Et si les mensonges ou les secrets auxquels ont recours toutes les familles nous étaient plus nécessaires que la vérité? Et si les légendes transmises au fil des générations constituaient le plus sûr moyen de mieux nous connaître? Deux femmes séparées par des milliers de kilomètres tentent de traverser le miroir des apparences sur lesquelles elles ont bâti leur vie. Isabel, 69 ans, est anthropologue et tous la croient morte dans une expédition au Guatemala. A Barcelone, Serena, sa fille, cherche une explication à la disparition de samère. Menant une enquête rigoureuse, elle s'enfonce à ses risques et périls dans les fables qui ont façonné son enfance. En mêlant ces deux voix, Enrique de Hériz rassemble les morceaux du grand puzzle des vérités et des mensonges qui forgent l'identité de ses personnages. Brouillant sans cesse les pistes, il entraîne le lecteur dans un jeu palpitant de l'amouret de ce qui ne saurait être du hasard. Un grand roman espagnol, foisonnant, un hymne à l'imagination et à toutes ses tentations.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.
À quelques minutes de la frontière espagnole, perché dans les Pyrénées françaises, l'hôtel du Belvédère, véritable paquebot de béton armé, pointe sa proue immobile vers la mer. À la faveur d'une résidence d'écrivain, l'autrice se retrouve seule occupante de l'imposant vestige des années 1930. Dans ce refuge chargé de la mémoire des voyageurs en transit, elle ouvre sa "mallette Fondane". Fascinée par ce poète mort en déportation en 1944, elle y rassemble depuis des années tout ce qui le concerne. Devant la mer, elle reconstitue l'enquête qu'elle a menée de l'autre côté de l'Atlantique, sur les traces du seul film de Benjamin Fondane, réalisé en Argentine grâce à Victoria Ocampo puis mystérieusement perdu, et fait revivre le trio indestructible formé par l'auteur du Mal des fantômes avec sa femme, Geneviève, et sa soeur Line. La folie qui monte en Europe à la fin des années 1930, l'existence brisée du trio trouvent aujourd'hui un écho troublant, que Laura Alcoba souligne avec une grande sensibilité.
Après la victoire de Franco, le docteur Guillermo García Medina continue de vivre à Madrid sous une fausse identité. Les papiers qui lui ont permis d?éviter le peloton d?exécution lui ont été fournis par son meilleur ami, Manuel Arroyo Benítez, un diplomate républicain à qui il a sauvé la vie en 1937.En septembre 1946, Manuel revient d?exil avec une dangereuse mission : infiltrer une organisation clandestine d?évasion de criminels nazis, dirigée depuis le quartier d?Argüelles par Clara Stauffer, qui est à la fois allemande et espagnole, nazie et phalangiste.Alors que le docteur García se laisse recruter par Manuel, le nom d?un autre Espagnol croise le destin des deux amis. Adrián Gallardo Ortega, qui a eu son heure de gloire comme boxeur professionnel avant de s?enrôler dans la División Azul, survit péniblement en Allemagne. Ce dernier ne sait pas encore que quelqu?un souhaite prendre son identité pour fuir dans l?Argentine de Perón.Traduit de l'espagnol par Anne Plantagenet« Rien ne manque avec ce livre, pour nous emporter. »« Il faut le dévorer, comme les précédents, en attendant les deux suivants. » Historia « Saga palpitante, nourrie d?espions, d?imposteurs et de rebondissements, ce roman éclaire d?une lumière glaçante l?impunité de l?Espagne franquiste pour ses liens avec les anciens dignitaires du IIIe Reich. » Le Monde des Livres Notes Biographiques : Almudena Grandes vit à Madrid. Elle est l?auteure d?Un ceur glacé qui a remporté le prix Méditerranée 2008.Les patients du docteur Garcia poursuit sa série « Épisodes d?une guerre interminable », inaugurée par Inés et la joie, puis Le Lecteur de Jules Verne, et dernièrement Les trois mariages de Manolita.
Alejandra embrase l'esprit, le coeur et le corps de Martin. Elle a pour ancêtres des héros de la révolution et des fous. Il est le fils d'une prostituée et d'un artiste raté. Leur amour sera fulgurant, leur destinée cruelle. A travers eux, c'est toute une vision de l'Argentine et de son histoire qui surgit: sa démesure, ses fantômes et son improbable salut.
Un livre et une femme incroyables : María Sánchez, vétérinaire, poétesse, porte-parole de territoires et d'individus oubliés, déclassés, mal-aimés. La Terre des femmes est un récit intime, familial, politique à sa manière, qui redonne leur place aux femmes dans le monde rural, à leurs mains, à leurs gestes. Une histoire de filiation et de destin. De transmission. Et un pas de côté pour réfléchir à nos propres vies. Phénomène en Espagne, avec plus de 6 réimpressions, le livre a enthousiasmé la critique et bouleversé les lecteurs.