Les lettres du fer. Edition bilingue français-arabe
Haji Golan ; Omran Mohamad ; Bontemps Nathalie
PORT A JAUNI
11,00 €
Sur commande en 4-6 jours
EAN :9782919511990
Troisième titre de la nouvelle collection Racines autour d'un autre champ lexical et sonore : ici, nous avons choisi la racine H?D?D, qui nourrit les mots Houdoud (frontières), Haddad (forgeron), Hadîd (fer), Hidda (amertume), Hidâd (deuil). Où l'on entend que le champ des racines est plus ou moins léger et joyeux... Nous avons confié la liste de cette racine difficile et sombre à Golan Haji, poète syrien kurde en exil depuis 2012 à Saint-Denis, en France. Il a travaillé sur la résonance entre ces mots, dans leur sonorité et dans leur sens profond, pour écrire deux poèmes dans une langue arabe contemporaine et magnifique. Pour l'illustration, nous avons choisi une peinture de Mohamad Omran, peintre syrien venu en France pour y poursuivre ses études d'art en 2007. L'illustration des "Lettres du fer" est cadrée dans cette peinture de grande taille, réalisée à la plume et encre par l'artiste en 2013 (deuxième année de la guerre en Syrie). Des hommes machines font face à des hommes plantes : les hommes machines-hélicoptères charrient des têtes coupées et manipulent une marionnette de cheval mutilé à tête d'homme portant des attributs islamistes (métaphore du cheval Buraq, coursier fantastique venu du paradis selon la tradition islamique, et dont la fonction est d'être la monture des prophètes). Ces hommes machines, peints à la verticale, portent des lunettes noires et exhibent de gros sexes. Face à eux, les hommes plantes et arbres, peints à l'horizontale, se défendent avec leurs branches et leur masse protège un corps allongé, le corps d'un homme mort. Cette peinture traverse remarquablement tous les champs de la racine du fer ! D'une page à l'autre, on découvre cette peinture par morceaux, on la reconstitue mentalement, grâce aux fils de la racine !
Nombre de pages
16
Date de parution
06/10/2023
Poids
78g
Largeur
172mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782919511990
Titre
Les lettres du fer. Edition bilingue français-arabe
Auteur
Haji Golan ; Omran Mohamad ; Bontemps Nathalie
Editeur
PORT A JAUNI
Largeur
172
Poids
78
Date de parution
20231006
Nombre de pages
16,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Tireurs sportifs est un long poème écrit par Golan Haji dans les premières années de la révolte syrienne, après 2011. Les vers s'égrènent, chapelet d'observations minutieuses du quotidien, de scènes, d'images, d'instants vécus qui nous plongent dans un monde en lutte, dans un monde en guerre. L'écriture n'est jamais sinistre, jamais obscène, elle donne seulement à voir, et à entendre par le truchement d'une magnifique langue poétique. Ici, il n'est pas question de dénonciation, d'engagement ou de voyeurisme, mais d'un constat réhumanisé par la poésie. Ce long poème peut être lu dès les dernières années de l'enfance et dès l'adolescence, il permettra de ressentir ce qui nous est souvent inaccessible, sans morale ni injonction. Les illustrations de Thomas Azuelos ont été réalisées indépendamment du poème, lors d'un voyage en Israël et en Palestine, là où les frontières se frottent et les barbelés enferment. Réalisés en deux temps distincts et en deux lieux différents, poème et illustrations semblent issus d'une même argile.
Ce poème est issu et traduit de la production poétique contemporaine syrienne. Le port a jauni poursuit ainsi son exploration du champ poétique arabe, de la poésie du désert qui date d'avant l'islam (Mu'allaqa, un poème suspendu, mars 2019) à la poésie moderne dialectale (avec la série des Roubaiyat, 5 recueils publiés depuis 2015) et jusqu'à la poésie contemporaine syrienne, très belle et très triste en même temps (Tireurs sportifs, 2018). L'arbre dont j'ignore le nom est une méditation du poète sur l'exil et l'oubli. L'exil et l'incapacité à dire dans une autre langue, les "mots sont pauvres, ils montent et descendent comme le hoquet d'un nourrisson dans le brouillard d'une autre langue" . L'exil et le souvenir d'histoires familiales qui permettent d'évoquer ce que l'on fut, là d'où l'on vient. L'exil et la violence subie, "l'épouvante devant la vengeance des serpents blessés" . L'exil et son attente, l'exil est son silence, au point que la peur est devenue tristesse.
SEPT QUESTIONS A GOLAN HAJI 1/ Une autobiographie en quelques mots. Je suis né et j'ai grandi dans une famille communiste kurde au nord de la Syrie, loin de la famille élargie où certains cheikhs religieux pratiquaient la musique traditionnelle kurde. Dans sa jeunesse, (pendant l'union entre la Syrie et l'Egypte), mon père a été incarcéré et torturé sous le portrait souriant de Gamal Abdel Nasser. Son accusation était double : l'une par naissance : d'être kurde, l'autre par conviction : d'être communiste. Il considérait le nationalisme comme une maladie contagieuse, et la religion comme une branche de la littérature fantastique. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : « Définissez la poésie. » Une parole, seule et inconnue, qui ne finit pas. Son partage ne l'épuise pas non plus. On utilise son langage et son expérience pour l'approcher à travers les contradictions. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ... On les distingue plus clairement au début. Mais le temps passe, et après des décennies de ces jeux souvent solitaires avec les mots, on est moins sûr de la géométrie qui sépare les deux. On peut hésiter devant un simple mot. Le brouillard augmente. Parfois la clarté d'expression est plus importante que la forme. J'ai toujours admiré la musicalité du Coran (lu en silence et non recité), ainsi que la richesse de variations sur un vocabulaire strictement limité chez Al-Niffari. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Pendant les étés de mon enfance, dans les années 80, j'avais l'habitude de dessiner les insectes morts que je ramassais dans le jardin de la maison ou dans les champs. J'avais l'impression que les mots étaient semblables aux insectes : en cas de menace, ils font semblant d'être morts, mais se remettent à bouger lorsqu'on ne les regarde pas. 5/ Quel avenir pour la poésie ... Redevenir un art de mémoire oral comme celui des anciens bergers. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. J'ai commencé par écrire de la poésie métrique. Mes premiers poèmes ont été publiés en 1990. J'avoue que la prosodie me manque parfois. Son ombre est toujours là. Elle peut m'aider à capturer une forme et à finir ce qui reste inexorablement inachevé dans l'écriture. Quelques demi-phrases métriques peuvent s'infiltrer inconsciemment de temps en temp dans ce que j'écris. Je crois que j'ai commencé imaginer la poésie grâce aux mots solitaires, comme si l'image venait avant la parole, comme un départ de l'immobilité du signe vers les mouvements de la musique. Presque tout ce que je publie est ancien. Souvent, je commence un poème à partir de brouillons mis de côté, ou parfois oubliés. C'est comme un retour à cet endroit obscur dans le corps où les sensations, la mémoire et l'imagination deviennent une seule force pour penser et, en même temps, pour sortir des pensées. Malheureusement, la loi linéaire du temps en poésie et en musique nous oblige souvent à avancer comme attachés à une chaine. Je crois que le temps de la peinture est plus libre. Il n'a ni début ni fin. Depuis des années, je discute avec des amis peintres dans leurs ateliers, en Europe ou au Moyen-Orient. Cela me donne un certain plaisir que je ne trouve pas ailleurs. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. Ma vie est remodelée par la traduction. Je ne suis plus certain de la langue que j'emploie, même lorsque je me parle à moi-même. Vivre et écrire à travers la traduction est mon état « normal » depuis mon enfance. Ma langue maternelle, le kurde, était interdite en Syrie. J'ai commencé apprendre l'arabe à l'école, et j'ai toujours aimé la beauté de cette langue dans laquelle j'écris. Mon arabe est l'estuaire où se rassemblent les autres langues (kurde, anglais, français) avec lesquelles je cohabite chaque jour.
Bontemps Nathalie ; Haji Golan ; Marquier Philippi
Ce poème est une réécriture de la Mu'allaqa d'Imru al-Qays, texte phare de la littérature arabe du désert (un siècle avant l'islam). L'objectif est de l'adapter pour le rendre accessible aux jeunes lecteurs contemporains. La matière principale de ce travail est donc l'original arabe dans ses différentes versions et les deux traductions de référence de Jacques Berque et de Pierre Larcher. Le texte final puise assez librement dans l'original arabe et ses traductions, respectant la progression et les thèmes du poème. Par moments, il reprend strictement la beauté visuelle de certaines images, par d'autres, il adapte d'autres images de façon à les rendre sensibles aujourd'hui. L'original arabe est une mine d'images poétiques que les traductions françaises ne sauraient épuiser et qui représentent pour nous une source d'inspiration. De tous les thèmes présents dans l'ode, nous privilégions la cosmogonie développée par le poète et les correspondances entre tous les éléments, qui constituent son univers : la nuit vue comme une étoffe, l'étoffe des vêtements effaçant les traces dans le sable comme l'aube efface les étoiles dans le ciel, l'humain partageant des caractéristiques animales et végétales, les animaux partageant des caractéristiques humaines... La vie nomade englobe nature et créatures, d'un seul tenant. La Mu'allaqa d'Imru al-Qays suit des thèmes qu'on peut qualifier de classiques, incontournables dans la poésie bédouine de l'époque : les lamentations sur les ruines, le festin, les amants, la description de l'amante, la nuit, la vie nomade, la description du cheval, la chasse, la tempête. Pour autant, un peu comme Caravage qui, peignant un sujet religieux, s'en affranchit complètement et donne l'impression de peindre ses contemporains, Imru al-Qays fait jaillir sa créativité à l'intérieur du cadre prédéfini.
Abbas Mo ; Norac Carl ; Heredia Géraldine ; Macaig
Dans ce joli coffret dédié aux PAYSAGES, on retrouve trois titres de la collection Poèmes du Port a jauni : ? L'HOMME SANS PAYSAGE ? POÈMES DE ROCHES ET DE BRUMES ? POÈMES EN PAYSAGES accompagnés de 12 magnifiques cartes postales issues des livres et des liens QR code vers les versions sonores bilingues en français et arabe disponibles sur notre site : un cadeau idéal !
Une première version de ce livre a été publiée en 2021 avec d'autres illustrations de Jérémie Fischer. Les poèmes de Bernard Friot et leur traduction en arabe de Golan Haji sont identiques... à une ligne près ! mais où ... Ou ? dessous, derriere, dessus, en haut, en bas, dedans? partout ? Ici. Étonnant : ici change tout le temps. C'est même un peu agaçant. "Ici, c'est là où je suis : aux WC, quand je lis des BD ? sur le canapé, d'où je regarde un dessin animé ? c'est le ruisseau glacé où je trempe les pieds, et c'est aussi mon lit ici, quand je rêve d'ailleurs et d'autre part loin, oh loin, d'ici." Treize poèmes comme un jeu spatial adapte a la petite enfance, où Bernard Friot explore en poésie les adverbes de lieu. Treize poemes comme une promenade en images. Les nouvelles illustrations de Jérémie Fischer sont chatoyantes et ludiques. Ici, on devine les oreilles d'un lapin dans les montagnes au loin. Là, on plonge dans le paysage jusqu'à deviner ce qui apparaît, derrière. Jérémie Fischer investit l'espace comme un jeu, il guide notre regard dans les paysages avec ses collages orange, qui nous montrent où se passe le poème, dessus, dessous, en bas, oui... là !