Depuis le mythique Index scolastico-cartésien, qu'en un geste vraiment inaugural Etienne Gilson a publié, en complément à sa thèse d'Etat sur La liberté chez Descartes et la philosophie (1913), on sait non seulement que Descartes connaissait fort bien la tradition philosophique, qui l'avait précédé, mais surtout que ses innovations ne peuvent nous devenir intelligibles que par leur confrontation exacte avec les auteurs qu'il réfutait. Depuis presque un siècle les études cartésiennes ont évidemment progressé. Les sources que nous pouvons assigner à Descartes se sont aujourd'hui multipliées et diversifiées. Nous avons ainsi appris à mieux distinguer entre ses adversaires thomistes des adversaires néo-thomistes (en particulier à opposer Suarez à Thomas d'Aquin alors que le premier Gilson les identifiait trop aisément), à faire le départ entre les références aux divers nominalismes et celles au courant scotiste. En fin connaisseur de cette époque, mais aussi de l'histoire de ses interprétations, Zbigniew Janowski a eu l'intuition que Descartes avait directement lu, autant, voire plus que les thomistes, saint Augustin ; mieux, malgré ou en vertu de sa réticence à l'avouer, il en avait aussi subi l'influence indirecte, sous le poids des débats théologiques et philosophiques de son temps. Avec une impressionnante érudition, une grande précision critique aussi, Zbigniew Janowski livre aujourd'hui à la communauté scientifique une série de rapprochements précis et prudents entre les textes canoniques de Descartes et certains passages des oeuvres majeures de saint Augustin. Chacun pourra faire son profit de ce travail exemplaire, en compléter les parallèles et en affiner les conclusions. On sera sensible enfin au fait que cette difficile et très technique recherche nous vienne, comme un cadeau en français, d'un jeune universitaire polonais, parti étudier sous la direction de Leszek Kolakowski à l'Université de Chicago, haut lieu de l'émigration européenne depuis l'entre-deux guerres. Il enseigne actuellement à l'Université de King's College, et appartient au Centre d'Etudes Cartésiennes (Université Paris-Sorbonne). La République des Lettres vit donc encore aujourd'hui. Elle vivra, pourvu que nous sachions l'encourager et la reconnaître.
Date de parution
07/10/2002
Poids
200g
Largeur
215mm
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EAN
9782711614493
Titre
INDEX AUGUSTINO-CARTESIEN
ISBN
2711614492
Auteur
JANOWSKI
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
200
Date de parution
20021007
Nombre de pages
0,00 €
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Biographie de l'auteur Né en 1943, Bernd Janowski est professeur d'Ancien Testament à la Faculté de théologie protestante de l'Université de Tübingen (Allemagne). Egalement spécialiste de l'Orient ancien et d'égyptologie, auteur de nombreux ouvrages, il est membre depuis plus de dix ans de l'Académie des Sciences d'Heidelberg.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Peut-on considérer une partie des troubles du sommeil comme des pathologies sociales, faisant du sommeil une question politique ? C'est ce que propose cet essai : examiner et évaluer les rapports du dormeur à la fois au monde et à son environnement de sommeil dans une perspective de philosophie sociale, à partir de l'aggravation contemporaine des troubles du sommeil, et en mettant au coeur de l'analyse la question du rapport entre sommeil et travail. Cela exige de rompre avec l'idée que le sommeil constitue une privation de monde. En vérité, l'appartenance du dormeur au monde n'est pas suspendue par son endormissement, et le sommeil ne saurait être un véritable oubli des peines. S'il est manifeste que tous les dormeurs ne profitent pas du même repos, c'est que le sommeil est loin d'égaliser les conditions. Bien que nous dormions, les multiples chaînes qui nous relient au monde, certaines plus étroitement que d'autres, ne se trouvent pas déliées. Le sommeil humain est tenu pour éminemment plastique : l'homme seul aurait la possibilité de déconnecter milieu nocturne et sommeil, notamment en travaillant la nuit. Reste à déterminer ce qu'il en coûte de faire de la nuit le jour. A partir des atteintes à la santé qui en résultent, le livre propose de mettre au jour une articulation plus juste entre déterminants naturels (astronomiques et biologiques), déterminants sociaux et processus psychiques en jeu dans le sommeil.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.