Gabrielle distinguait ses amis en deux catégories : ceux des livres, qu'elle voyait à la bibliothèque ou au lycée, et ceux des plantes, qu'elle rencontrait chez les pépiniéristes ou dans les foires aux plantes de la région. Martin les confondait tous - vieilles dames amoureuses de Marcel Proust ou des fougères arborescentes, créateurs de jardins feng shui ou poètes du dimanche, fleuristes aux mains calleuses, botanistes pensifs..." Gabrielle a deux passions : la lecture et son jardin. Lorsqu'elle meurt accidentellement, le monde de Martin, son compagnon, s'effondre. Inconsolable, il s'efforce de maintenir vivant le souvenir de la femme qu'il aimait. Lui qui n'ouvrait jamais un livre et pour qui le jardin était le domaine réservé de Gabrielle, se met à lire ses romans et à entretenir ses fleurs. C'est ainsi qu'il découvre un secret que, par amour, Gabrielle lui avait caché. Ce secret bouleversera sa vie, mais lui permettra de surmonter son deuil d'une manière inattendue.
Nombre de pages
224
Date de parution
24/08/2017
Poids
274g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782207136775
Titre
Gabrielle ou le jardin retrouvé
Auteur
Jougla Stéphane
Editeur
DENOEL
Largeur
140
Poids
274
Date de parution
20170824
Nombre de pages
224,00 €
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Je suis allé me coucher complètement accablé. Fatigué comme jamais. L'idée m'attendait. Elle s'était glissée dans mon lit, bouillante comme un bébé, elle en avait profité pendant que je dessinais, ou bien pendant que je mangeais en face de papa, qui disait rien, mais qui en pensait pas moins. Et moi, à quoi je pensais? Pourquoi maman est partie? Qu'est-ce qu'on a fait? Quand est-ce qu'elle va revenir? En tout cas, je l'ai nettement sentie quand je me suis glissé dans mon lit. Elle était avec moi. C'était mon idée. Elle m'attendait. Elle s'est faufilée comme une bête, un animal contre ma jambe. Je me suis mis à trembler dans le noir, alors que j'ai jamais peur du noir. Avec maman, on riait de la peur du noir. Mais plus maintenant. Non. Vraiment, là, c'était plus possible. C'était ça l'idée: que je le mérite ou pas, c'était fatal, papa allait me tuer.
4e de couverture : Gabrielle a deux passions : la lecture et son jardin. Lorsqu'elle meurt accidentellement, le monde de son compagnon s'effondre. Pour maintenir vivant le souvenir de la femme qu'il a passionnément aimée, Martin, qui n'ouvrait jamais un livre et pour qui le jardin était terra incognita, se met à dévorer des romans et à bichonner les fleurs. C'est ainsi qu'il découvre un secret que, par amour, Gabrielle lui avait caché et qui lui permettra de surmonter son deuil d'une manière inattendue. «Les anémones n'ont aucun parfum, mon amour, ou alors si léger que seul un vrai jardinier pourrait le percevoir. Mais tu n'es pas un vrai jardinier.»
Louis et « ses mille frères » vivent avec leur mère, sans père, jusqu'à l'apparition de Denis, un étudiant qui va partager leur vie. Louis, surnommé « le petit philosophe » par sa mère est d'abord jaloux de l'intrus, puis intrigué et en effet fasciné par Denis qui noue avec lui des liens privilégiés. Une attirance naît entre eux. Elle n'est pas ouvertement sexuelle, mais elle est trouble : Louis épie son jeune « beau-père », imite ses lectures, ses gestes, cherche à établir une intimité, respire ses sous-vêtements, le regarde dormir. Le jeune homme d'abord défiant cède progressivement à cette fascination réciproque, puis disparaît de la vie de la mère. L'enfant espère maintenir le lien. Mais, même si Denis accepte de revoir Louis, on ne sait pas quelle forme aura leur rapport, dont la mère a perçu le danger, sans le condamner.
Marie pénètre un jour dans l'appartement d'une femme dont l'absence prolongée lui permet de prendre la place : elle emprunte son parfum, ses vêtements, ses souvenirs, et bientôt ses amis, son mari, sa vie entière. Un à un, tous les obstacles à son imposture s'effacent avec une troublante facilité. Mais qui est absente, qui est présente ? Et s'agit-il vraiment d'une imposture ? Dans sa folie d'être une autre, Marie ira jusqu'au bout.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...