Exploiter les difficultés méthodologiques. Une ressource pour l'analyse en sciences sociales
Guionnet Christine ; Rétif Sophie ; Beaud Stéphane
PU RENNES
16,00 €
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EAN :9782753540125
Loin d'un regard naïvement positiviste, les problèmes rencontrés lors d'enquêtes de terrain en sciences sociales sont aujourd'hui reconnus comme une réalité incontournable, avec laquelle le chercheur doit apprendre à composer. Pourtant, dans la majorité des ouvrages consacrés à ces enquêtes, les réflexions méthodologiques demeurent marginales. Elles semblent figurer une part fastidieuse, voire dangereuse de la recherche, susceptible d'affaiblir sa légitimité scientifique. Lorsque les difficultés liées à l'enquête sont évoquées, c'est souvent pour mieux souligner comment elles ont pu être dépassées, éliminées. Dans la même optique, les manuels de méthodologie suggèrent combien le chercheur est d'autant plus crédible et efficace qu'il applique scrupuleusement certaines techniques destinées à contourner les difficultés méthodologiques qui se présentent à lui. Dans une perspective très différente, les articles présentés ici invitent à considérer combien ces difficultés peuvent représenter de réelles ressources susceptibles d'enrichir l'analyse en sciences sociales. Elles ne doivent pas être reléguées aux oubliettes impures et honteuses des ratés de la recherche, mais doivent au contraire être analysées de façon centrale et systématique. Sociologues et politistes reviennent ici sur des difficultés souvent similaires, dont ils ont su tirer profit : le travail sur des objets "sensibles", considérés par le monde académique comme peu légitimes, ou générant des formes d'assignations identitaires ; la confrontation à des enquêtés s'appropriant les problématiques scientifiques et tentant de les façonner ; la difficulté à mener des entretiens avec des professionnels de la parole ; l'injonction à construire un travail scientifique dans une équipe de travail hétérogène et sur des terrains eux-mêmes difficiles à comparer ; ou encore la nécessité de se projeter dans une identité de chercheur entrepreneur, tout en demeurant fidèle à des normes de la recherche en apparence difficiles à concilier avec certaines injonctions liées à la recherche collective sur contrats. En examinant ces situations problématiques, cet ouvrage constitue une forme de plaidoyer pédagogique présentant à des chercheurs débutants la dimension parfois positive des obstacles rencontrés lors d'une enquête de terrain. Il invite à enrichir tout travail de sciences sociales d'une réflexion approfondie et systématique sur les difficultés méthodologiques rencontrées, afin d'envisager leur caractère potentiellement heuristique (et pourtant souvent ignoré).
Nombre de pages
175
Date de parution
13/05/2015
Poids
286g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782753540125
Titre
Exploiter les difficultés méthodologiques. Une ressource pour l'analyse en sciences sociales
Auteur
Guionnet Christine ; Rétif Sophie ; Beaud Stéphane
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
286
Date de parution
20150513
Nombre de pages
175,00 €
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Comment nos ancêtres se sont-ils familiarisés avec la politique moderne ? L'auteur répond à cette question en mettant en lumière deux pistes jusqu'alors inexplorées : celle d'une expérience démocratique injustement négligée à l'aube de l'instauration du suffrage universel, mais également celle d'une sociologie historique des conceptions du politique et du social et de leur évolution à l'épreuve d'une découverte des pratiques électorales démocratiques. En explorant ces deux pistes, l'auteur nous invite à revisiter les schémas classiques de l'archaïsme et de la modernité politiques.
Les études sur le genre suscitent une production scientifique de plus en plus massive et pluridisciplinaire. Cette floraison requiert une présentation claire et rigoureuse des outils forgés par les sciences humaines et sociales pour penser le(s) masculin(s) et le(s) féminin(s). Comment naissent les identités de genre ? Quel éclairage les sciences sociales apportent-elles sur la sexualité ? Hommes et femmes ont-ils/elles le même rapport au travail ? Leurs loisirs et leur sociabilité sont-ils identiques ? Quel rôle le genre joue-t-il en politique ? Les identités de genre sont-elles en crise, une "domination" masculine persiste-t-elle ? Intégrant les développements les plus récents et des problématiques de plus en plus débattues (violences, genre et développement, brouillage des identités de genre, etc.), cet ouvrage présente de nombreuses études de cas. Il invite à questionner des catégories bien moins "naturelles" que ne le suggère le sens commun.
Comme d'autres luttes du début de ce siècle, Nuit Debout a donné à voir, de façon particulièrement spectaculaire, une ferme volonté populaire d'occuper l'espace public pour exprimer une volonté partagée de changement politique, économique et social. Pour la première fois, un ouvrage de référence passe au crible le « phénomène » Nuit Debout, et l'observe sous toutes ses coutures. Conciliant enquêtes sociologiques de terrain et analyses théoriques de la démocratie, ce livre donne à voir la singularité de ce mouvement, tout en permettant de mieux appréhender son inscription dans le contexte social très particulier des « mouvements des places ».
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.