Les délices du feu. L'homme, le chaud et le froid à l'époque moderne
Jandot Olivier
CHAMP VALLON
27,00 €
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EAN :9791026705987
Des nourrissons gelés dans leur berceau, des aristocrates enfermés dans leur chaise à porteur installée au milieu de leur salon pour échapper à la froidure des courants d'air, des écrivains les jambes enserrées dans une peau d'ours, des paysans réfugiés dans leur lit, seul endroit de la maison où l'on peut jouir d'une relative chaleur en hiver, des voyageurs retrouvés morts sur le bord des chemins... Quand les archives nous laissent apercevoir nos aïeux aux prises avec l'hiver, le spectacle est à la fois surprenant et dépaysant. Si ces anecdotes mettent indirectement en lumière la rigueur des hivers du passé, elles témoignent aussi, et surtout, de l'incapacité des sociétés anciennes à se protéger efficacement des assauts récurrents du froid. Habitués au confort douillet de nos habitations, nous peinons à imaginer ce qu'a pu représenter l'épreuve de l'hiver pour les hommes et les femmes du passé. Contraints de grelotter au coin de leur cheminée qui chauffait peu et mal, ils devaient déployer des trésors d'énergie pour essayer de lutter contre les morsures du "petit âge glaciaire ". Leur sensibilité au froid et à la chaleur était bien éloignée de la nôtre et cette accoutumance à l'inconfort, cette capacité à endurer avec résignation des températures intérieures dont l'évocation seule nous fait aujourd'hui frissonner ne manquent pas de nous étonner. Il faudra attendre la seconde moitié du xviii` siècle pour que se développe enfin une réelle réflexion technique sur le chauffage domestique, nourrissant dès lors cet insatiable appétit de chaleur qui est encore aujourd'hui le nôtre. Dans la lignée des grands travaux consacrés à l'histoire des sensibilités, ce livre se propose de reconstituer l'expérience sensible du froid et de la chaleur à l'époque moderne. Il souhaite ainsi contribuer à retracer la généalogie de notre rapport sensible au monde.
Nombre de pages
352
Date de parution
24/08/2017
Poids
522g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791026705987
Titre
Les délices du feu. L'homme, le chaud et le froid à l'époque moderne
Auteur
Jandot Olivier
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
522
Date de parution
20170824
Nombre de pages
352,00 €
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Comment survivre au froid ? Olivier Jandot et Renan Viguié nous entrainent dans une épopée aussi passionnante qu’étonnante : celle de notre combat millénaire pour la chaleur.De la fourrure des humains de la préhistoire aux pompes à chaleur du XXIe siècle, de la mort d'Émile Zola asphyxié par les émanations de son chauffage à charbon aux actuelles "banques de chaleur" destinées à lutter contre la précarité énergétique, chaque chapitre éclaire notre brûlant présent à la lumière de notre histoire. Alors que flambent les prix de l'énergie, que la crise climatique impose un nouveau rapport au chaud et au froid, Le Peuple des frileuxéclaire une évidence : se chauffer, qui a toujours représenté un coût pour les corps et les sociétés, affecte désormais le destin de notre planète. Un livre érudit et vivant, riche d’anecdotes et d’enseignements, qui pose aussi la question de notre confort et de la santé de la Terre.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...