Cet ouvrage explore la relation entre deux modèles opposés de gestion des ressources humaines et l'état de santé des salariés à travers l'impact du climat social. Le thème de l'environnement, étroitement lié à la prévention, ne fait plus figure d'exception en matière sanitaire. La spécificité de la présente étude consiste à retenir la notion de nuisance environnementale suivant une dimension relationnelle, c'est-à-dire psycho-sociale, et non matérielle. La dangerosité ergonomique des postes de travail, l'exposition aux intempéries ou au bruit, la toxicité des solvants ou les projections de poussières évoquent traditionnellement les interactions entre la personne et son milieu de travail. Mais, tous ces facteurs matériels de nocivité ne sont abordés, ici, que sous l'angle complémentaire de leur lien aux relations de travail régnant dans l'entreprise, et plus précisément au caractère plus ou moins ouvert à l'animation et au dialogue social de la "gouvernance'. Depuis 2000, l'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail admet que parmi les conditions déterminant le risque de stress au travail,"la participation insuffisante à la prise de décision et le manque de contrôle sur le travail font également partie du contexte et peuvent être considérés comme un problème d'organisation plus général'. Divers facteurs psycho-sociaux comme les conflits de rôles, l'ambiguïté ou l'imprécision de la définition des responsabilités au sein de l'organisation, les relations interpersonnelles délétères, l'isolement social ou physique et les mauvais rapports avec les supérieurs sont autant de causes de stress au travail. Or, ces caractéristiques appartiennent au contexte du travail et non au contenu du travail. Appréhender les formes de pouvoir dans l'entreprise comme un facteur révélateur des disparités de santé renvoie à cette question sous-jacente: dans quelle mesure des salariés sont-ils conduits à se saisir du médical comme instrument de médiation sociale? Une réalité à laquelle les médecins du travail sont régulièrement confrontés. Cela renvoie, aussi, à cette autre question primordiale: dans quelle mesure certains types de situations relationnelles dans la conduite des rouages de l'entreprise génèrent-ils pour les salariés des risques réels de pathologie ou d'accident? Question cruciale mais ô combien sensible... Biographie de l'auteur Patrick Guiol, qui a dirigé cette enquête, est chercheur au CNRS en sciences du politique, directeur honoraire du Centre de recherches sur l'action politique en Europe ( CRAPE ), université Rennes 1, IEP de Rennes, ( CNRS-UMR-6051 ). Jorge Munoz, Maître de conférences en sociologie à l'Université de Bretagne Occidentale ( UBO ) et directeur adjoint de l'Atelier de recherche sociologique à Brest ( ARS-EA 3149 ), a bénéficié pour cette étude d'une délégation CNRS au CRAPE ( 2005 à 2007 ).
Nombre de pages
301
Date de parution
05/03/2009
Poids
590g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782753507418
Titre
Management des entreprises et santé des salariés
Auteur
Guiol Patrick ; Muñoz Jorge
Editeur
PU RENNES
Largeur
165
Poids
590
Date de parution
20090305
Nombre de pages
301,00 €
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La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
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