Passée par ici, ancré dans la vie et déjà posé sur la mort, n'est pas une chronique mais un récit. Un récit de la traversée des apparences et des réalités de l'hôpital telles que doit les affronter celui ou celle (celle en l'occurrence) qui ne veut abandonner ni l'espoir ni la gouverne de sa propre vie. Car c'est bien de cela dont il est question dans ce récit qui emprunte les formes de la poésie et celles de l'analyse anthropologique : comment maintenir sa dignité quand tout tend à la laminer, au pire, ou à l'ignorer, au mieux. Quand Maryse Hache compose ce récit, pour le Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin, cette odyssée hospitalière, qu'elle vivra à pleines dents comme une aventure, date, pour elle, de deux petites années après qu'un jour du bel automne 2005 elle entende "il faut enlever ce rein". Opérations, chirurgienne et chirurgiens, infirmières, oncologues, douleurs, attentes, elle entend en être de tout cela complice, voire sujet et surtout pas objet. Ce combat qu'elle mènera jusqu'au bout se joue aussi bien dans les discussions avec les soignants que dans les gestes du quotidien : "pourquoi frapper avant d'entrer si vous n'attendez pas la réponse avant de le faire ? ". Mais ce texte n'est pas seulement une narration du quotidien d'un patient, il est aussi, et surtout, un récit poétique des relations humaines qui se tissent dans ce monde où la maladie est la grande régulatrice mais dont il convient cependant de refréner les tentatives d'hégémonie. Il faut parfois travailler au corps et à l'âme ceux qui soignent pour qu'ils le fassent comme elle voulait qu'ils le fassent : avec respect et attention. Alors la poésie couvre de louanges ceux-là qui le font d'emblée ou acceptent enfin de le faire. Et cingle parfois ceux qui ne veulent pas. Jusqu'au bout (elle mourra en octobre 2012) c'est la vie qui a prévalu, la vie et la poésie et l'écriture et les autres.
Nombre de pages
108
Date de parution
23/04/2015
Poids
122g
Largeur
133mm
Plus d'informations
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EAN
9782371774117
Titre
Passée par ici
Auteur
Hache Maryse
Editeur
PUBLIE NET
Largeur
133
Poids
122
Date de parution
20150423
Nombre de pages
108,00 €
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C'est le matin. Oh, si l'on savait déplier tout ce qu'il y a dans ce mot, "matin". Difficile de dire l'émerveillement contenu dans ce recommencement. Chaque jour, savoir dire ce qui se passe, se voit, se sent, s'écoute, devant une fenêtre ouverte. Prendre l'aube. S'appuyer contre "l'épaule éblouissante" du soleil, pour voir. Les branches du tilleul et l'entrée du chat roux, les pépiements virevoltes, les voix. Ce que disent ces voix. Beau ou terrible, mystérieusement tranquille ou implorant, ou sage. Maryse Hache le peut. Le matin elle écrit. Sa chambre donne sur le jardin. Elle entend tout, et les bruits de la veille, et d'autres bruits venus de l'autre bout du monde ou de pays lointains depuis longtemps muets. Elle écrit tout, immobile sur son lit, un peu comme sur une île. Un peu échouée, comme s'échouent les baleines - c'est qu'elle a des griffures, dit-elle, griffures de corps, une santé égratignée. Dans Passée par ici, elle explique ce qu'il faut de batailles, et avec quelle intelligence. Un peu échouée comme une baleine - ce qu'elle dit en riant. Et cela donne un titre aux écrits du matin que vous lirez ici : chaque jour une aube en baleine paysage. S'échouer dans le paysage, c'est simple pour Maryse qui en a le talent et le bonheur de vivre. Du moins jusqu'en octobre 2012, où un jour elle s'en va - ces griffures qui déchirent et ce genre de bataille qu'on ne peut pas gagner. Elle est "tuée par la mort" - une expression qu'elle a tissée, et qu'on peut lire dans son Abyssal cabaret. Elle inventait des noms de fleurs. Certains matins les voient s'ouvrir ou se faner, d'autres les chantent un temps, ce que vivent les roses. Quelle chance : les matins de Maryse ne se taisent pas, sont immortels d'être passés juste sous sa fenêtre. Cette joie vivace qu'elle nous offre.
Double Exposure est un livre foisonnant que l'on traverse émerveille ?. On s'y laisse guider avec bonheur et abandon, s'impre ?gnant de la sensibilite ? vive des deux auteurs.
Nous restions tous massés à distance du cercueil de verre, silencieux, guettant les pulsations sourdes de ce gros coeur invisible qui se dilatait jusqu'à emplir tout l'espace, comme un énorme muscle prêt à faire éclater les vitres. Dans le monde tourmenté de l'art contemporain, l'homme en vue s'appelle Joseph B. Schneeball. Ses productions controversées divisent autant qu'elles fascinent : détournements de tableaux célèbres en farces pornographiques, culte de la domination, femmes exposées dans des installations spectaculaires, tout y passe. Sous le vernis des oeuvres, la mort est partout. Mais lui, où est-il ? Et qui ? Au fil d'une enquête minutieuse et documentée, une étudiante qui prépare sa thèse sur ce "Faune" inquiétant s'apprête à lever tous les interdits. Se révèle alors un roman d'une grande sensibilité sur la création de l'abjection doublé d'un dédale parmi les oeuvres les plus troublantes qu'a pu produire l'art conceptuel ces dernières années. Réécriture du célèbre conte comme récit d'aujourd'hui, Le Faune Barbe-bleue est la clé d'une énigme et d'une danse avec la mort que ne cesse de mener depuis des siècles toute notre histoire de l'art.
Résumé : Qui est Robin Sonntag ? Informaticien au sein d'une société secrète, il oeuvre à sauvegarder les savoirs de l'humanité via un réseau d'algorithmes répartis sur des millions d'ordinateurs et d'appareils domestiques. Qui est Alice Barlow ? Celle que Robin ne parvient pas à oublier, et qu'il ne veut pas souiller de sa virilité toxique. Ne pouvant couper aucun pont avec elle dans ce monde hyperconnecté, une idée lui est venue : celle de détruire Internet pour ne plus avoir de lien, même potentiel, avec elle... Dans ce roman d'un nouveau genre, capable à la fois de faire chanter les protocoles régissant les réseaux immatériels et suivre le cheminement des données giclant de câble en câble, Joachim Séné réalise dans l'écosystème littéraire ce que tout un chacun expérimente en ligne : il fait oeuvre de navigation. Dystopie au présent, L'homme heureux synthétise le meilleur et le pire du web encapsulés sous la forme d'un roman à flux tendu qui "écrit les âges sombre du futur avec des bâtons de bergers étrusques".
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