Ces quatre cent vingt-six lettres de James Joyce ont été écrites, pour la plupart, pendant les trente-cinq années d'exil volontaire de cet homme dont «le voyage résume toute l'existence, et dont les amis partagent le déracinement». Elles s'adressent ou font allusion à des Irlandais expatriés : James Stephen, Padraic et Mary Colum, Samuel Beckett ; à des Britanniques ou à des Américains installés à Zurich, comme Frank Budgen, Claud Sykes, ou à Paris, comme Herbert German, Stuart Gilbert, Sylvia Beach, Ezra Pound, Eugene et Maria Jolas, T.S. Eliot. Les plus nombreuses sont celles de Joyce à sa bienfaitrice Harriet Shaw Weaver. Ces Lettres nous révèlent une vie familiale longtemps normale, presque banale, qui devient tragique à mesure que les troubles mentaux de Lucia Joyce s'aggravent, que la menace de cécité semble se préciser pour lui, que les difficultés pécunaires le cernent davantage. Il ya dans ces Lettres une absence totale d'allusion aux événements publics qui s'explique sans doute par le fait que «toutes ces réalités n'égalaient pas la puissance de son rêve : affranchir l'homme de l'histoire, en la dominant». Et les Lettres nous apprennent comment Joyce recréa le monde et écrivit Ulysse, cette somme de notre temps, unique dans l'histoire littéraire universelle. Témoignages bouleversants sur la genèse de ces énigmes apparentes que sont les ?uvres de Joyce, dans lesquelles tout prend une valeur allégorique, les Lettres permettent au lecteur de mieux comprendre l'écrivain qui a le plus profondément révolutionné la littérature moderne.
Nombre de pages
552
Date de parution
23/02/1962
Poids
530g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070234806
Titre
Lettres. Tome 1
Auteur
Joyce James ; Tadié Marie
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
530
Date de parution
19620223
Nombre de pages
552,00 €
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TOME I : 1901-1915. Poésies : Poèmes de jeunesse - Musique de chambre - Poèmes du cycle de « Musique de Chambre » - Le Saint-Office - De l'eau dans le gaz - Poèmes d'Api - « Ecce puer » - Poèmes de circonstance. Proses et récits : Épiphanies - Dublinois - Portrait de l'artiste [1904] - Stephen le Héros - Portrait de l'artiste en jeune homme - Giacomo Joyce - Théâtre : Les Exilés - Essais, articles, conférences - Choix de lettres (1901-1915). Appendice : Rêves - Traductions. Édition de Jacques Aubert, trad. de l'anglais par Jacques Aubert, Jacques Borel, André Du Bouchet, Jenny S. Bradley, Élisabeth Janvier, Anne Machet, Ludmilla Savitzky et Marie Tadié.
TOME II : Ulysse - Choix de lettres (1915-1932). Édition publiée sous la direction de Jacques Aubert avec la collaboration de Michel Cusin, Daniel Ferrer, Jean-Michel Rabaté, André Topia et Marie-Danièle Vors, trad. de l'anglais par Auguste Morel, Stuart Gilbert et Marie Tadié. Traduction d'Ulysse revue par Valery Larbaud et l'auteur. Contient douze cartes.
C'est le premier succès achevé de Joyce, terminé vers 1914. Roman autobiographique, l'auteur y raconte son enfance et sa jeunesse à Dublin, son éducation chez les jésuites, ses révoltes contre ces mondes clos, sa libération par la vocation artistique (d'où le titre). Le style va du réalisme brutal à la plus grande poésie, de l'ironie à l'émotion. Joyce y donne avec clarté - ce sont les deux ouvrages ultérieurs, Ulysse et Finnegans Wake, qui passent pour obscurs - sa vision du réel et de l'imaginaire.Ce roman de formation, document capital sur Joyce, est aussi un grand livre.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.