Au reproche de sa fille - "Qu'as-tu fait de moi ? Pourquoi m'as-tu chassée de ta vie ?" - répond l'angoisse d'une mère - "Pourquoi nous as-tu abandonnés ? Qu'avons-nous fait pour mériter cela ?" Derrière la plainte véhémente de l'enfant se dévoile le drame d'une maternité désirée et refusée, la lutte secrète et silencieuse par laquelle une femme tente d'exister hors des tableaux et des croquis que ne cesse de faire d'elle un peintre hanté par l'exigence de son art. Dans Contre-Jour se tissent les jeux multiples des échos et des ombres, des voix qui affleurent à peine dans le mi-dire des mots. Le roman démêle la ligne ondulante, brisée, douloureuse et drôle du monologue de la fille et de l'épouse. Les contours des personnages se dessinent dans l'insistance de l'amertume, sur un fond de clarté sereine et vivace. Et de cette clarté qui les baigne les protagonistes tirent leur paradoxale identité : à la fois fragiles et prodigieusement présents, durables et évanescents, avec cette dimension presque mythique qui est celle des figures de Bonnard. C'est par cette lumière éternelle que leurs luttes et leurs frustrations, leurs méconnaissances et leurs joies fragiles se rattachent à celles, quotidiennes, de notre commune humanité." Alain Bony.
Nombre de pages
156
Date de parution
14/03/1989
Poids
213g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070714995
Titre
Contre-Jour (Tryptique d'après Pierre Bonnard)
Auteur
Josipovici Gabriel
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
213
Date de parution
19890314
Nombre de pages
156,00 €
Disponibilité
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Au mitan de sa vie, Ben rapporte à ses amis, Rick et Francesca, sa rencontre fascinante avec Lily au cours d'un séjour dans les Dolomites. Cette jeune femme juive est venue en Italie avant tout pour voir le jardin intérieur d'un hôtel à Sienne où, par le passé, sa grand-mère est tombée amoureuse d'un jeune violoniste, qui sera bientôt victime de l'Holocauste. Avec l'apparente simplicité et nudité du dialogue, Gabriel Josipovici nous confronte aux interrogations les plus profondes : celles qui surgissent au fil de la conversation entre Lily et Ben comme celles, plus indicibles, qu'impose l'existence.
Au cours de leurs marches incessantes à travers parcs et rues de Londres, Jack Toledano raconte à son ami Damien Anderson qu'il travaille depuis des années sur Moo Pak, magnum opus perpétuellement inachevé, dont il échoue à produire ne serait-ce qu'une ligne. Un paradoxe qui n'est que l'une des nombreuses ironies de ce roman dont le thème central est le langage lui-même, symboliquement exprimé au travers de Moor Park, manoir qui au fil du temps a abrité Jonathan Swift, un asile d'aliénés, un centre de décodage durant la Deuxième Guerre mondiale, un institut dédié à l'étude du langage chez les primates et, pour finir, une école où un jeune illettré s'efforce d'écrire "l'istoir de Moo Pak". Monologue d'un seul paragraphe et palimpseste virtuose, Moo Pak passe en revue les thèmes qui ont préoccupé Gabriel Josipovici ces vingt-cinq dernières années. Un livre conduit avec brio, légèreté et fluidité.
Dans l'Angleterre georgienne, Thomas Westfield, gentilhomme anglais souffrant d'insomnie, engage Samuel Goldberg, écrivain juif d'âge mûr, afin que celui-ci lui fasse la lecture jusqu'à ce que le sommeil le gagne. Tirant son principe narratif des Variations Goldberg de Bach, Gabriel Josipovici fait fuguer, en trente chapitres qui sont autant de variations stylistiques, Goldberg lui-même et des thèmes qui lui sont chers: Homère, Shakespeare, la filiation, le mariage et l'amour, l'art et la mélancolie, la difficulté d'écrire comme l'incroyable fertilité de la fiction. Au fil d'histoires et anecdotes, subtilement liées entre elles, surgit un roman qui n'a rien d'académique, une oeuvre excitante, joyeusement libre par-delà ce qui la constitue.
Noble, riche et excentrique, Tancredo Pavone est un compositeur d'avant-garde dont la vie est rapportée par Massimo, son ancien majordome. Massimo se souvient de l'ego bien trempé comme des opinions très tranchées de son maître, donnant parfois le sentiment de ne pas avoir tout à fait conscience de ce qu'il dit. Vérité ou imagination ? Au fil de ses propos surgit le portrait complexe et contrastée de Pavone - un homme qui donne voix à la musique en lui -, et le lien très singulier qui lie deux hommes socialement aux antipodes. Infini - l'histoire d'un moment décortique le processus créatif musical sans rien perdre de l'originalité de son "sujet", hors norme, parfois jusqu'au comique.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
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