Haïlé Sélassié a régné pendant cinquante-huit ans sur une cohorte de personnages excentriques et difficiles à gouverner : l'ambitieuse et cruelle impératrice Taïtou ; Yassou, l'intrigant, qui longtemps prétendit au trône d'Ethiopie ; Baltcha, le guerrier eunuque, célèbre pour sa bravoure, redouté pour ses complots. Ils sont encore nombreux, dans cette étonnante procession, à participer à la succession de cérémonies fastueuses, de fêtes et de conspirations sanglantes ponctuant l'histoire de l'Ethiopie au XXe siècle. Le dernier Roi des Rois ne s'est pas contenté de ce tour de force. Iil faut ajouter à cette prouesse le " climat " éthiopien, avec l'esclavage, la torture et le retard économique ; le tout aggravé par le contexte international, car l'Ethiopie fut le champ de bataille favori des grandes puissances pendant les deux guerres mondiales. Il ne faut pas omettre les problèmes du séparatisme érythréen, de l'éveil du tiers monde et de l'Organisation de l'Unité Africaine. Haïlé Sélassié a su faire face à toutes ces difficultés réunies. Cela donnera une idée de l'exceptionnelle habileté de ce souverain. Politicien et diplomate hors pair, Haïlé Sélassié fut un être secret, mûrissant dans l'ombre des projets qu'il poursuivait avec une patience et une obstination capétiennes. Faisant preuve d'une grande objectivité, Gontran de Juniac tente de restituer les mille facettes de cette personnalité souvent méconnue. Incomprise, même, car le dernier Roi des Rois n'a pas échappé aux pires calomnies. C'est le sort des novateurs. En 1974, sa chute brutale l'a empêché de se justifier. Aujourd'hui, l'ouvrage de Gontran de Juniac le tire de son purgatoire. Portrait d'une rare finesse, histoire détaillée d'un règne prestigieux, " le Dernier Roi des Rois " éclairera aussi l'Éthiopie actuelle. Somme historique émaillée d'humour et de lyrisme, cet ouvrage doit être lu par tous ceux qui veulent connaître l'Ethiopie d'hier et d'aujourd'hui, pour mieux connaître le monde de demain.
Fin 1944, après l'euphorie de la Libération, le réveil des Français est douloureux. Le pays est meurtri par cinq années d'occupation nazie. Les moyens de transport ferroviaires, routiers et maritimes sont sinistrés. La restauration des liaisons aériennes est donc une priorité du gouvernement provisoire de la République française. Manquant de tout, avec une flotte dépassée, le Réseau des lignes aériennes françaises rétablit rapidement, à la fin de la guerre, les liaisons aériennes entre les grandes villes françaises puis entre la métropole et les colonies. La paix revenue, Air France lui succède le 1er janvier 1946. Elle ouvre au cours de l'été ses premières liaisons transatlantiques avec des appareils américains, DC-4 et Constellation. Leur utilisation, qui ne devait être qu'une exception en attendant le développement d'appareils nationaux, se généralise au fil des mois car les constructeurs nationaux souffrent des difficultés de l'après-guerre. Pourtant, le formidable développement des technologies aéronautiques durant la guerre annonce un avenir prometteur à l'aviation civile mondiale. Air France devra donc relever ce défi : se doter d'avions modernes et adaptés à cette nouvelle époque, développer le réseau aérien aussi bien français que mondial, afin d'élargir le rayonnement de la France et s'imposer dans les cieux.
Il est nécessaire dé conter les histoires... Le conte est une histoire personnelle, collective, partagée, qui crée un suspense, immerge l'auditoire dans un contexte, décrit le caractère des personnages. Le conte aborde les facettes des conflits qui se créent entre l'homme et la nature, montre, fait toucher du doigt évoque des sensations. Les quatre contes de ce recueil mettent en scène des héros face à des périls et proposent des actions et des solutions. Les trois premiers contes préparent le quatrième : solidarité entre les animaux, solidarité des animaux envers les hommes, solidarité des arbres et des animaux et enfin solidarité de tous pour une biodiversité protégée et un avenir sociétal meilleur. L'histoire finit avec espoir et appelle à des actions collectives. Il est temps d'agir si nous voulons garder nos forêts congolaises !
Leymarie Philippe ; Perret Thierry ; M'Bokolo Elik
L'Afrique noire est mal partie, pronostiquait sombrement René Dumont il y a trente ans. Et de fait : famines, épidémies et guerres civiles ravagent un continent qui ne parvient guère à décoller économiquement, en proie à la corruption, au pillage de ses ressources et à l'exode de ses élites. Pourtant, l'Afrique ne manque pas d'atouts : ici et là, les vieux dictateurs sont congédiés, l'exigence démocratique s'installe. Des médiations se créent pour mettre un terme aux conflits. A l'ONU, le continent apprend à être une force autonome. Une nouvelle conscience africaine émerge. Des écrivains, des chanteurs et des musiciens, des plasticiens, des cinéastes portent la voix de l'Afrique dans le monde. Sans concessions ni parti pris, c'est cette nouvelle Afrique, dans la multiplicité de ses aspects, que ce livre donne à voir. Il propose une synthèse sur chacun des Etats africains, évoque les principales figures politiques et les grandes étapes de l'histoire contemporaine, offre un tableau des conflits, étudie les grands faits de société (religions, corruption, villes), présente les principaux partenaires du continent, les enjeux économiques, sociaux et culturels. Des cartes, les " éphémérides " de RFI, qui jalonnent un demi-siècle d'actualité, des chronologies, un choix de textes fondateurs et un index détaillé complètent ce panorama d'un continent en mouvement.
« Dans le royaume du Kongo, une foule grouillante, habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés, et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu'à la moelle des os! » Cette exclamation de l?explorateur et ethnologue Frobenius montre, qu?au tournant du xxe siècle, la grandeur de cette civilisation n?était pas effacée. Replaçant les événements qui donnèrent sa force au royaume dans la longue durée historique, l?auteur en analyse les institutions et les symboliques. Une capitale, San Salvador, reparaît où une modernité a tenté de naître dès le xvie siècle, à partir d?une transition féconde. L?affrontement des souverains, des hommes, la rivalité des dieux sont représentés dans la confrontation des croyances et dans les formes d?un art kongo somptueux. Ce livre est nécessaire à la compréhension d?une actualité où, de part et d?autre du fleuve, les deux Congo s?engagent dans une histoire nouvelle encore tumultueuse. Il montre les enracinements de la civilisation, il rappelle l??uvre accomplie au cours des siècles, l?impossible déni d?une histoire active et féconde.
Cet homme a changé le regard que le monde portait sur l'Afrique. Né en 1910 à Saint-Louis du Sénégal, Alioune Diop arrive à Paris en 1937, comme un étudiant pauvre et inconnu. Dix ans plus tard, il est devenu sénateur français, directeur de cabinet du gouverneur général de l'AOF, et ses amis s'appellent Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Pablo Picasso, André Gide, Aimé Césaire, Joséphine Baker, Duke Ellington, Boris Vian... Sa revue Présence africaine va révéler la grandeur de la civilisation africaine, autour de jeunes intellectuels comme Wole Soyinka, Cheikh Anta Diop, Joseph Ki Zerbo et Amadou Hampâté Bâ, Joseph Zobel, Maryse Condé ou Abdoulaye Wade. En 1956, Alioune Diop réunit le premier congrès des intellectuels et artistes noirs à la Sorbonne et invente, avec Léopold Sédar Senghor, le premier festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966. Homme humble au rayonnement exceptionnel, sa vie qui s'achèvera en 1980, à Paris, raconte l'histoire de la décolonisation et l'émergence d'un continent.