Triomphe du marché et de la société civile, règne de l'individualisme et du "droit à la différence", déclin de la loi abstraite et uniforme au profit de droits de plus en plus différenciés: telle est la vision associée aujourd'hui au libéralisme - principalement chez ses adversaires, parfois chez ses défenseurs. Pourtant, les origines philosophiques du libéralisme contredisent ce schéma: les "classiques" ont mis au centre de leur pensée la souveraineté de la Loi, indissociable de sa fécondité pour la liberté humaine. Que nous enseigne alors cette divergence d'interprétation? Est-ce l'expression d'une tension interne à la pensée libérale elle-même? Faudrait-il opposer la loi et les droits, en revenant pour cela au partage entre le courant rationaliste, fondateur du libéralisme politique, et le courant empiriste qui crée, avec David Hume, le libéralisme économique? Telles sont les questions qu'explore le présent ouvrage, en les rapportant à l'idéal commun des libéraux: "le gouvernement de la liberté".
Nombre de pages
389
Date de parution
12/01/2010
Poids
262g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782081232587
Titre
Les origines philosophiques du libéralisme
Auteur
Jaume Lucien
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Poids
262
Date de parution
20100112
Nombre de pages
389,00 €
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Biographie de l'auteur Directeur de recherche au CNRS, membre du Centre de recherches politiques de Sciences Po (le CEVIPOF), Lucien Jaume enseigne la philosophie politique à Sciences Po Paris. Spécialiste du libéralisme, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont L'Individu effacé ou le Paradoxe du libéralisme français (Fayard, 1997) et Tocqueville : les sources aristocratiques de la liberté (Fayard, 2008 ; prix Guizot de l'Académie française).
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, proclamée en août 1789, passe à juste titre pour un des textes fondamentaux de la pensée politique moderne. Il est cependant peu connu que le célèbre texte ne fut pas isolé : dans la phase girondine, puis montagnarde de la Convention, deux autres Déclarations apparurent (mai et juin 1793), avec d'importantes différences. Les Constitutions de l'an III (1795) et de l'an VIII (1799) furent, à leur tour, précédées de Déclarations. Outre les textes fondamentaux, cette édition vise à faire connaître les plus significatifs des textes préparatoires, dont certains ont eu pour auteur un Condorcet, un Marat... À cet ensemble passionnant qui rassemble les questions les plus fondamentales de la philosophie politique - souveraineté, droits naturels, droits individuels-, on a ajouté la Déclaration de 1848 et la Déclaration universelle de 1946.
A partir de la notion de régénération, tant utilisée dans la Révolution française, voici une enquête sur la fusion du religieux et du politique provoquée par cette vision. En effet, le discours des acteurs est obligé de passer par cette idée et même cette idéologie régénératrice, qui traverse toute la Révolution : depuis la désastreuse Constitution civile du clergé jusqu'au coup d'arrêt donné par le concordat de Bonaparte, après diverses tentatives d'établir une autre religion, dont le fameux culte de l'Etre suprême chez Robespierre. Avec les outils de la philosophie, de l'analyse de discours, de la théologie et de l'histoire, l'auteur compare deux tendances de l'idéologie régénératrice : l'une se veut au service de l'individu, l'autre recherche la communauté régénérée qui contraindra l?"individu égoïste", y compris par la Terreur. En réalité, dans les deux cas, il s'agit d'avancer vers une autorité nouvelle, mais, paradoxalement, en retournant à un Paradis perdu, un Principe bafoué, une Nature bienveillante. Marx hérite de ce projet régénérateur, bien qu'il s'en défende et élabore sa critique à l'aide de Hegel, de Feuerbach et de l'économie politique. Notre laïcité reste ambiguë, car la République porte le poids des conflits et des relations de mimétisme avec l'Eglise.
Les années 1789-1794 sont capitales dans la genèse de la vie politique moderne, dont elles ont constitué le laboratoire : la voix de l'opinion publique, le jeu des " factions ", la citoyenneté, le dogme de la souveraineté populaire entrent en scène avec éclat. De cela l'étude de la forme d'organisation des Jacobins, de leurs idées, de leur rhétorique est un excellent révélateur. Ce club, à l'origine diversifié, est devenu, sous l'effet des Brissot, des Marat, des Robespierre, une remarquable machine politique ; il a capitalisé les attentes de couches sociales multiples, incarné contre plusieurs adversaires _ et pas seulement les royalistes ! _ la " Personne " du peuple et l'unité de l'Etat révolutionnaire. L'efficacité du discours jacobin met en évidence le pouvoir, nouveau, de l'offre politique sur l'électorat et annonce ce qui est devenu aujourd'hui la compétition et les techniques de conquête de l'opinion. Dans le fil des problèmes soulevés par François Furet, cet ouvrage éclaire des pans entiers, longtemps délaissés par l'historiographie, de la pratique et de l'idéologie révolutionnaires. Agrégé de philosophie, historien et politiste, Lucien Jaume s'est fait connaître jusqu'à présent par des travaux sur Hobbes et sur les questions concernant la souveraineté et la représentation.