
Intervalles de Loire
Trois amis regardent couler la Loire depuis le pont de Nevers. Ils vont avoir cinquante ans. Ce qu'ils voient depuis le tablier : les grandes veines de courant, l'eau fendue par l'étrave des piles, les marmites tournant sur elles-mêmes, les bancs de sable, les îlots et les troncs flottés. Avant le soir, la songerie des trois camarades prend la forme d'une boutade, c'est-à-dire d'un serment : descendre la Loire à la rame, sur une barque, idée potache qui les conduira à l'océan. Dans un esquif de quatre mètres carrés, le récit nous emporte sur un parcours long de huit cent cinquante kilomètres. C'est tout sauf un journal de bord ; pas de récit événementiel, une équipée sans hauts faits, rien qui ne concerne les inévitables anicroches propres à ce genre de relations, pas d'appesantissement sur la richesse patrimoniale des régions traversées bref, une chronique antisportive, anticulturelle, une narration dans le désordre. Fourmillante d'images, cette échappée littéraire s'attache à restituer ce qu'est la perception d'un fleuve parcouru du dedans, à hauteur de paupières. Michel Jullien s'approche au plus près d'une acuité sensuelle et traduit chaque impression physique, auditive et visuelle d'une morne récréation fluviale.
| Nombre de pages | 128 |
|---|---|
| Date de parution | 06/02/2020 |
| Poids | 186g |
| Largeur | 142mm |
| EAN | 9782378560447 |
|---|---|
| Titre | Intervalles de Loire |
| Auteur | Jullien Michel |
| Editeur | VERDIER |
| Largeur | 142 |
| Poids | 186 |
| Date de parution | 20200206 |
| Nombre de pages | 128,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Compagnies tactiles
Jullien MichelÀ travers une suite de quinze textes courts, Michel Jullien propose une quête du toucher, il évoque le souvenir de sensations issues de l'enfance, communément partagées et souvent oubliées. Comme tempo, il est donné que l'ennui fut un apprentissage inéluctable avec lequel l'enfant devait compter. Pour mieux y faire face, afin de le tromper, de contrecarrer l'attente, il crée un univers clos dans lequel s'établissent des connivences particulières, des "compagnies tactiles" : avec un aimant, un vélo, une clarinette démontée, une machine à écrire, une bougie de voiture, l'algue, la figue... Autant de variations sur les fétiches qui ont sa faveur. Avec eux, il construit des conversations hésitantes, menées à voix basse, des dialogues intimes, des modulations sensuelles. Ces objets, ces matières formant des mondes aimés, sont à ce point disséqués que les quinze pièces introspectives constituant ce recueil - qui n'est pas sans rappeler la manière de Ponge - finissent par former elles-mêmes des objets palpables : à son tour la lecture devient tactile.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER9,94 € -

Au bout des comédies
Jullien MichelQu'elle s'exalte dans la gloire ou se dissolve dans la déchéance, la dignité humaine ne va pas sans une part d'absurde, d'ironie saugrenue, de dérision subsidiaire. C'est ce que relève Bernanos lorsqu'il affirme que " le ridicule n'est jamais très éloigné du sublime ". Dans une suite de tableaux aussi tendres que cruels, Michel Jullien décline cette loi en l'appliquant à une galerie de héros des siècles passés. Hommes, femmes, enfants, animaux se débattent sous nos yeux, en plein risible, lorsque vacille leur destin, quand s'interrompt pour eux l'agitation vaine du monde. Ovide chez les Barbares, Sarah Bernhardt amputée face à Roald Amundsen conquérant du pôle Sud, l'éléphant neurasthénique de Léon X enfermé au Vatican, un condamné devenu appât des sauvages sur la route des Indes, l'athlète Astylos de Crotone voué à l'anathème par ses concitoyens... toute une humanité qui, face à l'adversité du monde - guerre, racisme, ostracisme, exil, maladie - ou en quête de prodiges dérisoires ou admirables, tantôt s'effondre, s'efface ou enchérit, tantôt consent à sa condition.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER16,23 € -

Esquisse d'un pendu
Jullien MichelLa Machine n'est qu'ossature, rien mieux qu'un emboîtage architectural éviscéré, cubique, sans complexité de construction. C'est une pile creuse faite de niveaux amoncelés sur un empierrement mastoc, à répétition d'étages, une cage vide, libre au vent, des parois criblées de fenêtres sans vitres et protection. Sa fonction fut d'exposer, de magasiner, de remiser à la vue dans une série de casiers verticaux des rufians, des ribauds, des malandrins et malfrats trépassés, de les montrer pendus, à tous, au plus grand nombre - dans l'avant-goût des grands cinémas -, non pas d'exécuter. Érigée pour cela, réparée quand il le fallait, rafistolée au plus bas des finances, remise à neuf quand les caisses de France le permettaient, dressée pour sa fonction sur une éminence, un tertre gypseux, cinq siècles durant, du douzième au dix-septième, la Machine servit les grandes démonstrations morbides. Et pendant cinq siècles, quand chacun l'eut sous l'oeil, en attraction, aux barrières de Paris, il semble qu'une lassitude spectaculaire ait fini par la banaliser au point que très peu de témoins la signalent dans la durée, comme si, au bout du compte, a contrario de sa démonstration pédagogique, chacun l'ayant connue, personne ne l'ait vue et retenue. Peu représentée, sinon deux fois par Jean Fouquet dans des versions distinctes, dite par Villon. Peu peinte et peu citée dans la période. Il fallut que cette folie de pierrasses fût désaffectée, qu'elle finisse par s'abattre toute seule, se désagrège, qu'elle disparaisse tout à fait de sa piètre motte pour que les romantiques s'en entichent bien après, lui reconnaissent un charme, que renaisse la légende, les annales, la fantasmagorie de Montfaucon.S'appuyant sur les «Comptes et ordinaires de la prévôté de Paris» d'Henri Sauvai, un jeune historien de la monarchie de Juillet, Arthur Nouail de Lavillegille, en fournit la plus juste description dans une brochure inaperçue, saluée des érudits, résumée à parution, en 1836, par un chroniqueur d'alors, monsieur Saint, dans le Journal de l'Institut historique, cinq ans après que Victor Hugo eut composé le «Mariage de Quasimodo», l'épilogue de son roman parisien. Pour d'autres visées - compilation de génie civil -, l'opuscule servit encore Viollet-le-Duc, duquel il puisa l'essentiel de la trame afin de mettre au point, à la lettre F, entre «Four» et «Frise» de son Dictionnaire de l'architecture, l'entrée «Fourches patibulaires». Le livret primitif d'Arthur de Lavillegille sera honnêtement pillé par un certain Firmin Maillard en 1863, huit ans avant la Commune, lequel en tira une plaquette consacrée à la Machine, espèce de Who's Who des vieux pendus de Montfaucon.Fourche, de furca - poteau, amarrage, étançon, etc. Patibulum désigne la transversale de la croix où supplicier. Par suite, par amalgame, glissement, la mine des suspendus, bel et bien trépassés, s'arrogea à elle seule le nom du tronçon mis en support dans l'équation des pendaisons puis, de là, le sinistre minois des pendus affichés, après nouvelle dérive de langue, servit à désigner le louche chez de certains mauvais visages, vivants, rencontrés, frôlés à portée d'épaule, prêts à un mauvais coup. Les deux mots accolés, fourche, patibulaire, ne sont rien de plus que le raccordement de trois traverses, deux verticales, une horizontale, une construction primaire et simplissime.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER16,00 € -

Yparkho
Jullien MichelCrétois, Ilias est sourd, et muet, comme sa mère, avec qui il partage une maison basse, badigeonnée de chaux, bâtie aux confins de l'Est insulaire entre les collines couvertes d'oliviers et la côte. Sa mère est dedans sans sortir, il est dehors tout le jour, à réparer des épaves, des camions exténués venus échouer au pas de la mer - c'est son métier par défaut - et la journée achevée, Ilias treuille sa barque, se prête aux cabotages dans les criques dont il connaît chaque recoin, chaque falaise et secret, sinon un : le bruit du vent qu'à force ou à raison il associe au toucher, jusqu'à l'entendre. Dans un huis clos à ciel ouvert, Ilias le sourd se livre à un corps à corps patient avec la matière, les objets, avec les poissons tirés de l'eau et les éléments; sa mutilation sensorielle l'entraîne dans un échange avec sa mère aussi ténu que profond, fait de gestes et de rituels dont la beauté - portée par la précision éblouissante de l'écriture - surprend par son ingénuité et son extravagance.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER13,50 €
Du même éditeur
-

Toutes les époques sont dégueulasses. Ré(é)crire, sensibiliser, contextualiser
Murat LaureLaure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.EN STOCKCOMMANDER7,50 € -

Goya de père en fille
Récondo Léonor deLéonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).EN STOCKCOMMANDER7,00 € -

Moi, Marthe et les autres
Wauters AntoineDans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.EN STOCKCOMMANDER12,50 € -

LE DIT DU GENJI
MURASAKI SHIKIBULe Dit du Genji", ce grand classique de la littérature universelle dont Borges disait qu'il n'a jamais été égalé, fut écrit au début du onzième siècle par dame Murasaki, une aristocrate qui vécut à la cour impériale de Heian-kyô (l'actuelle Kyôto). Cependant, écrit René Sieffert qui a travaillé à sa traduction près de vingt ans, "pas un instant je n'ai eu le sentiment d'un véritable dépaysement, ni dans le temps ni dans l'espace, mais au contraire me hantait l'impression constante d'être engagé dans une aventure mentale étonnamment moderne. Il m'a semblé découvrir des situations, des analyses, des dialogues qui pouvaient avoir été imaginés hier, si ce n'est demain." Ce "roman-fleuve", qui retrace le destin politique et la riche vie amoureuse d'un prince, le Genji, vaut autant par la vigueur de la narration que par l'évocation d'un climat, une atmosphère, un état d'âme, les accords d'une cithare ou le parfum d'un prunier en fleur - illustration parfaite de l'impermanence de ce monde et de la vanité ultime de toute entreprise humaine.EN STOCKCOMMANDER65,00 €




