Autogestion en Algérie. Une autre révolution? (1963-1965)
Harbi Mohammed
SYLLEPSE
15,00 €
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EAN :9782849509968
On l'ignore souvent, mais dès la fin de la guerre d'indépendance, un million d'hectares et 500 entreprises sont délaissés par leurs propriétaires coloniaux. Spontanément, paysans et travailleurs occupent ces biens sans maîtres. Reconnaissant officiellement cette situation, le gouvernement Ben Bella promulgue, le 23 mars 1963, un décret: la gestion des biens déclarés vacants - ainsi que celle des biens «anormalement exploité» - sera assurée par les travailleurs. Le 30 mars, un nouveau décret fait explicitement référence à «l'organisation et la gestion des entreprises en autogestion». Autogestion: le mot est lancé, officialisé, avec de nouvelles structures: assemblée générale des travailleurs, conseil des travailleurs, comité de gestion, directeur, conseil communal d'animation de l'autogestion. Le Bureau national des biens vacants devient Bureau national d'animation du secteur socialiste sous la responsabilité de Mohammed Harbi, qui mobilise militants et chercheurs, algériens et français. Les résistances sont fortes: l'armée accapare une bonne partie du secteur agricole mis hors autogestion; dans beaucoup d'entreprises et de terres le pouvoir des travailleurs est confisqué par une nouvelle bourgeoisie qui entend accaparer la révolution à son profit. Après le coup d'État de Houari Boumedienne en 1965, seule demeurera le vocabulaire socialiste sans réalité pratique. Dans ce recueil qu'il introduit, présente et annote, Mohammed Harbi a sélectionné une série de ses propres écrits, de textes et de documents, pour beaucoup inédits, et des enquêtes de terrain qu'il a dirigées dans les fermes et usines autogérées. Alors que l'on commémore, en mars 2022, les 60 ans des accords d'Évian et de l'indépendance de l'Algérie, alors que le Hirak réclame une nouvelle révolution, ce livre vient rappeler l'histoire de l'autogestion algérienne, mise sous le boisseau par les autorités.
Date de parution
21/04/2022
Poids
300g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782849509968
Titre
AUTOGESTION EN ALGERIE - UNE AUTRE REVOLUTION? (1963-1965)
Auteur
Harbi Mohammed
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
150
Poids
300
Date de parution
20220421
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Incontestablement, Mohammed Harbi est l'un des meilleurs connaisseurs de l'histoire algérienne. Ses ouvrages sur le FLN ? dont Le FLN, mirage et réalité ? font autorité. Mais derrière l'observateur se cache un acteur essentiel de l'histoire de son pays, combattant de la première heure de la libération et de l'indépendance de l'Algérie.Dans ce premier tome qui couvre la période 1945-1962, l'auteur aborde, avec la rigueur de l'historien et la chaleur de celui qui se penche sur son propre passé, les principales étapes de son engagement auprès de l'Algérie indépendante : son enfance privilégiée dans un petit village, El-Arrouch ; ses années d'apprentissage politique au lycée au sein du MTLD de Messali Hadj ; les années d'exil, notamment à Paris ; son engagement auprès de la Tunisie du GPRA ; Le Caire, puis l'année 1962, dans les coulisses des accords d'Évian.Une Vie debout offre un double regard sur l'existence de Mohamed Harbi : objectif et subjectif, à la fois analytique et anecdotique. Un ouvrage indispensable pour comprendre de l'intérieur les origines de la guerre d'Algérie et la complexité d'une société aujourd'hui déchirée.--Sylvain Lefort
Le nationalisme algérien n'est pas né en 1954 avec la création du FLN. Ses fondateurs sont issus de l'Organisation spéciale du parti de Messali Hadj, leader charismatique de la lutte pour l'indépendance, dont le combat a commencé dès les années 1920 avec L'Étoile nord-africaine et le Parti du peuple algérien, devenu MTLD après-guerre. Des controverses et des conflits ont déchiré le mouvement entre 1946 et 1962 : « crise berbériste », rapports lutte politique/lutte armée, conflits entre willayas et clans... Le mouvement nationaliste éclate pour se reformer autour de son noyau le plus centralisateur et le plus autoritaire. C'est dans ces conditions particulières qu'émergèrent au sein du mouvement national les éléments constitutifs d'une bureaucratie qui s'est développée et affirmée dans la clandestinité. Convaincus qu'il fallait se protéger contre les adversaires de la lutte armée, les dirigeants du FLN choisirent la voie autoritaire dont le modèle était le caïd et le notable rural, symboles d'un pouvoir qui trouve ses racines dans la tradition nationale. L'absolutisme a été érigé en principe et demeurera en maître dans l'Algérie nouvelle, malgré les aspirations populaires, qui se sont encore manifestées avec le Hirak de 2019. Le regard critique porté sur la vie du FLN par Mohammed Harbi, qui en fut un des acteurs, ne lui fait pas oublier que ce mouvement a atteint son but : l'indépendance de l'Algérie. Par-delà les intérêts individuels et les passions, les manoeuvres et les conspirations, les dirigeants du FLN avaient tous en commun leur engagement total en faveur de la guerre d'indépendance et leur patriotisme. C'est toute la valeur de ce livre, publié pour la première fois en 1981, tant connaître et comprendre la réalité de ce que fut le FLN, c'est connaître et comprendre l'Algérie d'aujourd'hui.
Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté es moyens mêmes d eprofiter de cette protection". Mansour Fahmy
Ce recueil de documents et de textes est conçu comme une suite à l'ouvrage de Gilbert Meynier, Histoire intérieure du FLN, 1954-1962 (Fayard, 2002). Destiné à tous ceux qui veulent faire le point sur le conflit franco-algérien et la gestation de l'État-FLN - selon l'expression usitée en Algérie -, il permet au lecteur de les découvrir et de les évaluer par lui-même : la place de la guerre, la terreur, la vie du FLN et de l'ALN, l'attitude du peuple algérien face à l'épreuve, etc., sont présentés en toute clarté. Le rôle du FLN est resté longtemps prisonnier des récits hagiographiques ou malveillants. Chacun sait que tout mouvement porteur d'un projet d'émancipation a besoin, souvent au prix de manipulations historiques et de désinformations, de transformer son idéal en religion en vue de susciter des dévouements et des sacrifices. Le FLN ne fait pas exception à la règle. Son succès a bénéficié des souffrances infligées aux Algériens par l'armée française et engendré une vision idyllique de son action. " De part et d'autre de la Méditerranée, note Mohammed Ramdani, et non certes pour les mêmes raisons, on a assisté à la mise sous scellés, on a décrété le silence et l'oubli de peur que la sulfureuse anamnèse n'en vienne à désuturer les traumatismes, revisiter le paysage dévasté, rompre le règne de l'amnésie et forcer les relectures. " L'état de nos connaissances a cependant progressé. " Les bouches s'ouvrent. " Dans les années 1970, la légitimité de la cause du peuple algérien reconnue, on a commencé à prêter attention aux contradictions et aux tensions que le triomphalisme du FLN dissimulait. Des versions nouvelles de la période 1954-1962 ont vu le jour, en France plus qu'en Algérie même où, malgré des avancées, l'histoire reste " sous surveillance ". L'état des sources est devenu plus favorable aux chercheurs. Cet ouvrage en témoigne.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.