Donner généreusement et dépenser fastueusement : ces deux gestes définissent un idéal de largesse dont les textes littéraires des XIIe et XIIIe siècles font régulièrement et intensément la promotion. Présentée comme une manifestation naturelle de la générosité des nobles et de la libéralité des puissants, la largesse obéit en réalité à des obligations et à des nécessités qui ont peu à voir avec la morale et qui apparaissent fort éloignées des valeurs constituant l'éthique aristocratique, contrairement à ce que répète sans relâche un discours de promotion globalement conforme à l'idéologie de la classe chevaleresque. Moins désintéressée qu'elle ne se donne à voir, la largesse des nobles, de haut en bas de la hiérarchie nobiliaire, des souverains aux chevaliers non casés, répond à des visées économiques, sociales ou politiques inavouables. La générosité, sous la forme du don amical et de la dépense ostentatoire, a donc ses ruses, que la littérature, elle-même rusée, perçoit parfois fort bien, et qu'elle s'emploie à mettre en scène avec beaucoup de variété et avec une liberté d'esprit que sa prétendue soumission à l'idéologie aristocratique ne laissait pas espérer. Fondée sur les acquis de l'anthropologie sociale, l'étude laisse la parole aux textes épiques et romanesques qui, comme "Florimont" , "Guillaume d'Angleterre" , "Hervis de Mes" , "Richars li biaus" , "Guillaume de Dole" , "Aymeri de Narbonne" ou "Renaut de Montauban" , se sont interrogés sur le rapport des nobles à la richesse et sur les enjeux d'un comportement de classe érigé en signe de distinction.
Date de parution
27/03/2013
Poids
560g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782745324474
Titre
RUSES MEDIEVALES DE LA GENEROSITE.
Auteur
HAUGEARD PHILIPPE
Editeur
CHAMPION
Largeur
155
Poids
560
Date de parution
20130327
Disponibilité
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L'ordre lignager, fondé sur l'indivision des patrimoines et sur la préséance des fils aînés, ne fut pas sans provoquer de vives tensions à l'intérieur des familles de l'aristocratie féodale - tensions qui purent dégénérer parfois en conflits ouverts entre les frères, ou entre les fils et leur père. Quelle perception les ?uvres littéraires contemporaines de l'instauration de l'ordre lignager et de son extension à presque toute la classe chevaleresque ont-elles de ce phénomène et de ses conséquences sociales, morales et psychologiques ? Le Roman de Thèbes, ainsi que Protheselaüs de Hue de Rotelande, les Narbonnais ou Renaut de Montauban, se nourrissent des difficultés posées par l'héritage et la succession aristocratiques, en tirent de puissants ressorts narratifs et construisent des représentations fantasmatiques de la famille où transparaissent les aspirations, mais aussi les frustrations et les angoisses des fils déshérités. C'est en se situant dans une démarche à la croisée de la sociologie et de la psychologie qu'il est possible de décrire et comprendre dans toute sa richesse l'imaginaire familial présent dans les ?uvres narratives du XIIe et du début XIIIe siècle qui se sont intéressées à la question.
Boudet Jean-Patrice ; Haugeard Philippe ; Menegald
Qui était Jean de Meun, l'auteur de la seconde partie du Roman de la Rose, le plus grand succès ? avec plus de trois cents manuscrits conservés ? de la littérature médiévale française ? Un clerc originaire de Meung-sur-Loire, certes, mais encore ? Un universitaire parisien, dont on sait qu'en 1305 la maison dite de la Tournelle fut léguée aux dominicains du couvent de Saint-Jacques ? Est-il identifiable avec le fils d'un petit seigneur qui fit des études de droit à Bologne de 1265 à 1269 ? Avec l'archidiacre de Beauce dont on conserve le testament daté de 1298 ? On sait en tout cas qu'auteur prolifique, il traduisit encore du latin en français le De re militari de Végèce (traduction achevée en 1284 et adressée à Jean de Brienne, comte d'Eu), la Consolatio Philosophiae de Boèce, dédiée à Philippe le Bel (avant 1303), les lettres d'Héloïse et Abélard, ainsi que la Topographia Hibernica de Giraud de Barri et le De amicitia spirituali d'Aelred de Rievaulx, ces deux dernières traductions étant malheureusement perdues ? et qu'il composa peut-être, à la fin de sa vie, les poèmes religieux (Testament, Codicille et Sept articles de la foi) qu'on lui attribuait aux XIVe et XVe siècles.
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