Dans l'univers poétique de Kim, tout disparaît, les êtres et les choses qu'il voulait garder auprès de lui, Dieu qu'il recherchait et croyait un moment avoir trouvé et, enfin, lui-même qui s'illusionnait sur la perennité de son propre être, prenant conscience de sa solitude, c'est-à-dire de la survie de celui-ci seul après la disparition de tout autre. On imagine, avec le poète qui anticipe sa propre disparition, un calme et un silence s'étendant sans borne, et où tout disparaît, le grand tout qui s'érige enfin en un Dieu : c'est un Dieu impassible, un Dieu qui ne manifeste ni sentiment ni émotion ni trouble envers les affaires d'ici-bas, qui n'en parle ni n'en juge non plus, qui n'est qu'un silence infini, qu'un calme infini et qui finalement rend vains tous nos efforts, toutes nos actions et oeuvres, et toutes nos joies et tristesses.
Nombre de pages
126
Date de parution
25/03/2010
Poids
136g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782842422776
Titre
LA SOLITUDE ABSOLUE
Auteur
Kim Hyeonseung ; Poncet Gilbert ; Kwak Kwangsou
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
136
Date de parution
20100325
Nombre de pages
126,00 €
Disponibilité
Epuisé
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ESTHER est sans nul doute le personnage le plus sexy et déluré de la bande dessinée flamande. Entrez dans la folie douce de cette jeune ingénue qui croisera sur son chemin une galaxie de personnages bigarrés et fantasques issus des contes de notre enfance ou de la pop culture. Publié pour la première fois en France, cet album est une ode à l'absurdité où les strips et les gags en une page s'entremêlent dans un style corrosif et coloré.
Des fourmis monstrueuses, des montagnes qui tombent du ciel, des fantômes à l'aspect effrayant, une rivière qui engloutit tout sur son passage... Les chats de cristal auront bien du mal à atteindre le sommet de la Montagne-au-Clair-de-Lune où s'est réfugié le dragon Labo. Réussiront-ils à le vaincre et à rétablir le jour et la nuit sur Terre...
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.