit comme la science des moments de détresse totale où l'absence de choix dicte la décision. Mode particulier de pensée qui prévaut chaque fois que l'homme se heurte à lui-même à un tournant de son existence. Il n'en resterait pas de traces s'il n'y avait la poésie pour en témoigner. Précédé d'une introduction de Monique Jutrin, le texte de De l'Iliade est accompagné de deux articles de la même époque, L'humanisme de Péguy et Le monde du condamné à mort de Camus ainsi que d'un inédit : Les deux Andromaques.
La reine fantasque, conte ; poésies diverses ; Sur les herbiers, lettre à Madame Delessert ; Sur les mousses, lettre à Monsieur de Malesherbes ; préface au Dictionnaire de musique ; Sur la musique militaire. De Jean-Jacques Rousseau, nous conservons comme une sorte de portrait figé et forgé par l'institution scolaire. Pourtant, ce portrait comprend de nombreux autres Rousseau, dont le présent ouvrage propose de découvrir quelques facettes, en révélant le fameux homme de lettres sous ses diverses plumes. un cd : Les pantouflettes (paroles et musique Jean-Jacques Rousseau)
« L'amour de l'Italie aura été une des plus fortes passions de ma vie d'artiste et de ma vie intérieure. » L'aveu est de taille. Lorsqu'il débarque en Sicile en 1921, le peintre Maurice Denis (1870-1943), pose le pied sur la terre italienne pour la huitième fois. Arrivé d'Afrique du Nord avec l'une de ses filles, il vient s'y consoler d'un grand deuil. Maurice Denis a profondément aimé ce pays. Carnets de voyage en Italie peut être regardé comme un récit pittoresque ? c'est bien le mot ? de ses passages dans diverses villes, mais aussi une leçon d'histoire de l'art à travers l'étude de grands maîtres de la peinture. Assurément, ces Carnets sont ceux d'un peintre qui sait, qui aime écrire, et la chose est rare.
Au sein de l'exceptionnelle bibliographie de Henri Focillon brille d'un éclat particulier un petit texte : Eloge de la main, qui figure toujours en appendice à la Vie des formes. Pourtant ce texte court, d'une profondeur et d'une intensité rares, peut être lu pour lui-même, en ce qu'il propose au lecteur une réflexion sensible autour de la main de l'homme, entendue comme outil pratique, artistique, voire spirituel, à même d'être élevé au statut d'une invention sans pareille, comparable à celles du feu et de la roue dans l'histoire de l'humanité.
Héritier du théâtre grec, le théâtre romain n'a fait usage du masque pour ses représentations qu'à partir du premier siècle avant notre ère. Qu'il s'agisse de tragédies (Accius ou Pacuvius) ou de comédies (Plaute ou Térence) l'usage du masque a d'abord été d'ordre technique, cet accessoire faisant alors office de porte-voix afin que tous les spectateurs puissent entendre la pièce. Un curieux personnage (Francesco de Ficoroni) (1664-1747) (homme de grande érudition, collectionneur, antiquaire et archéologue) a rassemblé dans un petit ouvrage des dizaines de ces masques appartenant à la tradition théâtrale romaine, grâce auxquels nous pouvons découvrir combien ces masques ont pu devenir, en eux-mêmes et par eux-mêmes, des objets d'art à part entière : un univers fascinant et somptueux, dont chacun désormais pourra faire l'expérience en parcourant ces pages.