Le mouvement perpétuel d'Aragon. De la révolte dadaïste au "Monde réel"
Gürsel Nedim
L'HARMATTAN
16,00 €
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EAN :9782738459220
Il faut considérer l'oeuvre d'Aragon comme un tout et en chercher l'unité à travers la multiplicité, voire la disparité des textes. Le seul invariant de cette oeuvre est sans doute le changement, ce mouvement perpétuel qui a fait du révolté surréaliste un communiste engagé dans le "Monde Réel" écrit Nedim Gürsel qui se propose de défricher les voies complexes de la pratique intertextuelle dans la poésie d'Aragon tout en mettant l'accent sur des poèmes peu connus des périodes dadaïste et surréaliste. Et il ajoute : Qualifier l'oeuvre d'Aragon de "mouvement perpétuel" ne me serait peut-être pas venu à l'esprit si je n'avais rencontré ces deux vocables dans le titre même d'un de ses livres. Car rien ne saurait mieux expliquer que ce titre hégélien l'incroyable devenir d'un homme et de son oeuvre qui allait traverser d'un bout à l'autre notre siècle des lumières et des ténèbres.
Nombre de pages
195
Date de parution
03/05/2000
Poids
248g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738459220
Titre
Le mouvement perpétuel d'Aragon. De la révolte dadaïste au "Monde réel"
ISBN
2738459226
Auteur
Gürsel Nedim
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
248
Date de parution
20000503
Nombre de pages
195,00 €
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Pierre le Vénérable, Dante, Goethe, Voltaire, Hugo, Renan, Assia Djebar, Salman Rushdie : du Moyen Age à nos jours, ces auteurs ont évoqué Mahomet, faisant du prophète de l'islam tantôt un personnage historique désacralisé, tantôt un héros romanesque fictif. Au Moyen Age, au plus fort de la conquête musulmane, l'Occident chrétien voit en Mahomet un imposteur, un faux-prophète, voire un Antéchrist prêt à combattre le Messie. La littérature médiévale peint de grossières caricatures de rituels musulmans, et n'hésite pas à proférer des injures à l'adresse du prophète. C'est au siècle des Lumières, avec Voltaire et Goethe notamment, que l'on tente d'identifier et d'étudier sérieusement le personnage historique. Mais il faut encore attendre les Romantiques, Lamartine et Hugo entre autres, pour que le prophète de l'islam bénéficie d'une image positive en Occident. Il est même alors qualifié de personnage attachant ! Au XXe siècle enfin, de nouveaux auteurs prennent la liberté de faire de lui un personnage de roman. Avec Driss Chraïbi, Assia Djebar, Salim Bachi, Marek Halter et Salman Rushdie, Mahomet devient imaginaire, de plus en plus éloigné de la figure traditionnelle musulmane. La connaissance de la figure de Mahomet à travers la littérature peut éclaircir quelque peu l'horizon assombri par les fanatismes. Car si le prophète de l'islam ne vécut certes qu'une seule vie, les oeuvres littéraires lui ont permis de revêtir divers habits et de montrer de multiples facettes. Un ouvrage courageux, par un auteur qui a fait l'objet d'un procès en Turquie pour blasphème, pour son roman Les Filles d'Allah.
Nedim Gürsel, le plus français des écrivains turcs, raconte le retour au pays des "poissons captifs", Balikesir, la ville turque de son enfance. Retour, aussi, sur lui-même, via les autres lieux où s'inscrivent son histoire : le lycée de Galatasaray à Istanbul, l'Anatolie et les Balkans de ses ascendants, Paris enfin. Et retour sur son oeuvre, abondante et régulièrement traduite, qui le place dans le cercle fermé des écrivains turcs d'audience internationale.
Coups et violences d'Etat, censure, négation des minorités, islamisation... La Turquie va mal. Depuis longtemps. Avant bien d'autres, Nedim Gürsel, le plus français des écrivains turcs, avait sonné l'alarme. Témoin ce recueil de chroniques données à la presse française et européenne depuis plus de trente ans. C'est l'histoire d'une continuelle dérive. Gürsel relate ses déboires personnels avec la "justice" turque, dénonce la répression et l'obscurantisme, adresse une lettre grinçante au raïs... Lui qui ne rêve que de "siroter son raki sur le Bosphore" dit aussi son amour de la littérature, de l'Istanbul cosmopolite de sa jeunesse, de Paris, sa ville d'adoption, d'une Europe d'Orient et Occident. Un témoignage nécessaire. Un manifeste pour la liberté, la démocratie, la paix.
Recourir au passé - proche ou lointain - pour éclairer le chatoiement complexe du présent. En d'autres termes, puiser aux racines afin de dévoiler la richesse et la diversité du paysage littéraire, c'est ce que Nedim Gürsel a entrepris dans cet ouvrage, présentant pour la première fois au lecteur français une série de points de repère dans une littérature encore largement méconnue. Il fallait évoquer l'importance capitale d'un Yunus Emre (XIIIème siècle), mais aussi d'un idéologue comme Ziya Gökalp, pour permettre de comprendre les fondements des classiques du XXème siècle que sont Nazïm Hikmet, Sait Faik et Yasar Kemal. L'auteur a su également mettre en valeur des aspects plus discrets de cette littérature née aussi des exilés comme Demir Ozlü ou de ceux qui ont choisi de donner la parole aux "minoritaires", de Sevim Burak à Mario Levi. Mais que l'on ne s'y trompe pas : c'est par ce mouvement de balancier entre l'Anatolie romanesque et les "marges" de la création que s'affirme la force de la littérature turque.