Juin 1958, dans un village d'Algérie, des enfants et des épouses de Benni Omar jouent, chantent, dansent, cueillent des cerises sous le regard apaisant de quelques vieilles femmes... Un havre de paix et de bonheur sur cette terre qui craquèle sous le soleil. Mais un jour tout va basculer, un contingent de l'armée française ratisse et " pacifie ", dans la réalité de ce qu'on appellera beaucoup plus tard " Guerre d'Algérie ", la barbarie enfantera dès lors, définitivement la douleur. Comme un appel qui nous est peut-être adressé, Saadia chante: Viens à mon secours / toi qui délivres les malheureux... Novembre 1995, Alger quadrillé sous l'omniprésence de l'armée et de la peur. La narratrice va se pencher, peut-être pour la dernière fois, sur sa Yemma qui l'attend là-bas, dans un lit d'hôpital. Et cette fille nous dit ses retrouvailles avec cette terre tant adorée; malgré l'oppression et les attentats, la peur et l'horreur, elle ne peut qu'espérer. Elle vivra, verra et entendra tout ce qu'un être humain peut supporter, voir et entendre. Même si la démocratie et les élections seront son espérance de vie, de justice et de liberté, elle ne pourra s'empêcher de guider nos pas dans la tragédie algérienne qui se mêlera à sa propre tragédie. Rien ne nous sera épargné : du chant d'amour de cette fille exilée, à la tendresse en ce père qui ne sait plus que lui aussi est en exil, tout comme ce passé présent bariolé et kaléidoscopé de son enfance. Aujourd'hui, Alger n'est, pour notre malheur à tous, qu'une plaie béante où purulence et putréfaction n'annihilent pas le dessein de l'actualité et la marche du temps. L'auteur ici, sans voyeurisme, esquisse, comme un epsilon de lutte à repousser notre angoisse, des lendemains de liberté et de démocratie qui forcent la vérité à ne pas se démettre de notre humanité. Je laisse au lecteur la découverte et l'issue de ce récit. Nina Hayat nous livre ici un conte initiatique pour nous donner l'exactitude de ce vécu algérien de ces quarante dernières années. Il nous reste à espérer que tous les hommes de bonne volonté veuillent écouter le message de Nina : Viens à mon secours, / toi, plein de sollicitude pour l'aveugle, / le paralytique, le fou et l'exilé...
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Nombre de pages
133
Date de parution
01/09/1998
Poids
185g
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EAN
9782908527643
Titre
Des youyous et des larmes
Auteur
Hayat Nina
Editeur
TIRESIAS
Largeur
0
Poids
185
Date de parution
19980901
Nombre de pages
133,00 €
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Cet ouvrage est de notre actualité, il narre au quotidien la tragédie de ce peuple d'Algérie subissant la plus grande des menaces sur son avenir, et où la vie n'est qu'un sursis. C'est la chronique banale d'une barbarie de chaque instant, avec ses jours et avec ses nuits, c'est la chronique d'une Algérie d'aujourd'hui en chair et en lambeaux. L'angoisse, comme ce terrorisme, est enfantée d'un même monstre : l'intégrisme et la folie meurtrière d'hommes. Alors la réalité devient un cauchemar qui se confond dans une hantise de survie quand le soir le sommeil rôde et que déjà chacun décompte son compte de paix. La vie dans l'horrible présence de la violence heurte à chaque pas et oblige à un retour sur soi-même, sur sa culture, sur ses racines, sur ses ancêtres, et les questions naissent sur la langue à employer pour décrire ce vécu, sur l'arabisation qui a engendré des " analphabètes polyglottes ". Mais l'auteur s'interroge aussi sur le rôle de l'information, du journaliste et le prix à payer pour le courage de dénoncer, de dire ou de taire, d'avertir les nations et les siens de la folie aveugle de certains groupes qui frappent et tuent sans distinction. Edmonde Charles-Roux dans sa préface écrit : "... on ne peut plus douter que le drame de l'Algérie nous concerne tous, nous Français ". Soyons non seulement la sentinelle de la liberté, mais surtout aussi l'alerteur, et rameutons la conscience de chacun de nous. C'est le prix de notre liberté à exister dans une civilisation à dimension humaine.
Tu étais plus candide que la poésie/qui tremblait sur tes lèvres. Telle pourrait être imaginée l'esquisse de cet Indigène qu'ici, dans ces pages, une fille, petite et grandissant à l'écrit et à la vie, nous dessine. Elle nous avertit : " Toi, Mohamed Belhalfaoui, mon père, fus cette lumière qui continue d'éclairer ma lanterne d'Algérienne non musulmane, née Française en terre colonisée, en exil partout à tout jamais et en quête éperdue de ses racines les plus profondes... " Mais aussi elle nous chante la pudeur et le désespoir de Nina, sa mère, dans un pays de transit qui ne sera jamais sien. Elle parle de sa naissante Terre et de la tragédie, cette douleur coloniale qui restera de son Algérie. Comme une allégorie flamboyante elle nous signifie ce père. Et à ce père conteur, rebelle et voyageur, elle caresse, sur son éternelle blessure d'exilé du verbe, ce baume emprunté à ces vers : Nuits coloniales nuits des étrangers nuits exilées je parle de vous biffées par le mépris [...] Aïcha nous parle aussi des mendiants de la nuit, des affamés du savoir, des cendres de mémoire et narre, sous l'œil gourmand du mois de mai, la longue bohème d'un homme amoureux de la Langue et goûteur de la liberté, et ajoute : " Ceux dont on faisait hier des parias dans leur propre pays ne sont-ils pas - oh, ironie suprême ! - les mêmes que ceux qui me nient aujourd'hui, moi, fille de l'Oranie, le droit de proclamer une algérianité universelle... " Pierre Vidal-Naquet dans sa préface écrit : " Le titre du livre a été bien choisi. Nina Hayat y fait le portrait de son père, un "indigène", et même, officiellement un "Indigène algérien musulman non naturalisé français" (IAMNNF), mais "aux semelles de vent" ce qui est une référence à Arthur Rimbaud. C'est là dire qu'il parlait et écrivait la langue de Voltaire... " Nina Hayat nous offre pour son troisième ouvrage ce signe de Vie et nous inscrit l'espoir pour cette Algérie à vaincre. (Michel Reynaud)
Un témoignage des difficultés engendrées par le fait de devenir mère. Des questionnements individuels et malgré tout universels. L'autrice aborde le sujet de la dépression post partum et de sa prise en charge, encore aujourd'hui peu considérée dans l'univers psychiatrique. 10 à 20 % des mères sont touchées par une dépression post-partum dans les semaines qui suivent leur accouchement, selon l'assurance maladie. Un récit accessible et illustré en noir et blanc avec douceur.
Libéralisme, conservatisme, socialisme... Pour tout savoir sur ces courants et idéologies, les rattacher aux auteurs et oeuvres qui les caractérisent et les replacer dans une socio-histoire de l'Etat moderne et des sociétés contemporaines. Alors que la démocratie contemporaine est fondée sur le débat d'idées, il est parfois difficile de s'y retrouver entre les différents courants : libéralisme, conservatisme, socialisme, républicanisme, communisme, fascisme, national-socialisme, etc. Ce manuel décrit et analyse ainsi, des révolutions du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, les soubassements sociaux, institutionnels et théoriques des idées politiques contemporaines et de leurs regroupements dans des idéologies en compétition. Il propose une histoire des idées politiques en contexte, en les réinscrivant dans les sociétés et les grands débats de leur temps et en les resituant dans les transformations sociohistoriques plus amples de l'Etat et des structures sociales, économiques et techniques. Pour les étudiant. e. s des 1er et 2e cycles en droit, en science politique, en histoire et en sociologie ainsi que pour les doctorant. e. s en sciences sociales.