Gravelle, Zisly et les anarchistes naturiens contre la civilisation industrielle
Jarrige François
CLANDESTIN
8,00 €
Epuisé
EAN :9782369350583
Pour une redécouverte de ces pionniers précoces de l'écologie politique, qui avaient imaginé une trajectoire de substitution au gigantisme industriel. Qui se souvient encore du mouvement des anarchistes naturiens, fondé en 1894 ? Critiques du gigantisme industriel et de la technique, pionniers oubliés de l'écologie politique, les naturiens, comme certains décroissants aujourd'hui, furent en leur temps méprisés, disqualifiés - notamment par les marxistes - comme des prolétaires ignorants, des petits artisans rêvant d'un illusoire retour au passé ou des intellectuels petit bourgeois aveuglés par leur utopie. Et pourtant, leurs écrits nous montrent la violence de la croissance urbaine et industrielle du début du XXe siècle, et le dégoût qu'elle a pu susciter. Et ces apôtres de la " vie naturelle " nous lèguent une réflexion d'une troublante actualité. Pourfendeurs des ravages de l'industrialisation, du mythe du progrès et de l'expansion impérialiste, ils ont milité, jusqu'à l'expérimentation concrète, pour une vie simple et frugale, fondée sur le refus des marchandises frelatées. En une passionnante introduction et un choix de textes particulièrement éclairant, François Jarrige invite ici à la redécouverte de ce mouvement porteur d'idéaux et de craintes qui demeurent plus que jamais les nôtres. On découvre ainsi dans ce livre que loin d'être des marginaux ou des excentriques, les naturiens, qui contestaient l'ordre industriel au profit d'un retour à un mode de vie plus simple et naturel, s'appuyaient déjà sur de nombreuses alertes énoncées dans le monde entier contre le " progrès " et ses dégâts : la déforestation, la pollution, l'alimentation chimique, l'épuisement des ressources... Les naturiens refusaient d'être enfermés dans la fausse alternative entre le retour aux cavernes ou la poursuite inéluctable du développement industriel et mécanique. Ils ont tenté de dessiner une autre voie, plus simple, fondée sur la promotion de l'autonomie, sur l'entraide, sur la simplicité volontaire contre l'exacerbation des faux besoins. Les analyses de la modernité industrielle présentées dans leurs textes révèlent sans doute toute leur force critique aujourd'hui, alors que le changement climatique et l'effondrement écologique deviennent chaque jour plus incontestables. Tandis que les inégalités se creusent, que les marchandises continuent d'inonder le monde en suscitant en permanence de nouveaux besoins absurdes, les discours naturiens nous frappent par leur clairvoyance et leur contemporanéité. La décroissance et les naturiens sont tous les deux nés d'une révolte contre leur temps, tous les deux à la recherche d'une nouvelle harmonie avec le monde. Comme eux il y a plus d'un siècle, la décroissance tente aujourd'hui de s'opposer aux idéologues de la modernisation forcenée. Les précurseurs de la décroissance Les auteurs réunis dans cette collection constituent les racines de la pensée politique de la décroissance. L'apport des anarchistes naturiens à cette pensée est présenté ici par François Jarrige ; la seconde partie de l'ouvrage est composée d'extraits qui offrent un accès direct à leur oeuvre.
Nombre de pages
105
Date de parution
09/06/2016
Poids
94g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782369350583
Titre
Gravelle, Zisly et les anarchistes naturiens contre la civilisation industrielle
Auteur
Jarrige François
Editeur
CLANDESTIN
Largeur
110
Poids
94
Date de parution
20160609
Nombre de pages
105,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Alors que l'industrie surgit et déploie son ombre sur l'Europe au début du XIXe siècle, des groupes de travailleurs appartenant à des mondes sociaux et culturels très variés choisissent la voie de la révolte en s'attaquant aux machines perçues comme des " tueuses de bras " et des " voleuses d'emplois ". Ces violences populaires furent longtemps rejetées du côté de la tradition et de l'archaïsme par une histoire sociale et économique condescendante. En suivant les pérégrinations des machines au début de l'industrialisation et les réponses diverses et ambiguës qu'elles suscitent, cet ouvrage entend offrir au contraire une approche compréhensive de l'avènement du monde industriel. L'étude des conflits suscités par la mécanisation montre que le changement technique n'advient que s'il est compatible avec les idéaux et les normes des communautés professionnelles et locales. L'ampleur des résistances et des violences ouvrières est étroitement liée aux conjonctures socio-économiques, aux organisations productives, comme aux singularités des systèmes techniques et aux possibilités données aux acteurs de les tester et de les bricoler. L'émeute s'inscrit par ailleurs dans un continuum de stratégies et de formes d'action, elle est encadrée par des rituels complexes avec ses symboles, ses normes, ses pensées alternatives à l'idéologie du progrès. Mais les bris de machines deviennent aussi des mythes au fur et à mesure que la question sociale envahit l'imaginaire du XIXe siècle. Le spectre de ces violences est sans cesse manipulé par les fabricants en quête de protection, ou par les économistes soucieux de prouver l'utilité sociale de leur science. La figure du briseur de machines devient progressivement le symbole de la barbarie passée qui doit disparaître avec l'affirmation du progrès. C'est donc à une archéologie de monde industriel qu'invite cet ouvrage, en partant en quête des trajectoires oubliées, des actions et des mots rendus invisibles des vaincus. Alors que la question des risques et des crises environnementales resurgit avec force dans l'espace public, redéfinissant en profondeur les rapports entre technique et société, il est plus que jamais nécessaire d'étudier l'historicité du monde industriel et d'en comprendre la genèse conflictuelle.
Depuis l'Antiquité, chaque étape du développement technologique a suscité des résistances. Au début de l'ère industrielle, quand les machines prennent le pouvoir en privant les artisans d'ouvrage, la destruction des métiers textiles devient une pratique fréquente. Mais ces oppositions sont bientôt rejetées comme rétrogrades par le discours conquérant du progrès, alors qu'elles révèlent un univers fécond. L'économie toute-puissante finit par imposer dans le sang le règne de l'efficacité. Le pouvoir des machines triomphe contre celui des hommes, leur expansion provoque de multiples résistances au sein de groupes sociaux et de courants intellectuels divers. Aujourd'hui, où certains annoncent la « convergence » des technologies, cette résistance prend des formes nouvelles.
Les techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d'aujourd'hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l'industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. Contre l'immense condescendance de la postérité, Technocritiques est un ouvrage qui prend au sérieux ces discours et ces luttes. Depuis deux siècles, les technocritiques sont foisonnantes et multiformes, elles émanent des philosophes et des romanciers comme des artisans et des ouvriers ; elles se retrouvent en Europe comme dans le reste du monde et nourrissent sans cesse des pratiques alternatives. Toute une tradition de combat et de pensée originale et méconnue s'est ainsi constituée ; ce livre d'histoire au présent tente de leur redonner vie tout en pointant les impasses des choix politiques mortifères portés par la foi en une o croissance aveugle. Et, en filigrane, il montre comment s'est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences.
Saviez-vous qu'au siècle de la machine à vapeur, on s'inquiétait déjà de la surconsommation d'énergie et des limites à la croissance ? Pensiez-vous que la " fée électricité " avait été rejetée par des réfractaires au confort moderne, soucieux de ne pas dépendre de grands systèmes techniques ? Imaginiez-vous que nos ancêtres fustigeaient les automobilistes " écraseurs " et s'en prenaient à l'accélération des transports ? Que des travailleurs s'opposaient au sacro-saint " développement des forces productives " ? Que des écologistes avant l'heure alertaient sur la destruction de la nature par la civilisation industrielle ? Contrairement au fameux adage selon lequel " on n'arrête pas le progrès ", le recours à l'histoire démontre qu'il n'y a pas de fatalité technologique. L'humanité n'est pas vouée à s'adapter, résignée, à l'implacable règne des machines. La course à la puissance a toujours fait face à de profondes remises en cause. Les textes réunis ici s'appuient sur la mémoire de ces résistances pour nourrir la réflexion actuelle autour de la nécessaire décroissance. Alors que l'expansion indéfinie nous conduit à l'abîme et que l'artificialisation du monde s'intensifie, des bifurcations restent possibles. Et elles sont vitales.
Ier décembre 1944, camp de Thiaroye, en périphérie de Dakar. Des tirailleurs sénégalais, faits prisonniers par les Allemands lors de la guerre et récemment rapatriés, réclament le paiement de leur solde. Un droit qui leur était promis depuis des mois. La réponse est sanglante et d'une violence inouïe : des centaines d'entre eux sont rassemblés sur une esplanade du camp, froidement mitraillés puis jetés dans des fosses communes. Pourtant, dès le lendemain, les autorités coloniales et militaires prétexteront une rébellion armée des tirailleurs et feront état de trente-cinq morts. Entre mensonge d'Etat et fraude scientifique, l'historienne Armelle Mabon mène depuis dix ans un véritable combat pour réhabiliter ces hommes et les faire reconnaître comme victimes d'un crime d'Etat. A l'heure des commémorations pour les quatre-vingts ans de ce massacre, ce livre est d'autant plus nécessaire que la France s'obstine à refuser de regarder en face de l'héritage raciste de la colonisation.
Méga-bassines, entrepôts logistiques, fermes-usines... Si les projets d'infrastructures polluantes se multiplient, nombreuses sont aussi les luttes qui s'y opposent en dénonçant leurs conséquences nocives. Contre des aménageurs guidés par la logique du profit, le recours au droit s'avère nécessaire et efficace. Mais l'outil juridique effraie et s'en saisir est complexe. Aussi, en suivant le déroulé typique d'un recours juridique, ce manuel illustré explore tous les cas possibles, présente les différents acteurs et les étapes clés afin que chacune et chacun, au sein d'un collectif ou non, puisse défendre un territoire menacé. Un livre illustré par Elsa Lecarpentier.
Comment se pose la " question migratoire " pour le peuple qui compte le plus grand nombre de réfugiés dans le monde ? Ce titre se concentre sur l'exil syrien, en premier lieu vers le Liban. La Syrie est le pays qui a le plus de réfugiés internationaux au monde ; en 2016, 5,5 millions de personnes avaient fui le pays. Ce que nous appelons en Europe " crise des réfugiés " est, au Liban, une crise nationale. En décrivant une réalité très différente de la situation européenne par son intensité et ses enjeux, ce livre permet de renouveler notre compréhension de la prétendue crise à laquelle nous serions confrontés. Il revient sur les liens entre Libanais et Syriens ; il étudie aussi des parcours jusqu'en Turquie, en Allemagne et en France. Le qualificatif et le statut de " réfugié " occultent souvent la diversité des profils, des expériences ; face aux discours qui nous parlent des migrants dans leur ensemble, ce livre nous invite à considérer chaque cas comme une histoire unique.