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Mercedes-Benz. Sur des lettres à Hrabal
Huelle Pawel ; Erhel Jean-Yves
GALLIMARD
15,25 €
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EAN :9782070767533
Mercedes-Benz se présente d'abord comme une longue lettre posthume de Pawel Huelle à son maître et ami Bohumil Hrabal. Le romancier polonais feint de vouloir raconter ses leçons de conduite à l'écrivain tchèque, mais, au-delà des rues embouteillées de Gdansk, le récit nous entraîne dans les méandres sentimentaux du narrateur, fraîchement divorcé et totalement sous le charme de sa monitrice, la ravissante Mlle Ciwle, et ceux de son histoire familiale et de l'histoire de la Pologne. Les rues de Gdansk évoquent ainsi les routes galiciennes sur lesquelles la grand-mère du narrateur a appris à conduire - dans une Citroën qui a fini sa vie sous un train - et plus largement la société polonaise de l'entre-deux-guerres. A ces images d'un âge d'or recouvert par des décennies de communisme s'opposent enfin les échos de la vie prosaïque et presque misérable de Mlle Ciwle dans la Pologne contemporaine. Les histoires semblent se multiplier à l'infini, et les récits entrelacés sont comme suspendus par la tension érotique des conversations entre le narrateur au volant et son adroite monitrice. Par cette longue boucle romanesque écrite presque d'un seul tenant usais tout en digressions, Pawel Huelle nous offre un livre qui interroge notre rapport au passé tout comme les difficultés d'adaptation de certains êtres délicats à la vie moderne. A travers l'évocation nostalgique des Citroën et des Mercedes d'autrefois qui ont cédé la place à l'efficacité des petites Fiat modernes, il nous propose aussi une métaphore surprenante et tout en subtilité de l'histoire du vingtième siècle. Et surtout, il nous offre un miracle de légèreté, de mélancolie et d'humour.
Résumé : On peut aimer des tas de pierres comme on peut aimer des tas de gens. Tout dépend des pierres. Tout dépend des gens. Pour Pawel Huelle, né Polonais après la Deuxième Guerre mondiale, Gdansk ne peut effacer complètement Dantzig. L'auteur nourrit pour la ville d'avant le même amour que pour les gens d'après et son ouvre, avec un subtil mélange de tendresse, d'humour et d'ironie, témoigne de cette constante recherche d'un certain équilibre à laquelle leur histoire a toujours contraint les Polonais. Qu'il évoque Lech Walesa, son illustre voisin, ou son arrière-grand-père Tadeusz élevé à la dignité de Conseiller secret par l'empereur d'Autriche, qu'il nous raconte les frasques de Gute Luisa, une Zazie locale qui n'a rien à envier à celle de Queneau, ou le rêve étrange de Herr Winterhaus, citoyen de Dantzig revenu sur les lieux de son enfance, ou encore la folie de Mina, c'est toujours de sa ville que Pawel Huelle nous parle. Parce que cette ville étrange est l'amour même et sa trahison, l'espoir même et sa déception, l'espoir même et sa déception, elle est la vie, elle est le monde...
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Kiev, printemps 1919. Vingt-huit soldats de l'Armée rouge ont mystérieusement disparu aux bains municipaux. N'ont été retrouvés que leurs vêtements laissés au vestiaire. Ont-ils déserté ? Ont-ils été assassinés ? Et par qui ? Des brigands, des agents de la contre-révolution ? Samson mène l'enquête. Il arpente les rues de Kiev, met à profit les rudiments de formation qu'il a reçus, et progresse dans l'art d'interroger témoins et suspects. Méthodiquement, il remonte la trace des disparus, utilisant les pouvoirs de son oreille coupée. Au fil de ses investigations, il explore les fausses pistes et met à jour d'autres affaires d'importance, dont celles d'une curieuse contrebande de caviar et d'un non moins inquiétant trafic de cocaïne auquel semble étroitement mêlé l'escroc belge Jacobson - rencontré dans L'Oreille de Kiev - qu'entre-temps la Tchéka a recruté comme agent. Mais c'est grâce au talent d'un poète des rues et à l'obstination d'un cheval orphelin qu'il réussira enfin à résoudre l'affaire et à arrêter les coupables. Le roman s'achève sur un coup de théâtre qui laisse entrevoir toute la noirceur mais aussi la complexité du tchékiste Abiazov...
Ce roman pulvérise toutes nos attentes, Maria Stepanova s'y révèle être une véritable artiste". Berliner Zeitung M. est écrivaine. Quelques années plus tôt, son pays a déclaré la guerre à l'un de ses voisins. Désormais en exil, elle s'applique à recréer un nouveau chez-soi, tout en se sentant peu à peu coupée de sa langue : celle qu'elle a parlée toute sa vie, dans laquelle elle a écrit ses livres, celle dont elle tente, aujourd'hui, de se détacher. Alors qu'elle se trouve dans un train en partance pour un festival littéraire à l'étranger, une grève perturbe le programme. Le voyage s'achève dans un village perdu où M. ne connaît personne et son téléphone portable est déchargé. Et si, comme par magie, elle disparaissait ? L'Art de disparaître est un grand roman sur l'exil, la perte de repères et le réenchantement du quotidien par l'écriture. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
2022, Moscou. Depuis une fenêtre, David ajuste le viseur de son arme. Il se tient prêt à tirer sur sa cible. Quatre ans après avoir retrouvé son père qui avait trempé dans de sombres affaires d'espionnage, David Kapovitch doit replonger dans le grand bain des secrets. Le jour de son anniversaire, un inconnu répondant au nom de Sergueï lui propose son aide pour libérer son père, retenu en Russie. En contrepartie, David lui confierait des informations sensibles dont seule sa mère a connaissance. Peut-il vraiment faire confiance à Sergueï ? David n'en a aucune idée, mais il choisit de saisir la chance de sauver son père des griffes du numéro un, quitte à y laisser la vie. Ce roman de politique-fiction habilement tourné est digne d'un film d'action où chaque nouvel élément vient interroger la véracité du précédent. Conservant le suspense jusqu'à la toute dernière ligne, Opération combinée nous emporte, sur un rythme haletant, au coeur du pouvoir russe.