« . . . André Halimi vient de publier un ouvrage qui nous montre dans quel abîme d'ignominie ont pu tomber des hommes et des femmes, pas plus ignobles, à l'origine, que le commun des mortels, mais qu'avait pervertis un certain climat, né de circonstances exceptionnelles. » Un goût de cendre, par Françoise Fonvielle-Alquier, Témoignage chrétien, 1983. « Sortie dans l'ombre des archives, plusieurs dizaines de lettres souvent rédigées d'une plume criminelle se suivent ainsi, formant un horrible florilège de la délation et de la haine [ .. .]. Un livre qui montre une partie de la France dénonçant l'autre ... » Laurent Greilsamer, Le Monde , 21 mai 1983 .
Nombre de pages
352
Date de parution
01/11/2003
Poids
475g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747543880
Titre
La délation sous l'Occupation
ISBN
2747543889
Auteur
Halimi André
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
475
Date de parution
20031101
Nombre de pages
352,00 €
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Pendant quatre années sous l'Occupation, des millions d'hommes en France ont ri, joué la comédie, bu et mangé. Il faut le dire avec force : des millions de français ont chanté sous l'Occupation. Pas tous les français, bien sûr. Mais on a jamais autant créé de pièces, tourné autant de films que pendant ces quatre années. Les plus grands noms de la littérature et du spectacle n'ont pas dédaigné les bureaux de l'ambassade allemande. Le Tout-Paris a défilé dans les antichambres de la collaboration. Lisez : le dossier est accablant.
La délation connut son âge d'or en France pendant l'Occupation. Les Français, encouragés par l'occupant nazi et les collaborateurs vichystes, donnent de la plume et dénoncent à la Gestapo ou à la milice française résistants, Juifs, communistes, francs-maçons et tous ceux supposés l'être. De 1940 à 1944, entre trois et quatre millions de lettres alimenteront les officines de répression. Rares sont les missives jetées au panier. Ces courriers entraînent la plupart du temps l'ouverture d'une enquête à l'issue souvent tragique. Arrestation, emprisonnement, spoliation, déportation et exécution suivent selon la multitude de crimes et délits prévus par ces lois d'exception. C'est le règne de l'arbitraire et des règlements de comptes à moindres frais. Quelques-unes de ces lettres sont reproduites dans ce document implacable et terrifiant.
Préfacé par les deux plus grands auteurs compositeurs interprètes de la chanson, Georges Brassens et Guy Béart, André Halimi étudie la chanson sous ses différents aspects : artistique, économique et social. Nul ne peut nier la puissance croissante de la chanson. Les évolutions de la technologie ont suscité un mouvement de croissance diabolique. Les chiffres d'affaires battent des records d'année en année et l'on assiste déjà à des querelles d'école : la chanson française en guerre contre la chanson adaptée ou la chanson populaire contre celle à prétentions littéraires. Les vedettes de la chanson accèdent aux tentatives de divination du siècle, à côté des stars et des champions cyclistes. Certains méritent le succès, d'autres le doivent à la coalition du bruit et de la contrainte orchestrés. André Halimi, dans ce livre paru en 1959 et aujourd'hui réédité, défend la chanson de qualité Georges Brassens, Guy Béart, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Francis Lemarque, Ricet-Barrier... Il remet à leur place les adaptateurs patentés, les experts de bourses truquées et les besogneux, démystifie les fausses vedettes, publie chiffres et interviews, dénonce les paniers de crabe de la chanson comme on ne l'avait jamais osé jusqu'à ce jour. Écrit avec humour et compétence, ce livre restera un classique pour tous ceux que la chanson préoccupe.
Je me suis bien amusé, Françoise aussi. Elle n'avait exigé que d'être elle-même. Elle n'a pas fait étalage de sa culture. Elle a été sobre, inattendue, drôle. J'ai été son premier spectateur, gâté par cette représentation et privilégié de quelques propos mais, comme toujours, c'est la fin qui est terrible: pourquoi va-t-on lui reprendre brutalement sans avertir ce qu'elle a mis des années à gagner? Elle n'a pas signalé aux grands de ce monde qu'elle n'était pas contente. Mais, même pour ça, elle trouve le mot pour rire: "Parce que je trouve strictement dégoûtant de mourir un jour. Ça me dégoûte, l'idée que je vais mourir un jour, que les gens que j'aime vont mourir un jour. Je trouve ça infect, sincèrement, je ne trouve pas ça bien. Ce n'est pas convenable. On vous met sur la terre avec une machine à penser qui est votre cerveau. On vous donne plein de cadeaux qui sont la vie, les arbres, le soleil, les printemps, les automnes, les autres, les enfants, les chiens, les chats, tout ce que vous voulez... Et après, on vous dit... On sait qu'un jour on va vous enlever tout ça... C'est pas gentil, c'est pas bien, c'est pas honnête. (Rires.) Si vous voulez mon avis, mon désespoir vient de ça en grande partie, enfin quand j'en ai... Et puis c'est tout."