Salons européens. Les beaux moments d'une culture féminine disparue
Heyden-Rynsch Verena von der
GALLIMARD
23,20 €
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EAN :9782070729609
Le culte du bel esprit et l'art de la conversation, même si la France, avec les noms prestigieux de Mme de Rambouillet, Mme du Deffand, Mme Récamier et tant d'autres, y a joué un rôle prépondérant, ne sont pas limités dans le temps et dans l'espace. Le mérite de cet ouvrage est de nous faire découvrir, depuis la Renaissance italienne, les racines et l'histoire de sociétés restreintes qui privilégièrent, en même temps que la curiosité intellectuelle, la tolérance et l'ouverture d'esprit. Sociétés toujours groupées autour de femmes brillantes et cultivées, qui s'étaient donné pour tâche de découvrir et d'encourager les jeunes talents, de ménager les rencontres, en même temps qu'elles luttaient pour leur propre émancipation. Nous les trouvons, ces femmes, non seulement en France mais dans tous les pays d'Europe, où les esprits novateurs échangeaient leurs idées par-delà les frontières. Dans l'Europe d'aujourd'hui où les femmes, libérées, font carrière et où la culture est devenue l'affaire des médias, il n'y a plus de place pour les salons. Aussi n'est-ce pas sans nostalgie que l'auteur de cet ouvrage évoque pour nous les figures de femmes intelligentes et généreuses, ces grandes Européennes qui marquèrent la société de leur temps.
Nombre de pages
272
Date de parution
03/12/1993
Poids
326g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070729609
Titre
Salons européens. Les beaux moments d'une culture féminine disparue
Auteur
Heyden-Rynsch Verena von der
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
326
Date de parution
19931203
Nombre de pages
272,00 €
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Dans un monde fait souvent d'oppression et d'interdit, la femme européenne s'est découvert un espace de liberté : le journal intime. A travers trois siècles, de l'époque des Lumières à nos jours, Ecrire la vie nous convie à une promenade riche en surprises dans cet espace privilégié où le secret peut se révéler, et le fantasme se dire en toute impunité. Verena von der Heyden-Rynsch étudie les témoignages de trente-deux femmes, artistes célèbres ou méconnues, qui font entendre leur voix enfin libérée des conventions sociales et éclairent d'un jour sans complaisance les arcanes de leur art, de leur époque et de leur féminité.
Verena von der Heyden-Rynsch a déjà publié "Salons européens, écrire la vie. Trois siècle de journaux intimes féminins", pour lequel elle a reçu le Prix du meilleur livre étranger (catégorie essai), et elle a traduit en allemand E.M.Cioran. Elle vit à Munich et à Paris.
Giovanni Pico della Mirandola (le fameux Pic de la Mirandole, 1463-1494), surnommé "le phénix de son siècle" , est l'un des personnages les plus fascinants de l'humanisme de la Renaissance. Protégé et ami de Laurent de Médicis, fils spirituel du platonisant Marsilio Ficino, il est l'incarnation exemplaire des changements radicaux dans la pensée européenne. Nourrie du platonisme, de l'hermétisme et des textes grecs sur la création du monde, le cosmos, l'alchimie et la magie, sa philosophie, élaborée hors de tout système défini, est plutôt une quête sur la sagesse humaine et divine qu'un aboutissement. Pico est l'ami du plus grand éditeur de son époque, Aldo Manuzio, le "Michel- Ange" du livre ; de Johannes Reuchlin, le premier hébraïste allemand ; et de Girolamo Savonarola, dominicain réformateur et un des plus éminents personnages politiques de Florence. Il soutient avec le savant vénitien Ermolao Barbaro, grand expert d'Aristote, une polémique épistolaire demeurée célèbre. Grand amateur de langues anciennes, Pico possède une érudition incomparable. Son constat : "Je sais beaucoup de choses que beaucoup ignorent" lui vaut l'admiration d'Erasme et de Thomas More. Sous la plume alerte de Verena von der Heyden-Rynsch, la vie de Pico devient une étonnante galerie de portraits, où l'on croise aussi Nietzsche, Joyce, Yourcenar et Michelet qui vit en lui un précurseur de l'homme des Lumières et de sa révolte contre l'autorité ecclésiastique.
La culture et l'Histoire espagnoles sont fortement marquées par le desvivirse. Cette notion difficile à traduire, une sorte d'intensité dévorante aux prises avec la réalité, est pourtant cruciale pour comprendre notre pays voisin, à la fois proche et lointain. Afin de nous faciliter le chemin, Verena von der Heyden-Rynsch nous offre ici une plongée dans la culture ibérique. Son récit est organisé autour de trois axes : la cohabitation des trois grandes religions au Moyen Âge, l'influence de la pensée d'Érasme, et enfin, ladite philosophie du desvivirse du moraliste Gracian. A partir de quelques données historiques clés, esquissées avec concision et clarté, l'auteur parvient à brosser un portrait très vivant de l'Espagne comme s'il s'agissait d'une personne morale et non d'un pays. En décrivant le chemin parcouru entre le IXe siècle, où le pays incarnait la tolérance interreligieuse en Europe, et l'obsession du " sang pur " du XVIe siècle, elle décèle une faille qui se renforcera encore par l'obscurantisme de la contre-réforme, malgré l'influence incontestable de la pensée érasmienne. L'auteur parvient ainsi à dessiner un large arc de cercle dans l'histoire culturelle espagnole pour aboutir à la description d'un pays qui se languit, dans une attitude fière mais dépressive qui lui est propre, en puisant son argumentation aussi bien dans la peinture, la philosophie, la littérature que dans l'histoire politique. Son essai lumineux touchera non seulement les lecteurs curieux de la culture espagnole, mais aussi tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des idées en Europe ou qui s'interrogent sur la question de la tolérance religieuse.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.