Avec cet ouvrage qui fut suivi de Tragédie classique et théâtre du XIX? siècle, "Pratique du Théâtre" a réuni un choix de cours donnés par Louis Jouvet au Conservatoire national d'Art dramatique de novembre 1939 à décembre 1940. Se tenant également éloigné de la doctrine et de la recette, Louis Jouvet tentait, par un dialogue incessant avec ses élèves, de leur faire sentir quel doit être le comportement du comédien dans l'exercice de son métier. Sténographiés et fidèlement transcrits, les cours qui composent ce premier volume concernent l'oeuvre de Molière et la comédie classique. C'est donc à travers les plus grandes scènes de notre théâtre que Jouvet traite notamment de la diction, de la respiration, de l'interprétation du personnage, de la situation dramatique, de l'état physique et psychologique du comédien... Cet enseignement est destiné, selon les propres termes de Jouvet, à éveiller chez l'élève "la vision d'un personnage et, en même temps, la conscience de sa propre sensibilité...", à lui faire découvrir "cette dualité qui va lui servir à établir, d'une part, un procédé d'exécution perfectible et, d'autre part, un moyen de se perfectionner lui-même". Cette préparation minutieuse à la pratique d'un des arts les plus complexes qui soient ne peut manquer de s'accompagner, venant de Jouvet, de digressions des plus fécondes sur le style d'un auteur, l'histoire d'une pièce, l'évolution d'un personnage, les caractères propres à une époque dramatique, enfin sur l'histoire et l'esthétique de cet art dont il fut l'un des plus prestigieux artisans.
Nombre de pages
304
Date de parution
03/11/1965
Poids
330g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070234738
Titre
Molière et la comédie classique
Auteur
Jouvet Louis
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
330
Date de parution
19651103
Nombre de pages
304,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Pratique du théâtre" publie, à la suite de Molière et la comédie classique, le second volume de cours donnés par Louis Jouvet au Conservatoire national d'art dramatique de novembre 1939 à décembre 1940. Sténographiés et fidèlement transcrits, ces cours concernent principalement les oeuvres de Racine et de Musset, mais aussi celles de Corneille, Mérimée, Dumas fils et Becque. Ils portent donc essentiellement sur la tragédie classique et le drame romantique. Ce livre complète l'enseignement du volume précédent, mais on y retrouve tous les problèmes d'exécution déjà abordés dans la comédie classique : la diction, la respiration, la situation dramatique, l'état physique et psychologique du comédien, avec l'incidence différente qu'imposent à l'exécutant les contraintes de la tragédie ou les libertés du drame. En particulier Louis Jouvet insiste sur les rapports du texte, de la respiration et du sentiment : "Considère d'abord la longueur, l'amplitude de la phrase ; trouve sur cette amplitude la diction et la respiration, tu verras que tu arriveras au sentiment qui est celui du personnage... La phrase contient tout, la respiration, le sentiment". Il s'efforçait d'inculquer à ses élèves cette notion de la primauté du texte. Son enseignement se trouve en partie contenu dans une phrase de son livre posthume, Le Comédien désincarné : "Il faut incorporer en soi l'idée du rôle ou de la pièce jusqu'au point où, devenus notre réalité et notre substance, ils agiront en nous comme des forces naturelles, par l'inconscient".
Cet ouvrage constitue le plus important ensemble d' "observations cliniques " qu'un artiste ait laissé sur son art. Il marque aussi au plus haut point la conscience de Louis Jouvet qui, une fois délivré des tâches matérielles qui peuvent assaillir un directeur de théâtre, retournait aussitôt aux interrogations que l'art du comédien n'aura jamais cessé de lui poser. On pouvait ne pas être toujours d'accord avec Jouvet sur ses goûts et ses considérations, mais, dans ces notes trouvées parmi ses papiers, passe une émouvante confession. Gérard Bauër, de l'Académie Goncourt, a écrit à propos du " Comédien désincarné " qu'il " éclaire la figure de Louis Jouvet et lui donne sa physionomie durable. Nous le retrouvons à travers ces réflexions, nous voyons encore l'émoi qui le pâlissait avant son entrée en scène, suspendait en lui-même l'homme qu'il était, pour devenir cet artiste que ceux qui l'ont connu n'oublieront plus ".
Jouvet était un homme silencieux. Il n'aimait point discourir ni expliquer ; que ce fût à une table de café, ou dans le cours du travail. Les observateurs superficiels en étaient portés à conclure qu'il n'agissait guère que par instinct ou suivant les dictées d'un goût d'abord lui-même instinctif. Cet ouvrage-ci leur donnera, je l'espère, une opinion différente et beaucoup plus nuancée... " Ainsi a écrit Jules Romains à propos de ces Témoignages sur le théâtre, qui réunissent des textes de dates très diverses mais où règne une remarquable unité de doctrine. Le lecteur suivra avec émotion la recherche anxieuse que le plus passionné et le plus lucide des grands hommes de théâtre de nome époque mena pour chacune des ?uvres qu'il interpréta.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.