Publié par La Noire, ce premier opus de Béatrice Joyaud ressemble peu aux loustics dessoudés du cortex qui hantent d'habitude cette collection. On est loin du thriller mâle et paranoïaque qui tâche à coups de grandes gerbes de sang et de neurones. Non, on est davantage du côté de la fable élégante, ou du thriller historique de Suskin, Le Parfum.Plaisir en bouche prend pour cadre l'époque contemporaine et son aréopage de modes aussi subtiles que dérisoires, et narre la vertigineuse ascension d'un chef cuisinier français. Mais la star des cuistots est rongée par un mal secret : son désir de trouver la saveur absolue, de procurer à ses dîneurs huppés des sensations dignes d'un Rembrandt, ou d'une épiphanie. Une telle velléité, on s'en doute, ne pourra que l'amener à tenter des expériences peu recommandables. En l'occurrence, user d'assaisonnements dont l'exquise saveur est égale à leur potentielle dangerosité, faire coïncider partouze et ripaille, ou encore - comble du raffinement - faire bouffer à ses clients, la chair de leurs semblables...Sous ses faux airs polis, bien élevés, Plaisir en bouche est un livre complètement décadent qui propose au passage une critique acerbe - et franchement drôle - des tribulations de plus en plus egocentrées des courants artistiques contemporains, des fashion victimes et des infinies variations de la «tendance». Ainsi, on aura vu tout au long de ce récit notre chef tenter, singer et inventer, tel un grand couturier des papilles, toutes les cuisines possibles : passant du rustique lourd au zen anorexique, ou du multiethnique à l'orgiaque multisensoriel? Si Plaisir en Bouche est un thriller inabouti (les 30 dernières pages sont calamiteuses), son grand attrait réside donc dans sa capacité à offrir une satire hilarante et pleine d'intelligence des travers contemporains. L'esprit est suffisamment rare pour le signaler quand il se manifeste avec finesse. --Stéphane Malterre -- Urbuz.com
Nombre de pages
200
Date de parution
21/11/2001
Poids
255g
Largeur
138mm
Plus d'informations
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EAN
9782070762705
Titre
Plaisir en bouche
Auteur
Joyaud Béatrice
Editeur
GALLIMARD
Largeur
138
Poids
255
Date de parution
20011121
Nombre de pages
200,00 €
Disponibilité
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Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.