Un être qui s'habitue à tout, voilà, la meilleure définition qu'on puisse donner de l'homme". Cette phrase de Dostoïevski dans ses Souvenirs de la maison des morts sert d'épigraphe au livre de Cécile A. Holdban. Dans un lumineux texte liminaire, l'autrice évoque "ces hommes et de ces femmes que l'on qualifiait souvent de fous ou de sorcières, et que la tradition yiddish dépeint sous les traits du shlemiel" : "repoussés à la lisière des communautés humaines" mais "proches de la nature par une forme d'attention et de sensibilité décuplées" . Ce "rêve de Dostoïevski" qui donne son titre au livre, c'est "le désir insensé d'approcher la singularité de l'expérience humaine dans un monde disloqué. De faire alliance avec la vie, envers et contre tout" . Fait des présences de cette foule de rêveurs et de déclassés, le livre se présente comme "un choeur de solitaires cherchant à exorciser le constat de "l'homme du sous-sol" de Dostoïevski : "Eux, ils sont tous, et moi, je suis seul". Pas de révélations, pas de grands mots d'ordre : leurs paroles ne sont que d'humbles témoignages sur la nature et sur la vie. Là est leur force paradoxale : "Trois baies / une brindille / l'inventaire pourrait cesser là / s'il n'y avait ce petit or / que chacun espère secrètement forger / dans la banalité du jour". Mais ce sentiment très simple, très fort qui constitue leur vie suffit à remettre en cause les fausses valeurs de toute une société : "La rose en moi éclate. / C'est alors, seulement, que je sais / cette chose en moi / était une rose, et elle a éclaté".
Nombre de pages
176
Date de parution
05/06/2025
Poids
300g
Largeur
134mm
Plus d'informations
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EAN
9782845903920
Titre
Le Rêve de Dostoievski
Auteur
Holdban Cécile A.
Editeur
ARFUYEN
Largeur
134
Poids
300
Date de parution
20250605
Nombre de pages
176,00 €
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Ce recueil de haikus ponctué d'encres de l'auteur (dans les règles de l'art du sumi-e) célèbre l'impermanence de toute chose. Au fil des poèmes se révèle une réalité impalpable mais immédiate, l'équilibre qui régit toute forme de vie, oscillant entre éphémère et éternité. La langue épurée de Cécile A Holdban se fait l'écho de la tendresse vigilante qu'elle témoigne aux paysages qui l'entourent et à ceux qu'elle porte en elle.
Ce matin les étoiles tombent le doigt rouge de l'érable pointe le ciel ridé du V des clans d'oiseaux mais je reste ici, à tracer dans les feuilles la carte de nos chemins sur terre. Cécile A. Holdban
Résumé : L'amour d'Edith Södergran pour les chats, les galets ramassés sur les plages sud-africaines par Ingrid Junker ou le regard porté par Forough Farrokhzad sur les lépreux : tout cela est le témoignage d'une attention à la beauté du monde. Cécile A. Holdban imagine quinze lettres de femmes. Quinze poétesses dont les vies ont été marquées par les forces destructrices du XXe siècle, la terreur stalinienne, la Shoah, l'apartheid ou le fondamentalisme religieux, mais leurs oeuvres sont portées par un élan vital d'écriture. Quinze femmes, qui sont aussi mère, fille ou amante. Dont les poèmes demeurent de vivants témoignages de leur tendresse ou mouvement de révolte. Leur courage et leur soif de liberté bravent les ténèbres.
Il n'est pas nécessaire, disait Laurent de la Résurrection, d'avoir de grandes choses à faire, je retourne ma petite omelette dans la poêle pour l'amour de Dieu." Et il expliquait : "Le temps de l'action n'est pas différent de celui de l'oraison ; je possède Dieu aussi tranquillement dans le tracas de ma cuisine que si j'étais à genoux devant le Saint-Sacrement." Etrange mystique que celui-là : ni saint ni bienheureux ni même vénérable, et pourtant l'une des plus hautes figures spirituelles du Carmel et, sans aucun doute, celle qui parle le plus à notre époque. Né dans un village pauvre de Lorraine, soldat puis domestique, il restera toute sa vie frère convers, voué aux tâches les plus humbles : cuisinier, puis savetier. Peu lui importe : "Il n'est pas nécessaire d'être toujours à l'église pour être avec Dieu ; nous pouvons faire de notre coeur un oratoire dans lequel nous nous retirons de temps en temps pour nous y entretenir avec lui amoureusement." Telle est sa "pratique de la présence de Dieu", simple et joyeuse. Son oeuvre se résume à des maximes et à 16 lettres. Mais son rayonnement est tel que les plus grands, notamment Fénelon, viennent lui demander conseil et qu'il est de son vivant compté parmi les plus grands mystiques. Le P. de Beaufort publie en 1692 ses écrits et deux ans plus tard les Entretiens qu'il a eus avec lui. Il les accompagne de deux hommages. Nous publions l'intégralité de ces textes. Préface et postface sont signées par deux carmes spécialistes de Frère Laurent : S. Robert (Québec) et M. -L. Huet (Toulouse).
Marquée par une enfance misérable et par la culture très inégalitaire de son pays, Fumiko Hayashi décrit de manière poignante, à travers le destin d'un animal ou le regard d'un enfant, la lutte de ses compatriotes, et en particulier des femmes, pour leur dignité. Grâce à son exceptionnelle qualité d'observation de la vie quotidienne et à sa profonde sensibilité au sort des plus démunis, sa place dans la littérature japonaise du XXe siècle se situe aujourd'hui aux côtés des plus grands. Après La Flûte de la grue, paru chez Arfuyen en mai 2024, le nouvel ensemble de textes ici présenté par René de Ceccatty comprend, à côté de contes d'inspiration plus ou moins fantastique, plusieurs nouvelles et récits autobiographiques comme l'admirable "Une femme célèbre" qui donne son titre au recueil.
La longue nouvelle (ou cout roman) de Bernard Shaw intitulée The Adventures of the Black Girl in her Search for God (Les Aventures de la jeune fille noire en quête de Dieu) a été publiée à Londres en 1932. L'ouvrage a suscité un véritable scandale dans les milieux conservateurs et religieux, et a été même interdit dans l'Etat libre d'Irlande. Ce n'était cependant pas la première fois que Shaw défiait le conformisme religieux et moral du public. La levée de boucliers qu'ont suscitée Les Aventures de la jeune fille noire n'ont pas n'empêché que ce grand texte obtienne un grand succès tant en Angleterre qu'aux Etats-Unis. Dès 1933, elle était traduite en français par Augustin et Henriette Hamon, traduction qui, du fait de l'antisémitisme affiché du traducteur, n'a jamais été rééditée. Ce contretemps a certainement beaucoup nui à la découverte en France d'un texte pourtant particulièrement représentatif de l'esprit généreux et irrévérencieux de Shaw. Les Aventures ne sont pas qu'un réquisitoire contre l'obscurantisme religieux. Elles constituent tout autant un plaidoyer féministe et un manifeste antiraciste. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi de ne pas restreindre d'emblée la lecture du texte à une quête uniquement spirituelle et de traduire son titre d'une manière plus large Les Aventures d'une jeune fille noire. La nouvelle a été rééditée à Londres en 1934 accompagnée d'un court et dense essai, écrit à Ayot St. Lawrence, le village où Shaw s'était retiré. Nous présentons ici la traduction de ce texte, révisé en 1946, convaincus nous aussi, quelques décennies plus tard, de "l'importance d'un tel message dans la crise mondiale actuelle" .
C'est Kellyanne Conway, conseillère du Président Donald Trump, qui a utilisé la première l'expression "vérité alternative" . S'il y a aujourd'hui un écrivain à lire pour nous lutter contre cette intoxication répandue aujourd'hui par les politiques et les médias, c'est à coup sûr Georges Orwell : "Dire la vérité dans un temps de mensonge universel, écrivait-il, est un acte révolutionnaire". Orwell a fait de la lutte contre les différentes formes du totalitarisme une mission centrale. La Ferme des animaux et 1984 dénoncent de manière prophétique les techniques de manipulation et l'écrasement de l'individu de nos cyberdictatures. Au-delà de ces deux célèbres romans, Orwell a mené à travers de très nombreux essais, articles et lettres une profonde réflexion sur l'homme et sur la société. "Le langage politique, écrit-il dans un de ses essais politiques, est conçu pour rendre les mensonges crédibles et le meurtre respectable". Orwell considère que la liberté commence par la fidélité aux faits et la clarté des mots. Le concept de "Novlangue" qu'il introduit dans 1984 montre comment le pouvoir peut déformer la réalité en pervertissant les mots : car "si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée". Par le courage de ses engagements et par son extraordinaire lucidité, par son indépendance d'esprit et son refus des dogmes, Orwell est un penseur plus que jamais nécessaire pour apprendre à penser librement et à défendre les fondements de cette liberté : "Le véritable ennemi, c'est l'esprit réduit à l'état de gramophone".