Ivernel Philippe ; Perrier Florent ; Wohlfarth Irv
KLINCKSIECK
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EAN :9782252046906
Philippe Ivernel engage vers 1960 une thèse intitulée Walter Benjamin. Critique en temps de crise. Retrouvé dans ses archives après sa disparition en 2016, ce travail inédit et resté inachevé a donné l'impulsion première à ce recueil de textes qui couvre plus de cinquante années de recherches consacrées au philosophe berlinois. Une double ambition s'y donne à voir dès le départ : faire connaître rigoureusement, y compris dans ses dimensions les plus méconnues, la pensée de l'auteur de Sens unique et montrer comment s'y nouent, à partir des années trente, des relations singulières, complexes et parfois tendues, avec l'oeuvre de Bertolt Brecht grâce à laquelle, au tout début de sa formation, Philippe Ivernel découvrit les écrits de Walter Benjamin. La question pratique du geste et plus largement du corps, sur scène comme dans la vie, acquiert dès lors, chez Walter Benjamin et dans les interprétations proposées par Philippe Ivernel, une place éminente, de nature foncièrement politique, place rarement soulignée et où s'origine l'espace de l'action, du passage à l'action, que cette dernière renvoie à la figure de l'enfance, souvent convoquée, ou relève plus souterrainement de la sphère de l'utopie, jamais négligée. D'articles en conférences, de préfaces en synthèses didactiques, à travers fragments et entretiens, Philippe Ivernel déploie ainsi le profil d'un Walter Benjamin critique en temps de crise : un homme non seulement en prise avec les urgences de son temps exposé aux menaces des fascismes, mais un penseur dont chaque mouvement porte à réflexion.
Nombre de pages
424
Date de parution
21/10/2022
Poids
562g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782252046906
Titre
Walter Benjamin. Critique en temps de crise. Critique en temps de crise
Auteur
Ivernel Philippe ; Perrier Florent ; Wohlfarth Irv
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
140
Poids
562
Date de parution
20221021
Nombre de pages
424,00 €
Disponibilité
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Études et essais, témoignages et entretiens : le présent recueil s'efforce de prendre, à travers différents modes d'expression, la mesure des nouveaux rapports entre théâtre et danse qui se développent dans nos pays (Allemagne, Belgique, France) depuis des décennies. Les multiples phénomènes d'hybridation auxquels ils donnent lieu ont aujourd'hui conquis droit de cité. Toutefois, ils demeurent difficiles à cerner dans leurs tenants et leurs aboutissants, à fixer dans leurs limites et leur portée. Le titre retenu, Théâtre et danse, ouvre très largement, par le jeu de la copule, cette question du rapport entre les deux arts, au lieu de la clore en postulant la création d'un mixte assimilé à un troisième genre codifiable. Quant à la notion de croisement, elle offre l'avantage de préserver la possibilité d'associations variables, allant de la juxtaposition à la compénétration, entre théâtre et danse. Bien évidemment, c'est le Tanztheater de Pina Bausch, une référence obligée, qui a déclenché ou inspiré l'exploration ici menée d'un territoire à l'autre. Néanmoins, on commencera par rappeler que l'appariement des deux arts a longtemps prévalu, historiquement, avant que n'intervienne leur séparation relative, non définitive. On pourrait croire que ce parcours s'est fait toujours en réaction, d'un excès à l'autre. Mais peut-être ce siècle de contrastes aura servi à en finir avec la séparation des genres. C'est ce que ce début d'enquête voudrait éclairer, revendiquant le hasard des rencontres et des curiosités pour commencer à camper un paysage qui aurait pour arrière-plan une histoire culturelle du corps. Ce paysage sera réparti sur deux volumes des Études théâtrales.
Si les multiples phénomènes d'hybridation auxquels théâtre et danse donnent lieu aujourd'hui ont conquis droit de cité, ils restent difficiles à fixer dans leurs limites et leur portée. La revue Études théâtrales leur consacre deux volumes. Le premier volume, « Filiations historiques et positions actuelles » (n. 47-48) a permis de porter un regard historique et analytique sur les forces qui animent les croisements entre ces deux arts. Le présent volume, « Paroles de créateurs et regards extérieurs », repose en première partie sur une série d'entretiens avec des artistes. Il n'est pas de meilleure expérimentation que celle de l'entretien pour éprouver à quel point la pensée est mouvement, surgissante et imprévisible, témoignant de la force qui accompagne tout processus de création. En seconde partie, sont rapportés des récits de costumier, photographe, cinéaste, peintre, sculpteur, psychanalyste, anthropologue, lexicologue... qui témoignent d'une implication directe de leur discipline dans l'exercice conjugué du théâtre et de la danse. Majoritairement dues à des artistes, cette trentaine de contributions confirment, à travers un entrelacs de convergences et de divergences, l'hypothèse d'une dialectique féconde entre théâtre et danse.
L'amitié qui lia Bertolt Brecht et Walter Benjamin a longtemps été minimisée par les spécialistes de Benjamin au profit des relations que ce dernier a entretenu avec Scholem, par exemple. Et le marxisme réputé intransigeant de Brecht n'est pas étranger à ce fait. Le livre d'Erdmut Wizisla constitue pour cette raison un travail de pionnier. De leur première rencontre à leurs expériences de l'exil, l'histoire de cette amitié est éclairée par des correspondances, des extraits de journaux et des documents dont certains inédits jusque ici qui rendent compte de leurs nombreuses discussions. Erdmut Wizisla détaille les échanges idéologiques fascinants entre Benjamin et Brecht, notamment à propos du projet avorté de créer une revue marxiste dans l'Allemagne de l'entre-deux-guerres. Son livre est également l'occasion d'approcher au plus près les nombreux débats sur la littérature et sur la politique qui eurent lieu parmi les intellectuels (on croise Theodor Adorno, Bernard von Brentano, Hannah Arendt, Siegfried Kracauer et bien d'autres) de la gauche allemande pendant la République de Weimar. Au-delà des nombreux liens qu'entretenaient les deux amis (projets communs, études de Benjamin sur l'oeuvre de Brecht et réponses de Brecht), ce livre est l'occasion de faire la lumière sur près de deux décennies de vie intellectuelle européenne.
Cet essai devait à l'origine figurer dans le troisième volume de L'Obsolescence de l'homme, oeuvre maîtresse de Günther Anders, volume qui n'a jamais vu le jour. Ce texte à demi dialogué, on pourrait dire théâtral, se montre riche en aperçus de tous genres, sous-tendu par une dialectique toujours surprenante. Un essai magistral, pratiquant l'exagération et le paradoxe comme sources d'insurrection permanente contre une époque glaciaire. Un texte classique au sens fort: à lire en classe, pour l'instruction des générations qui viennent.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.