L'Histoire est tragique. Que ceux qui ne l'auraient pas encore compris lisent ce livre. Tous les éléments de la tragédie sont là : les traîtres, les vrais et les faux ; la politique et le cynisme des hommes politiques au nom de la raison d'Etat ou de l'ambition nationaliste ; les hommes de bonne volonté dépassés par la violence et l'enchaînement des événements ; les idéologies, les passions mais aussi le hasard ; et surtout, les véritables héros de Mohand Hamoumou, les hommes, les pauvres hommes, victimes d'un piège historique, qui ne comprennent pas ou mal ce qui leur arrive et qui souffrent. Il raconte l'histoire de ces " Français musulmans " qui participèrent à des titres divers à l'action de la France en Algérie. Lorsque furent signés les accords d'Evian, malgré les engagements pris, et après quelques semaines pendant lesquelles rien, ou presque rien ne se passa, beaucoup d'entre eux furent massacrés par les membres du FLN victorieux. Les autorités militaires françaises avaient reçu l'ordre de ne pas intervenir. Unanimement condamnés par l'opinion, certains officiers qui avaient engagé leur parole auprès de " leurs hommes " désobéirent au pouvoir politique au nom de leur honneur personnel et de ce qu'ils pensaient être l'honneur de la France. Ils purent rapatrier leurs anciens supplétifs et leurs familles, directement menacés de mort. Environ la moitié, à leur arrivée, furent installés dans des camps, où d'anciens sous-officiers ont longtemps fait régner un ordre quasi militaire. Tous ceux qu'on appelle les " harkis " et leurs enfants n'en sont pas encore sortis aujourd'hui. Régulièrement, un incident violent rappelle l'existence du drame. Puis le silence retombe. Avec précision, talent et pudeur, Mohand Hamoumou explique pourquoi le silence recouvre cette tragédie et le destin des harkis : silence des Français, silence des victimes.
Se pencher sur l'histoire de ceux qui ont choisi la France pendant la guerre d'Algérie, c'est réveiller de douloureuses blessures. Des deux côtés de la Méditerranée. À ces hommes et à ces femmes, on a refusé le droit le plus élémentaire: celui du nom. Comment une communauté peut-elle assurer sa pérennité sans cet élément fondamental? Qu'en disent, après plus de trente ans, les principaux intéressés? Les conditions de départ, l'arrivée en France, les "hameaux", l'isolement dans lequel on les a tenus, l'intégration: autant de motifs d'amertume. Longtemps, le silence des pères a constitué l'unique refuge de cette mémoire jugée indésirable. Cette relégation à pourtant fait naître le fils de harki. Comme si, à défaut d'autre héritage, seule la qualité d'ancien supplétif était transmissible. Ce refoulement, la seconde génération le récupère aujourd'hui pour exprimer ses revendications d'identité, de responsabilité et de reconnaissance. Au nom de la communauté.
Le Sûtra du Lotus est sans aucun doute l'un des textes fondamentaux du Mahâyâna. Depuis plus de quinze siècles, dans la version de Kumârajîva, il scandé la pratique des bouddhistes de l'Extrême-Orient et permis à des millions d'entre eux d'approfondir le message du Bouddha. Ce livre canonique connaît actuellement une renaissance impressionnante en Chine, en Corée, voire au Vieêt-Nam. Au Japon, il a joui d'une ferveur ininterrompue : les plus croyants continuent à en réciter des passages chaque jour et des mouvements religieux ne cessent de le diffuser pour en faire la Bible du bouddhisme. Grandiose fresque, le Sûtra du Lotus apparaît comme une mise en scène, à l'échelle cosmique, de la prédication du Bouddha, illustrée de paraboles décrivant les différentes étapes qui mènent à l'Eveil. Au cours des âges, poètes et artistes en ont exploré et transposé les innombrables images. Ses virtualités philosophiques, dont le sens peut paraître aujourd'hui obscur, furent mises en valeur par des commentateurs issus de tous les courants du bouddhisme. Le Sûtra du Lotus, dont l'original sanscrit a été magistralement traduit au XIXe siècle par Eugène Burnouf, fut propagé à travers toute l'Asie dans la version en chinois classique qu'en fit Kumârâjiva au Ve siècle. C'est cette dernière qui est présentée pour la première fois en français, avec ses deux traditionnels sûtra d'accompagnement. Le Livre des sens innombrables et Le Livre de la contemplation du Sage-universel.
Si le Soûtra du Diamant et le Soûtra du C'ur sont célèbres dans l'ensemble du monde himalayen et sino-japonais, faisant l'objet de récitations et de méditations quotidiennes sur le sens de la vacuité universelle dans le bouddhisme tibétain et zen, il n'en est pas de même du Soûtra de la Pousse de Riz, injustement méconnu, et traduit ici pour la première fois en français. Il s'agit pourtant d'un texte clé des débuts du Mahâyâna, qui traite de tous les aspects de la production interdépendante en soulignant l'irréalité fondamentale des éléments qui la constituent. Loin d'être un culte du néant, cette insistance sur la vacuité, propre au Grand Véhicule, fait voler en éclats le cadre étroit de l'être et de la substance, si chers à nos philosophes occidentaux, et débouche sur la mise en ?uvre d'une compassion sans limites.
Le monde de l'art fonctionne comme une société secrète mondiale qui agit en plein jour. Le délit d'initiés n'y est pas interdit, mais recommandé. Décréter quels sont les «bons artistes», les «bonnes toiles», les «bons acheteurs», influencer les enchères, faire et défaire les cotes est le domaine réservé d'une centaine de décideurs.La crise financière de 2008 a certes secoué le monde de l'art, mais le système n'est pas près de s'effondrer. L'art est partout: dans la mode, dans la maison, dans la rue. C'est la fièvre de l'art: des amateurs de plus en plus nombreux veulent accéder à leur tour à ce pays des merveilles et s'y sentir aussi chez eux.Pour leur permettre de connaître de l'intérieur ce milieu opaque, et qui voudrait le rester, deux journalistes indépendantes ont mené l'enquête pendant plus de deux ans, de Shanghai à New York, de Berlin à Miami.Danièle Granet a fait toute sa carrière dans la presse écrite (L'Express, Le Figaro, Le Nouvel Économiste, Novapress).Catherine Lamour a commencé sa carrière au Monde. Elle a créé et dirigé le département des documentaires de Canal +.
Laurentin René ; Sbalchiero Patrick ; Etchegaray R
Biographie de l'auteur Théologien réputé, historien et journaliste religieux, auteur de nombreuses études d'exégèse et spécialiste des apparitions mariales, l'abbé Laurentin a publié récemment aux Éditions Fayard Découverte du secret de la Salette (avec l'abbé Corteville) et Le Nouveau Diatessaron.Docteur en histoire et journaliste, Patrick Sbalchiero enseigne à l'École cathédrale de Paris. Directeur de la revue Mélanges carmélitains, il est notamment l'auteur d'Enquête parmi les voyants (Éditions de Paris, 2007) et de Jean Paul II et les canonisations (Fayard, 2007). Il a dirigé les publications du Dictionnaire des miracles et de l'extraordinaire chrétiens (Fayard, 2002) et du Dictionnaire des "apparitions" de la Vierge Marie, avec René Laurentin (Fayard, 2007).
Résumé : Conflit atypique entre les Etats-Unis et l'URSS, alliés conjoncturels de 1941 à 1945, la guerre froide est l'histoire d'une opposition entre deux idéologies irréconciliables : le libéralisme et le communisme. Analysant le processus d'entrée dans la guerre froide, la logique profonde des crises de Corée et de Cuba ou encore la course au nucléaire, Catherine Durandin passe en revue l'évolution des stratégies militaires, les étapes du dialogue américano-soviétique ? entre chantages et accords ponctuels ? et la façon dont les populations ont vécu le conflit. Avec le mur de Berlin, le bloc soviétique a éclaté et l'URSS s'est effondrée. Mais depuis que l'OTAN s'étend à l'Europe centrale et orientale, la guerre froide est-elle réellement derrière nous ?
Je vous ai compris!" C'est ainsi qu'en 1958 Charles de Gaulle tente de rassurer les Français d'Algérie, sans pour autant prendre clairement position dans le conflit qui déchire le pays depuis bientôt quatre ans. La détermination du Gouvernement provisoire algérien qui déclare vouloir mettre fin à "l'ère de l'asservissement et de l'esclavage" laisse désormais peu d'espoir aux visées colonialistes de la France. L'onde de choc se propage jusque dans les cercles intellectuels français où la bataille fait rage entre les partisans d'une libération du peuple algérien et les tenants de l'écrasement de la "rébellion algérienne". Des discours qui ont marqué l'Histoire, par des figures d'exception.
Cet ouvrage synthétique offre une approche sereine de la première guerre d'Indochine - celle des Français. Le livre s'ouvre sur un tableau du pays à l'époque coloniale. Puis, l'analyse des faits et des tempéraments, des doctrines et des documents puisés aux meilleures sources permet une présentation complète de cette longue guerre coloniale, qui est à la fois un conflit révolutionnaire modèle, un moment de l'affrontement Est-Ouest et un chapitre très lourd de l'histoire de la IVème République.
Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ? L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes. Ce second volume, qui s'ouvre avec l'assassinat d'Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d'Alger, et va jusqu'à l'indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu'elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects de la guerre prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l'aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l'été 1962, mais dont les conséquences se font sentir jusqu'à aujourd'hui.