Le 15 septembre 1945, le compositeur autrichien Anton Webern, disciple et ami d'Arnold Schönberg et troisième grand représentant, avec Alban Berg, de l'Ecole de Vienne, fut abattu froidement de trois coups de pistolet par un soldat américain, à Mittersill, dans les Alpes de Salzbourg. Il allait avoir soixante-deux ans. Le soldat, un cuisinier de l'armée américaine qui se livrait au marché noir et craignait d'être espionné, fut condamné à dix jours d'arrêts et renvoyé aux Etats-Unis. S'adressant tour à tour au bourreau et à sa victime, Gert Jonke s'interroge sur cette mort absurde et pourtant, à sa façon, pleine de sens. A partir du récit plusieurs fois repris des derniers instants de la vie du compositeur, c'est toute la destinée de Webern qui est ici mise en perspective, une destinée où les mille difficultés de la vie quotidienne, auxquelles Gert Jonke consacre des pages d'un comique délirant, contrastent avec l'extrême exigence artistique qui, on le sait, ne lui permit guère de composer plus d'une trentaine d'?uvres. Il en résulte l'un des plus beaux hommages qu'un écrivain ait rendu à un compositeur.
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Nombre de pages
91
Date de parution
04/10/2000
Poids
145g
Largeur
140mm
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EAN
9782864323266
Titre
La mort d'Anton Webern
Auteur
Jonke Gert
Editeur
VERDIER
Largeur
140
Poids
145
Date de parution
20001004
Nombre de pages
91,00 €
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Résumé : En Autriche et en Allemagne, Gert Jonke n'est pas un inconnu. Son roman Musique lointaine n'est pas un coup d'essai, mais bien plutôt l'aboutissement d'une recherche sur les structures du récit, de la langue et de la personnalité. Dans un langage qui peut irriter par sa complexité mais qui reste toujours somptueux, il raconte l'itinéraire intérieur et les errances extérieures d'un jeune homme qui pourrait n'être autre que le grand compositeur du siècle dans cette Autriche qui est le pays de la musique et qui devient littéralement un pays de musique, où les cheminées des maisons, les champs de maïs et les tunnels creusés dans les montagnes se mettent à jouer leur mélodie cosmique. Le cheminement du narrateur semble très décousu, mais, sous le désordre apparent d'une intrigue qui se refuse à en être une, on voit en filigrane les linéaments d'un délire merveilleusement organisé où se mêlent l'amour et la mort, le voyage et la musique, le souvenir et l'oubli.
Résumé : Publié en 1969, Roman géométrique de terroir valut à Gert Jonke, alors âgé de 22 ans, d'être aussitôt reconnu comme l'un des principaux rénovateurs de la littérature de langue allemande. C'est que ce livre, jusque-là inédit en français, ne ressemble à aucun autre. Entre la satire, le roman expérimental, la fable politique et le poème, il décrit la vie d'un "village" aux mains d'une bureaucratie obsédée par l'ordre, les règles et les questionnaires. Mais cette volonté de rationalité et de contrôle, déjà menacée de l'intérieur par des lois qui prolifèrent jusqu'à l'absurde, est aussi battue en brèche par de mystérieuses forces extérieures - arbres, inondation, oiseaux destructeurs, ombres de la forêt... - qui viennent répandre le chaos, balaient les habitudes, disloquent les maisons, et font basculer le village et le livre dans une folie incontrôlable. Ne vous fiez pas à son titre ironique : Roman géométrique de terroir est une expérience de lecture unique, cosmique et hilarante.
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
Résumé : Que se passe-t-il lorsqu'un auteur, qui a beaucoup écrit sur l'enfance, remonte le fil d'argent de sa propre enfance ? Le plus court chemin est un hommage aux proches et la tentative de revisiter avec les mots ce vaste monde d'avant les mots : les êtres, les lieux, les sentiments et les sensations propres à cette époque sur le point de disparaître, les années d'avant la cassure, d'avant l'accélération générale qui suivront la chute du mur de Berlin. Raconter l'existence dans les paysages infinis de la campagne wallonne, dire l'amour et le manque. Car écrire, c'est poursuivre un dialogue avec tout ce qui a cessé d'être visible. Par-delà la nostalgie.