Holl, fils naturel d'un puissant fermier de la région de Salzbourg et d'une journalière auprès de laquelle il a passé sa première enfance, est rendu à son père alors qu'il est âgé de six ans, et jeté au travail. Le livre est la chronique des onze années, de 1950 à 1961, qu'il passera ainsi à la ferme. "Belles années" de l'enfance, en fait les années terribles d'un inimaginable calvaire. Nous sommes dans l'Autriche d'après-guerre : monde proche dans le temps et l'espace, connu de tous, familier presque. Et cependant nous sommes dans un univers d'un autre âge, de ceux que les historiens tentent de reconstituer à l'aide de traces, de vestiges, parce qu'ils n'eurent pas de témoins. L'étonnant est précisément ici que ce monde a son témoin, vivant, violent, impitoyable autant par la force propre de son témoignage que par la force de son écriture : c'est l'auteur, l'enfant Holl, âgé d'une trentaine d'années à peine lorsqu'il écrit. L'importance de ce livre est grande. On l'a relevé, c'est seulement de nos jours que le monde paysan commence à s'exprimer par les moyens de l'art, grâce à certains de ses enfants qui ont pu accéder à la culture sans pour autant renier leur origine. Phénomène qui mit fin au "roman paysan" traditionnel ("Holl en lut deux et en fit aussitôt du papier-cul") en même temps qu'il nous force à réviser toutes les notions de "modernité" qui sont les nôtres.
Nombre de pages
232
Date de parution
13/09/1977
Poids
280g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070296248
Titre
De si belles années
Auteur
Innerhofer Franz
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
280
Date de parution
19770913
Nombre de pages
232,00 €
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Innerhofer Franz ; Qualtinger Helmut ; Merz Carl ;
IL FALLAIT BIEN ÊTRE QUELQUES-UNS pour tenir le pays debout. L'époque était difficile. On avait besoin d'hommes! Moi je pétais le feu! Je veux dire, je le pète toujours. Regardez-moi! Soixante ans! Jamais malade. Toujours pété la santé... Quand les bombardés se sont ramenés, toutes ces victimes des bombardements... J'avais sous ma responsabilité la distribution des cartes et de l'alimentation... J'ai fait mon beurre avec ça... J'aurais pu monter une affaire (montrant l'épicerie fine) comme celle-ci... les victimes des bombardements, de toute façon, ils s'en fichaient. Quelqu'un qui vient de perdre sa maison, il ne pense pas à bouffer. Il est content d'être en vie. Quand quelqu'un rouspétait, je lui lançais simplement un regard. Tout de suite il la fermait. Ça, je l'ai appris du Führer. Je n'ai pas les yeux bleus, mais ça, je sais le faire moi aussi. Sous le titre Hanna & Karl, nous avons rassemblé deux drames historiques autrichiens. Biographie de l'auteur Auteur de Charrette (Scheibtruhe), Franz Innerhofer est romancier et dramaturge (1944-2002).Co-auteurs de Ce bon Monsieur Karl (Dar Herr Karl), Helmut Qualtinger (1928-1986, Vienne) et Carl Metz (1906-1979, Vienne) furent comédiens et auteurs de nombreux programmes de cabaret.
Contraint de travailler dès son plus jeune âge à la ferme paternelle, Franz Holl a été l'objet de réprimandes permanentes de la part de cet homme pour qui il n'est rien. Adolescent, il décide de quitter te monde paysan pour rejoindre la ville, espérant trouver dans ce nouvel environnement une forme d'apaisement. Si le monde du travail ouvrier n'est pas beaucoup plus tendre que celui des champs, Franz Holl découvre tout de même, entre apprentissage chez un maréchal-ferrant et premiers pas à l'usine, la littérature et le cinéma dont les univers vont désormais constituer pour lui un horizon à atteindre. Dans ce roman d'apprentissage largement inspiré de sa propre expérience et d'ores et déjà considéré comme un classique contemporain, Franz Innerhofer restitue avec justesse et précision cette quête d'identité et de liberté si cruciale.
Jusqu'à trente-quatre, j'ai été socialiste. C'était pas non plus un métier, ça. On n'en vivait pas... aujourd'hui, si j'étais... mais j'ai dépassé tout cela... j'ai une certaine maturité, nous avons acquis une certaine sérénité par rapport à ces choses... Bon, en trente-quatre... savez ce que c'était. Non, vous ne savez pas. Vous êtes trop jeune. Et vous n'avez pas besoin de savoir... Ce sont des choses, on ne va pas y toucher, on n'aime pas trop s'en souvenir... personne, en Autriche... Plus tard, je suis allé manifester pour les conservateurs... les milices patriotiques... d'accord ? J'ai gagné cinq schillings... Puis je suis passé à... aux nazis, là aussi j'ai gagné cinq schillings. Enfin bon, l'Autriche a toujours été apolitique... je veux dire, nous n'avons pas de sens politique... mais j'ai récolté un peu d'argent, d'accord ? Enfin bon, il fallait bien vivre... Vous n'arrivez pas à imaginer ça, hein ? Vous pouvez en apprendre des choses, de moi...
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.