Sainte, enluminée d'un lilas, Maman pique un baiser dans l'échancrure d'une chemise, en fait voler les manches. A nos pieds, les corolles, pressées les unes aux autres, grenues, glacées, font étinceler, autour de pétales en plein ciel, la fraîcheur du couchant. Rives rassérénées d'orage, d'un pourpre achevé. Sur de petits étangs, des champs de nymphéas, lis, nénufars, filent où les prend le courant. Les carillons sonnent l'heure du goûter. Pointes, tiges effrangées du soleil reparu. Maman, criblée de lunes d'eau, en auvent à la pluie, croque un gâteau. Dans ses poches : cigares au miel, à l'amande concassée - éclats d'Orient. Un liseron de lumière court. Les lotus en peau d'ange se creusent. A la dérive, rougis comme des sexes, des nélombos au coeur écrevisse ; plus avant, jaunets en guirlandes dénouées, pâmoison des plantes." On n'explique pas la douleur. Ne raconte ni l'enfance, ni l'adolescence, ni la jeunesse, ni la vie que le sang teinte d'émois parfois tumultueux et que le seringa, le lilas ou les grappes de fruits mûrs parfument comme s'ils s'épanouissaient à l'orée même des songes. C'est là. Cela naît par bouffées, chaque séquence du livre ravivant les souvenirs de l'auteure qui, sachant que l'on ne sépare pas le sentiment de sa gangue charnelle, ressent jusqu'à les désirer plus intensément encore les instants où, dans la langue, au sein des mots et des gestes quotidiens, tout tremble, tout vacille. (Lionel Bourg)
Nombre de pages
68
Date de parution
28/02/2020
Poids
120g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9791091365956
Titre
Cristina
Auteur
Herminia Caloniz
Editeur
LE REALGAR
Largeur
150
Poids
120
Date de parution
20200228
Nombre de pages
68,00 €
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Résumé : "Cristina constitue un Portique par lequel entrer en Littérature et directement dans ses régions vitales. Il n'est donné qu'à de rares foudroyés de faire pénétrer la lumière du langage dans la nuit du crime. Les grandes douleurs sont muettes parce qu'elles ne tiennent pas à la page. L'enjeu de l'écriture n'est pas une histoire à raconter, c'est un drame indicible. Le cri part du fond de gorge - comme celui d'Artaud dans son Van Gogh, comme celui de Munch -, il surgit du tréfonds des cavernes de l'être ; mais il faut encore l'en déloger pour l'écrire". Alain BORER
Jim Harrison (1937-2016) se considérait avant tout comme un poète. Il se disait volontiers bon romancier classique, mauvais scénariste, excellent critique gastronomique, mais " fou de poésie ". Auteur de treize recueils publiés à intervalles réguliers durant toute sa vie d'écrivain, il avait le sentiment d'évoluer " en toute liberté " dans le langage lorsqu'il se confrontait à la poésie. Chants de déraison (2011), son avant-dernier recueil, porte la trace indélébile de cette liberté et de cette folie qu'est la poésie selon Big Jim. "Presque toute ma vie, annonce-t-il en préambule j'ai remarqué que certaines de mes pensées étaient ataviques, primitives, totémiques. C'est parfois perturbant pour un homme plutôt cultivé. Dans cette suite j'ai voulu examiner ce phénomène."
Lawrence Ferlinghetti, né le 24 mars 1919 à Yonkers, dans l'état de New York, et mort à 102 ans le 22 février 2021 à San Francisco, est un poète et éditeur associé à la "beat generation" . Il est le fondateur de la librairie City Lights à San Francisco, ainsi que des éditions du même nom, qui ont publié, entre autres, des livres de Jack Kerouac, Jack Spicer, Robert Duncan, Frank O'Hara, Denise Levertov, ou encore Allen Ginsberg â dont le recueil Howl, paru en 1956 et quatrième livre publié par les éditions, connut un scandale retentissant à la suite duquel Ferlinghetti fut arrêté pour outrage aux bonnes moeurs. Son ensemble de poèmes le plus connu est A Coney Island of the Mind, paru en 1958, énorme succès outre-Atlantique, traduit en langue française un demi-siècle plus tard aux éditions Maelstrom. En 1997 paraît un autre ensemble, bâti sur le même principe, A Far Rockaway of the Heart. Il s'agit, dans l'un et l'autre de ces recueils, d'un ensemble de poèmes autobiographiques et intimes (Coney Island et Far Rockaway sont deux quartiers de New-York où il a vécu) mais aussi d'évocations littéraires, historiques, sentimentales et géographiques de l'Amérique â' comme un portrait poétique et éclaté de l'auteur, sinon de toute une génération.