Le mouvement posthumaniste, autre nom et radicalisation du transhumanisme, qui projette un homme dépassant sa condition corporelle par son hybridation aux machines, va bien avec notre temps. Ses partisans le conjuguent au futur : ils nous annoncent ce que l'avenir sera, sans s'embarrasser du moindre conditionnel hypothétique. Par leur assurance prophétique, ils veulent nous aspirer dans la spirale du temps technologique, renforçant ainsi la tyrannie du mode de vie que nous imposent déjà jour après jour les entrepreneurs du numérique, les rois du silicium. Ce livre s'en prend d'abord aux deux arguments-phares du posthumanisme, celui de la liberté de "s'augmenter" , de poursuivre le projet d'un homme émancipé de ses faiblesses naturelles, et celui des bienfaits de l'amélioration par les techniques. Il réfute sur leur propre terrain les fausses évidences sur lesquelles ces deux argumentaires reposent. Mais surtout, il élargit le débat à la question de l'emprise technologique sur nos sociétés, mettant en évidence le rôle de complice objective que joue à cet égard ce que l'auteur appelle la "Petite éthique" , à savoir l'éthique libérale des droits individuels. Ainsi, le posthumanisme nous lance un défi démocratique : celui de se réapproprier notre avenir, c'est-à-dire de faire en sorte qu'il se conjugue non plus au futur obligé, mais au conditionnel politique.
Nombre de pages
180
Date de parution
05/10/2018
Poids
186g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782251448589
Titre
Le temps du posthumanisme. Un diagnostic d'époque
Auteur
Hunyadi Mark
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
125
Poids
186
Date de parution
20181005
Nombre de pages
180,00 €
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Résumé : Pour l'auteur, les origines méconnues de l'individualisme contemporain (dans sa forme libérale, libertarienne ou wokiste) remontent au Moyen Age, qui a intronisé la volonté comme faculté suprême de l'homme, inaugurant le règne de l'éthique des droits et libertés individuels. Cette éthique des droits et libertés individuels a pour effet paradoxal de favoriser une emprise sur les individus et leur asservissement, comme en témoigne la colonisation de nos existences par le numérique. C'est pourquoi il faut surmonter les impasses de l'individualisme par une " éthique de l'esprit ", qui est aussi une politique, et déclarer d'urgence l'esprit humain patrimoine commun de l'humanité, comme on l'a fait récemment pour les grands fonds marins.
Axel Honneth est mondialement connu pour sa théorie de la reconnaissance. Mais il se trouve que dans son dernier livre (Der Geist der Freiheit ; L'esprit de la liberté), Honneth opère ce qui paraît être un tournant dans sa pensée, en mettant l'accent non plus tant sur la reconnaissance que sur la liberté, et en particulier sur la manière dont les institutions peuvent réellement augmenter la liberté des individus. Faut-il donc désormais parler d'un Honneth I (celui de la reconnaissance), et d'un Honneth II (celui de la liberté) ?
Les modes de vie sont ce qui nous affectent le plus, et pourtant ils sont hors de notre contrôle. Il y a là un paradoxe : nous, individus réputés libres et démocratiques, sommes dans les fers des modes de vie. Ceux-ci nous imposent en effet des attentes de comportement durables (avoir un travail, être consommateur, s'intégrer au monde technologique, au monde administratif, au monde économique...) auxquels nous devons globalement nous adapter. Ce paradoxe démocratique est renforcé par un paradoxe éthique : c'est au moment où l'on assiste à une véritable inflation éthique, par la multiplication des comités, chartes, conseils, règlements, labels éthiques en tout genre, tous censés protéger les droits individuels, que les modes de vie de plus en plus contraignants étendent comme jamais leur emprise sur les individus. Ce qui veut dire que tout ce dispositif éthique sert en réalité à blanchir le système et les modes de vie qui en découlent, qui peuvent ainsi étendre leur emprise en étant éthiquement pasteurisés. Notre éthique ne sert donc pas à critiquer le système ni les modes de vie, mais à les accompagner dans leur marche triomphale. Enrayer cette marche est le défi éthique et politique majeur de notre temps.
Résumé : "Une enfance pieuse, studieuse, où déjà, comme un mot d'Hadrien en témoigne, se révèle le trait spécifique du caractère, l'entière sincérité ; une jeunesse chaste, de bonne heure associée aux responsabilités du gouvernement, sans que les soucis et les charges portent aucune atteinte à la spontanéité ou à l'intensité de la vie intérieure ; l'âge mûr et la vieillesse voués sans réserve au service de l'Etat et aux intérêts de l'humanité, en un temps où les difficultés furent rudes et qui connut même des dangers graves ; enfin, laissé après soi et parvenu jusqu'à nous, un petit livre, quelques feuillets, mais si pleins, où survit et transparaît une âme aussi haute que pure, tel fut le destin de Marc-Aurèle, destin privilégié, auquel semblent avoir également collaboré - comme pour justifier les dogmes de l'école à laquelle l'empereur philosophe a adhéré si fermement - la raison souveraine qui distribue son lot à chacun et la volonté éclairée de l'homme à qui ce lot était échu." Aimé Puech, extrait de l'introduction (1947).