Morgue, orgueil, discipline poussée jusqu'à l'obéissance aveugle, esprit de caste : tel apparaît le Prussien aux yeux de l'étranger. Droiture, constance, maîtrise de soi, sens moral et sens politique alliés à la culture d'une élite qui prêche par l'exemple : tel il apparaît, sous ses diverses variantes, dans une galerie de portraits dessinés par deux historiens, depuis Frédéric le Grand, ambitieux et conquérant mais aussi précurseur dans le domaine des réformes sociales, jusqu'à Ernst Niekisch, courageux adversaire d'Hitler, mais trop honnête pour réussir en politique. Contrairement à ce qu'on pense généralement, ce n'est pas l'Allemagne qui est devenue prussienne mais la Prusse qui est devenue allemande, cédant ses privilèges à la bourgeoisie industrielle qui fit la fortune et le malheur du pays : ouvre d'un grand Prussien, Bismarck. D'autres personnages, tout aussi passionnants, nous sont présentés ici, avec leurs succès et leurs revers : Gneisenau, le vrai vainqueur à Waterloo ; Fontane, le grand romancier, qui décrivit le milieu des junkers ; Moltke, l'incomparable stratège, et l'un de ses admirateurs, Friedrich Engels ; Ludendorff ; Guillaume Il ; Henning von Tresckow, qui participa à deux attentats contre Hitler avant celui du 20 juillet 1944, à la suite duquel il se suicida. Lire cet ouvrage, c'est, à travers l'histoire de quelques grands hommes, comprendre les événements qui ont conduit à l'actuelle division de l'Allemagne et l'esprit, à la fois idéaliste et pratique, d'un peuple doué d'une remarquable vitalité.
Nombre de pages
312
Date de parution
15/11/1983
Poids
350g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070239122
Titre
Profils prussiens...
Auteur
Haffner Sebastian ; Venhor Wolfgang
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
350
Date de parution
19831115
Nombre de pages
312,00 €
Disponibilité
Epuisé
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... En deux cents pages sobres, concises et par beaucoup de côtés provocantes, Haffner - émigré en 1938, revenu en Allemagne en 1954 comme correspondant de l'{Observer} et actuellement écrivain et éditorialiste au magazine libéral de gauche {Stern} - prend au sérieux le personnage de Hitler en qui il voit un personnage historique de toute première importance qui, au même titre que Napoléon, Lénine ou Mao (ce sont ses propres comparaisons), a, par son action personnelle, profondément marqué l'histoire non seulement de l'Allemagne mais aussi de l'Europe et du monde...... La condamnation d'ensemble de Hitler ne pâtit pas de ce parti pris de détachement et de non-conformisme, bien au contraire : elle n'en devient que plus convaincante. Elle est le résultat non pas d'une thèse, mais d'une analyse et d'une évaluation qui ne gomment aucun des aspects contradictoires, aucune des incohérences et des ruptures, du moins apparentes, qui jalonnent la vie et surtout l'action publique de Hitler et qui proposent des interprétations éclairantes sur ce qui y reste encore à beaucoup d'égards énigmatique... E. F.
Je ne suis pas intervenu dans le cours des événements, je n'étais même pas un témoin oculaire particulièrement initié, et nul ne peut se montrer plus sceptique que moi-même à l'égard de l'importance de ma personne. Et pourtant, je crois - et je demande qu'on n'y voie nulle outrecuidance - qu'avec l'histoire fortuite et privée de ma personne fortuite et privée je raconte une partie importante et inconnue de l'histoire allemande et européenne. Importante - et plus essentielle pour l'avenir que de révéler qui était l'incendiaire du Reichstag ou de rapporter les paroles échangées entre Hitler et Röhm.
Sebastian Haffner est né à Berlin en 1907. Emigré en Angleterre en 1938, il y publie en 1940 son premier livre "Germany: Jecky and Hyde", puis poursuit une carrière de journaliste, notamment à l'Observer. Rentré en Allemagne en 1954, il y publie plusieurs livres sur l'histoire contemporaine allemande, qui trouvent un très large public. Son livre le plus célèbre: "Un certain Adlf Hitler" (Grasset) a fait à l'époque un bruit immense. Ses souvenirs de la période 1914-1933, retrouvés à sa mort en 1999 et publiés en 2000, sont un best-seller en Allemagne depuis plusieurs mois.
Dans un texte rédigé en 1939 et publié à titre posthume, le journaliste allemand Sebastian Haffner fait une chronique saisissante de ses expériences personnelles pendant l'époque de l'instauration du nazisme. D'une clarté et d'une autorité exemplaires, son récit rend palpables, donc compréhensibles, les circonstances de l'avènement du régime hitlérien. A cet égard, c'est un ouvrage dont la lecture, en plus de l'intérêt littéraire qui la justifie, est indispensable à la connaissance de notre temps.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.