Heidegger à rebours. De l'ontologie à l'anthropologie (1919-1929)
Sommer Christian
HERMANN
30,15 €
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EAN :9791037044372
Ces études, en déplaçant le centre de gravité de l’ontologie vers l’anthropologie, explorent les conséquences d’une lecture anthropologique de l’analytique existentiale, à rebours de l’auto-interprétation de Heidegger. Le « tournant aristotélicien » de Heidegger ouvre la possibilité de cette anthropologie phénoménologique comme herméneutique de la vie facticielle, selon un trajet souterrain qui, en passant par Sein und Zeit (1927), conduit jusqu’au cours de 1929/30 sur Les problèmes fondamentaux de la métaphysique, où Heidegger dialogue explicitement avec la biologie théorique d’Uexküll, et implicitement avec les anthropologies philosophiques de Scheler (La Position de l’homme dans le cosmos, 1928) et de Plessner (Les Degrés de l’organique et l’homme, 1928). On a trop volontiers lu ce cours magistral à travers un prisme phénoménologique restreint qui a escamoté la possibilité d’y voir aussi une « ontologie des degrés du vivant » impliquant une anthropologie, fût-elle cryptée. L’approche défendue ici fait émerger le visage d’un autre Heidegger, inscrit dans la vaste constellation des questions et problèmes de l’anthropologie philosophique du dernier siècle (Scheler, Plessner, Gehlen, Blumenberg). Elle met aussi en évidence la dimension éminemment pratique, rhétorique et psychagogique de l’analytique existentiale, qu’il est dès lors possible de reconsidérer, sous cet angle anthropologique inversé, comme un « exercice existentiel » renouant avec certains aspects de la théologie patristique et de la philosophie antique comme manière de vivre.
Nombre de pages
292
Date de parution
25/06/2025
Poids
330g
Largeur
140mm
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EAN
9791037044372
Auteur
Sommer Christian
Editeur
HERMANN
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20250625
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Cette étude formule l'hypothèse critique d'une opération de remythologisation par une réactualisation théologico-politique de la tragédie chez Heidegger. Cette opération ne saurait simplement coïncider avec une revalorisation " irrationnelle " du mythe, car elle procède d'abord d'une mise en question, non moins problématique, de la dualité supposée entre muthos et logos pour culminer dans ce qu'une note des années 1950 appellera la " mytho-logie de l'événement ". La réélaboration de la notion de mythe s'accomplit à partir du poème de Hölderlin qui doit préfigurer les dieux de l'" autre commencement " post-judéo-chrétien, selon le projet spéculatif d'une " religion " censée relier le peuple à ses dieux nouveaux via l'être comme événement. L'hypothèse d'une remythologisation théologico-politique doit ainsi permettre d'éclairer non seulement le rôle matriciel de Hölderlin pour la pensée de l'être, mais aussi le surinvestissement illusoire du national-socialisme censé donner lieu au " peuple de Hölderlin ". Pour interroger cette réactualisation théologico-politique du mythe, l'étude se concentre sur les cours que Heidegger consacra à Hölderlin, tout en sollicitant l'intégralité du corpus des années 1933-1945, c'est-à-dire les cours fribourgeois, les traités inédits rédigés dans le sillage des Contributions (Beiträge) et les Cahiers noirs (Schwarze Hefte).
C'est Luther qui m'a accompagné dans mes recherches, écrit Heidegger en 1923, et mon modèle était Aristote. " Ce livre propose de lire Être et Temps, élaboré entre 1922 et 1926, à la lumière de ces deux sources fondamentales, en exhumant les strates du texte qui renvoient au laboratoire du premier Heidegger, particulièrement à la transformation du corpus aristotélicien (Physique, Traité de l'âme, Métaphysique, Éthique à Nicomaque, Rhétorique) opérée dans les cours de Fribourg (1919-1923) et de Marbourg (1923-1928). Car, si cette opération de destruction critique de l'ontologie d'Aristote comme " sagesse de ce monde " est essentiellement guidée par la théologie de la croix de Luther, elle permet, en retour, d'aristotéliser les théologoumènes luthériens afin de conceptualiser, phénoménologiquement, les expériences humaines fondamentales du Nouveau Testament. Cette analyse exégétique des conditions opératoires d'Etre et Temps entend ouvrir la possibilité d'interpréter le premier Heidegger dans le sens d'une phénoménologie radicale du vivant humain sous l'horizon d'une interprétation de l'être comme temps : il apparaît ainsi que la problématique décisive de l'ouvrage inachevé de 1927 tient à la mutabilité du Dasein, capable de saisir son excellence propre dans la performance même de son philosopher.
En 1933, Heidegger réitère la conviction que Platon exposait dans La République et dans les Lois, et qu'il énonçait dans la Lettre VII : la possibilité d'un gouvernement philosophique. En sollicitant la réactualisation du corpus politique de Platon dans les cours de 1933 et 1933/34, l'auteur étudie cette rémanence de platonisme qui paraît conditionner et structurer l'engagement politique de Heidegger tel qu'il se déclare dans le Discours de rectorat.
Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l’histoire et la population haïtiennes, on a rarement l’occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu’une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants.Tout le monde s’en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l’attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines.Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d’une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l’auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l’humanité entière.Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.